Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2005-11-28
Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2005-11-28
Wortprotokoll
Le Conseil fédéral a répondu le 7 juin 2004 à ma motion demandant de revenir sur sa décision de baisser de 13 à 10 ans l'âge des participants aux tirs de jeunesse, voire d'augmenter cette limite d'âge à 17 ans.
Dans son ordonnance sur le tir hors du service du 5 décembre 2003 (art. 8), le Conseil fédéral a arrêté: "La Confédération peut soutenir des tirs de jeunesse d'importance nationale, cantonale ou régionale en vendant des munitions et en prêtant des fusils d'assaut 90 pour des participants âgés d'au moins 10 ans."
Avant, cette limite d'âge s'élevait à 13 ans. Encourager et inciter des gamins de 10 ans à participer à des exercices de tir avec des fusils d'assaut est assez incroyable et ne peut que nous laisser songeurs. Le Conseil fédéral, dans sa réponse, affirme que nous confondons deux choses: d'un côté, l'instruction militaire et de l'autre, une activité sportive. Or, le problème central est celui de la banalisation des armes qui me tient à coeur, banalisation par une activité dite sportive.
Les Etats-Unis ont offert de nombreux exemples choquants de morts causées par des enfants ou des adolescents à d'autres enfants ou adolescents. En Suisse, des cas similaires de meurtres entre adolescents ont eu lieu à plusieurs reprises. Il est primordial que nous inculquions à nos enfants et à nos adolescents que toute arme présente un potentiel de destruction et de mort en soi, et qu'il ne s'agit pas d'un jeu ou d'un sport. Croyez-vous réellement que pour de nombreux enfants et jeunes la différence entre activité sportive de tir et instruction au maniement des armes soit si claire? Il suffit d'écouter certains dialogues entre enfants et adolescents pour s'en apercevoir.
Dans le cas concret, il serait judicieux de ne pas confirmer une pratique courante, comme l'affirme le Conseil fédéral dans sa réponse en abaissant l'âge à 10 ans pour participer aux tirs, mais au contraire de donner un signal fort en augmentant cette limite d'âge. Lorsqu'il s'est agi d'interdire le travail des enfants, fallait-il refuser ce progrès sous prétexte qu'il s'agissait d'une pratique courante? En outre, en période de restrictions budgétaires qui affectent de nombreuses activités de Jeunesse+Sport, il serait plus utile de consacrer les fonds publics destinés à la jeunesse à autre chose qu'à la vente de munitions et au prêt de fusils d'assaut militaires.
Je vous demande donc de soutenir cette motion que 64 collègues de notre conseil, appartenant à cinq partis politiques différents, ont signée. Malgré le titre, quelque peu provocateur il est vrai, il s'agit de déterminer s'il est bien judicieux que des gamins de 10 ans puissent manipuler des fusils d'assaut de l'armée suisse et de la munition.