Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2005-09-29
Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2005-09-29
Wortprotokoll
L'ONU, on le sait bien, a de nombreux défauts. Elle en a qui tiennent déjà aux [PAGE 1292] circonstances de sa naissance et d'autres qui se sont développés avec l'âge. Mais, jusqu'à maintenant, on n'a rien trouvé de mieux pour essayer de rassembler les pays afin de tendre à un effort pour plus de justice, d'équité et de paix. Où développer aussi au mieux les valeurs qui sont chères à la Suisse? Comment pourrait-on essayer de lutter mieux pour que l'on soit dans un monde où il y ait un Etat de droit et pas seulement un état de jungle ou une situation d'affrontements où les plus forts dans l'arbitraire écrasent les plus faibles?
Il faut aussi dire qu'il y a des aspects positifs dans l'ONU et qu'il y a aussi eu des améliorations. Il y a eu des améliorations en ce qui concerne les finances: il n'y a pas si longtemps, on disait que l'ONU allait tomber en faillite. Le secrétaire général a fait des efforts dans ce sens. Je ne sais pas - et la Commission de politique extérieure n'a pas eu l'occasion véritablement d'en faire l'évaluation - ce qu'il faut penser de la session de septembre: Madame la conseillère fédérale nous le dira. Elle a manifestement été en demi-teinte, mais il y a des aspects positifs.
Et la Suisse, dans cette affaire? Je crois qu'avant d'être membre de plein droit de l'ONU, la Suisse participait à toutes les organisations spécialisées et qu'elle y faisait du bon travail. Toutefois, on peut dire que depuis que la Suisse est membre de plein droit de l'ONU, elle a véritablement acquis une visibilité et, durant ces trois dernières années, elle a contribué à beaucoup d'opérations qui se sont déroulées tant à New York qu'à Genève ou ailleurs. Par exemple, en ce qui concerne le renforcement de la sécurité collective et les discussions autour de ce fameux article 51 sur la légitime défense.
L'opération en Irak a été indiscutablement un échec pour l'ONU. Mais précisément de cet échec ont été "tirées" la conscience et l'évidence - ou la conscience d'une évidence - que les opérations unilatérales, fussent-elles conduites par la plus grande puissance mondiale, ne pouvaient pas mener à la paix et à une stabilisation dans les régions où ces opérations avaient lieu. C'est donc une sorte de retour à l'idée que seule l'ONU, seule la légitimité de l'ONU, seul un système de sécurité collective crédible, acceptable et accepté pourrait mener à une amélioration. De ce point de vue, ce sont les thèses de toujours de la Suisse qui ont été en quelque sorte renforcées.
En ce qui concerne les droits de l'homme et tous les volets du droit humanitaire où la Suisse a, si on pouvait employer une expression économique, une niche qui est reconnue et qu'elle ne doit cesser de perfectionner et de développer, on peut dire qu'avec l'idée de constituer un Conseil des droits humains, les thèses suisses ont rencontré un large écho. Mais naturellement, si ce Conseil des droits humains se met vraiment en place, il faudra que la Suisse y participe de manière déterminante. Il n'y a pas de doute qu'il faudra probablement que la Suisse fasse aussi un effort financier adéquat. Nous devrons par conséquent en reparler.
En ce qui concerne les conflits de par le monde, il y a eu une évolution. On peut dire qu'il y a moins de conflits interétatiques qu'autrefois, mais qu'il y a plus de conflits à l'intérieur des Etats. Ce qui est très préoccupant, c'est qu'il y a de plus en plus de cas où les Etats luttent contre leur population. Dans le rapport, il est souligné qu'il y a plus de morts dans des conflits entre gouvernements et populations que de morts dans des guerres entre pays. Donc, il faut que la Suisse lutte pour que les droits humains soient davantage préservés, dans l'optique d'une meilleure stabilité.
Maintenant, en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire, le groupe radical-libéral a, je crois, une vision qui est assez équilibrée. Il désire que la Suisse augmente graduellement son effort pour arriver au but qui a été assigné par le Conseil fédéral. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on se hâte lentement! Il y a également cette idée qu'il faudrait explorer les pistes pour de nouvelles sources de financement permettant de soutenir l'aide et la coopération au développement.
Le groupe radical-libéral est très attaché à l'idée de la bonne gouvernance dans les pays du tiers monde, à cette idée qu'au fond il n'y a pas seulement à attendre des efforts des pays développés, mais que les pays en voie de développement doivent aussi en accomplir; des efforts de gestion, des efforts en matière d'utilisation adéquate des investissements et naturellement des efforts pour stabiliser un Etat de droit afin de donner confiance.
Enfin, en deux phrases, le dernier volet concerne les organisations internationales à Genève. Je crois que dans ce Parlement, on n'est peut-être pas toujours suffisamment conscients du fait que les organisations internationales à Genève ne sont pas des organisations internationales genevoises, mais des organisations internationales qui impliquent toute la Suisse. Et c'est la Confédération en tant que telle, c'est nous en tant que Parlement suisse - naturellement, le canton de Genève doit également accomplir sa part - qui devons les soutenir de façon qu'il y ait, de manière très triviale et concrète, des possibilités d'implantation pour ces organisations internationales, des logements suffisants pour le personnel international et une sécurité renforcée: et ça, c'est un sacré défi! Naturellement, il faut que l'on sente le soutien de la Suisse à ces organisations internationales dans tous les domaines. Les organisations internationales à Genève sont essentielles à la communauté internationale, mais également à la Suisse.
C'est dans cet esprit que le groupe radical-libéral prend acte de ce rapport.