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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2000-09-20

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2000-09-20

Wortprotokoll

Je ne vais pas prolonger, puisqu'on est d'accord sur le résultat final, c'est à dire la transformation en postulat. Mais je ne veux quand même pas laisser passer quelque chose qu'a dit Mme Leutenegger Oberholzer, à savoir qu'on serait actuellement en Suisse dans une situation misérable du point de vue de la place de travail. Mais observez la réalité! On a un taux de chômage de 1,8 pour cent. La moitié des interpellations que vous me transmettez concernent le manque de main-d'oeuvre dans un certain nombre de secteurs, et l'autre moitié concerne la détérioration du marché du travail. Il ne faut pas être schizophrène; ce pays va bien, même sur le plan du marché du travail. Alors, je sais que nous sommes dans un processus de transformation, que l'emploi industriel décline au profit de l'emploi dans un autre secteur, notamment de l'emploi dans le tertiaire. Je sais que cela est très douloureux, et je suis le premier à le savoir et à le percevoir à travers tous les rapports disponibles: cela peut être fort douloureux pour les personnes touchées. Mais je constate qu'à la fin, le destin individuel ne se résume jamais à une statistique, mais qu'il s'intègre quand même dans une statistique, d'une certaine façon. Et malgré l'abandon d'un certain nombre d'activités industrielles, le taux de chômage en Suisse est de 1,8 pour cent. Essayer de trouver des spécialistes, même dans le domaine de la production de biens manufacturés, ce n'est pas facile.

Vous avez évoqué Adtranz, et je tiens à dire ici que je suis "heu-reux, heu-reux" - et, ô combien! - qu'une solution ait pu être trouvée et qu'on puisse imaginer que l'avenir de la place de travail suisse en matière de matériel ferroviaire est assuré par des privés, mais aussi par des entreprises suisses, mais aussi par les successeurs d'Adtranz, par Bombardier qui a repris un certain nombre d'activités d'Adtranz dans le monde.

Vous avez évoqué Sulzer. Je crois que ce qui se passe chez Sulzer, est le résultat de ce qu'un certain nombre de décisions n'ont pas été prises dans le passé. Aujourd'hui, il faut prendre des décisions qui sont beaucoup plus dramatiques qu'elles ne l'auraient été si l'évolution avait été favorisée au cours de ces dernières années.

Je ne veux pas commenter une décision qui relève de la politique industrielle de Sulzer, mais je me dis que, probablement dans dix ou quinze ans - et j'espère que cette transformation réussira -, on regardera vers l'année 2000 en se disant qu'enfin des décisions ont été prises dans cette entreprise qui ont permis de retrouver des activités dans des secteurs prometteurs.

J'ajoute enfin que, à ma connaissance, pour ce qui est abandonné, vendu par Sulzer à des tiers ne signifie pas la disparition de ces activités, mais la reprise par d'autres. Il est même possible que dans un certain nombre d'activités abandonnées par Sulzer aujourd'hui il y ait un développement et non pas une réduction de la place de travail. Ce n'est pas juste, ce n'est pas une interprétation correcte de la réalité que de dire que tout ce que Sulzer ne souhaite pas garder dans sa holding sera voué à la disparition. Il est possible, probable, et je l'espère très fort, que d'autres repreneurs développeront des activités qui, aujourd'hui, n'apparaissent pas prioritaires pour Sulzer. La place de travail suisse n'est pas menacée. Elle a, au contraire, des problèmes de manque de main-d'oeuvre, et ne dites pas que tout va mal dans ce domaine.