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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2000-09-20

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2000-09-20

Wortprotokoll

Détention de chiens de combat: c'est exact ce qu'ont dit tous les orateurs, à savoir que ce thème suscite beaucoup d'émotion, parce qu'il touche à nos rapports avec cet animal de compagnie qu'est devenu le chien, qui a pris une place si importante dans la vie sociale et dans la vie personnelle de beaucoup de nos concitoyennes et concitoyens. Malheureusement, il n'y a pas de définition simple, pas de définition scientifique de ce qu'est ou n'est pas un chien de combat. Dans d'autres pays, les Etats-Unis par exemple, on a considéré comme chien de combat le berger allemand, parce qu'il y avait eu un certain nombre d'accidents dont avaient été victimes en particulier des enfants et dont les auteurs étaient des bergers allemands. Alors, le berger allemand a été défini comme chien dangereux, équivalent d'un chien de combat.

En réalité, quand on regarde les statistiques, on constate que 80 pour cent des accidents en liaison avec ces bêtes surviennent dans le cadre familial ou avec des amis, donc dans un groupe de personnes ayant des contacts réguliers avec le chien en question. Il n'y a jamais de sécurité absolue. Même les êtres humains commettent de temps en temps des crimes ou des actes de violence. Alors, même si on tend à atténuer la différence entre l'animal et l'être humain, ou en tous les cas à éviter de le considérer comme une chose, un animal reste un animal et il n'a quand même pas atteint le niveau de raison et la capacité de réagir et de se contrôler atteints par un être humain. Alors, l'accident est toujours possible, il n'est pas certain. Et nous connaissons tous dans notre entourage - j'en connais moi-même - des [PAGE 944] cas où un enfant qui a joué pendant des mois avec un chien, fait tout d'un coup un geste qui provoque de l'inquiétude ou de l'angoisse chez le chien, qui a une réaction de défense; ou un jeu dépasse ce qui est possible et un accident arrive, et un accident grave.

Alors, finalement, la décision de détenir un chien est aussi une décision relevant de la responsabilité individuelle. Elle est aussi une décision qu'un citoyen mûr, dans un Etat démocratique, doit être capable de prendre en toute connaissance de cause et ensuite, s'il le faut, il doit être capable de supporter les conséquences de sa décision si l'animal dont il est propriétaire échappe à son contrôle et à ses responsabilités.

Alors, on en arrive au cas particulier où, par des pulsions que je peux comprendre intellectuellement, mais qu'on ne peut que déplorer sur le plan des principes, un certain nombre de gens cherchent des substituts pour leurs propres problèmes à travers l'élevage de chiens violents, qui permet ainsi de faire croire qu'ils sont devenus les maîtres du monde, alors qu'ils ont besoin, par procuration, de manifester leur identité et leur personnalité. Ce n'est pas le cas de tous ceux qui ont des chiens de combat, mais c'est probablement le cas d'un certain nombre de personnes qui ont des chiens de combat ou qui sont destinés à être l'équivalent de chiens de combat, puisqu'il n'y a pas de définition de "chien de combat".

Ce que nous sommes en train de faire, c'est, avec les milieux concernés, de chercher à mieux connaître les mécanismes génétiques qui conduisent certains chiens à être - mais il n'y aura jamais de règle absolue, il y aura toujours des exceptions, toujours des accidents - trop violents et à être fondamentalement dangereux. Il y a une fondation privée, la "Stiftung für das Wohl des Hundes", Fondation pour le bien-être du chien, qui, sous la direction de vétérinaires et de juristes, discute les questions scientifiques générales concernant les chiens, les maladies héréditaires et l'évolution génétique des chiens. Il y a un deuxième groupe de travail, intitulé "Arbeitsgruppe gefährliche Hunde", AGGH, qui est composé d'associations de vétérinaires, de la Protection suisse des animaux, de la Société cynologique suisse, qui essaie de mieux coordonner les efforts et de trouver des solutions, et, dans ce sens, les solutions pourraient aller jusqu'à des modifications légales. Une thèse est même en préparation sur ces sujets.

Au mois d'août, l'Office vétérinaire fédéral a organisé une réunion à laquelle ont participé des cynologues, des représentants des milieux de protection des animaux, des éthologues, des vétérinaires, des juristes. Ils sont arrivés à la conclusion que c'est une illusion de croire qu'à travers l'interdiction de certaines races, le problème serait résolu. On s'exposerait à des surprises. Par contre, il serait plus judicieux - et là aussi, il peut y avoir des modifications légales - d'exiger l'identification et l'enregistrement des chiens, la formation des détenteurs; et il faudrait aussi constamment informer la population sur le fait qu'un chien reste un animal, et que par moment il réagit comme un animal, c'est-à-dire sans raison.

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