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Rossini Stéphane · Nationalrat · 2006-06-07

Rossini Stéphane · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2006-06-07

Wortprotokoll

Contrairement à ceux qui souffrent de blocage idéologique primaire et qui sont sans aucun lien avec la réalité, j'estime que la problématique de la politique familiale n'est pas seulement une question sociale, mais un véritable enjeu de société. Je crois que Monsieur Marcel Scherer a montré ce matin que les conservateurs ne sont pas forcément à gauche!

Effectivement, on ne peut pas affirmer que la famille est simplement une question privée. Cette vision est dépassée et [PAGE 750] stérile parce que nous sommes tout simplement rattrapés par les faits, c'est-à-dire par le positionnement de la famille au sein de la société. Cette dernière est devenue de plus en plus complexe, mais la famille aussi, avec d'innombrables transformations et mutations, soit au niveau démographique, soit au niveau culturel, soit au niveau social et économique. Par conséquent, travailler dans cette problématique de la politique familiale suppose un certain nombre de mesures interdisciplinaires complémentaires. C'est exactement ce à quoi nous essayons de travailler dans ce pays.

Certes, on pourrait faire valoir une plus grande cohérence de la politique familiale, ce que nous faisons aussi de notre côté. Mais nous devons bien admettre également qu'il faut agir et prendre des mesures. Par conséquent, se cantonner dans une approche d'opposition pure et dure entre sphère privée et société est une erreur et surtout, cela ne permet pas de résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés dans ce secteur.

Avec le programme d'impulsion en faveur des crèches, le Parlement a démontré depuis quatre ans qu'il y a véritablement des besoins, qu'il y a une vision nationale et cohérente à développer. Celle-ci s'établit en complément des approches élaborées par les communes, les cantons et les associations privées, tous ces acteurs qui mettent en place des mesures extrêmement concrètes et importantes. Il est donc faux de vouloir opposer les approches. En effet, c'est une erreur de vouloir opposer les actions, car toutes vont dans un sens identique, à savoir permettre véritablement aux familles de se développer avec les nouveaux modes de vie d'une manière positive, en conciliant les critères propres aux valeurs familiales et à celles de la société. C'est dans ce sens qu'il faut offrir la possibilité de travailler et de concilier l'activité économique avec la famille.

Nous devons aujourd'hui impérativement considérer que la famille est une question sociale - plus encore: une question sociétale - et que nous devons véritablement agir. D'ailleurs, politiquement, cette relation entre famille et travail est devenue quasiment un thème majeur ou reconnu comme tel. Le rapport sur les familles 2004 publié par le Département fédéral de l'intérieur met clairement en évidence l'importance de développer cette problématique. Le SECO, qui n'est pas fondamentalement un organisme de gauche ni extrêmement social, a aussi fixé une priorité, dans ses rapports, qui est de concilier au mieux travail et famille. Le SECO propose toute une série de mesures et fait de ce thème une priorité. L'Union patronale suisse a également toujours soutenu cette approche de l'accueil extrafamilial: à croire que l'accueil extrafamilial est devenu le noyau central de la politique familiale.

Aujourd'hui il s'agit d'une mesure ponctuelle: nous avons voulu un programme d'impulsion et après quatre ans nous avons pu apprécier les succès de cette démarche. Il reste encore beaucoup à faire. Nous devons donner un sens politique à ce processus, avec pragmatisme et surtout volontarisme.

Par conséquent, je vous invite à soutenir la proposition de la majorité de la commission qui a décidé de demander le montant le plus élevé.

J'aimerais encore formuler une brève remarque. Bien que l'administration ait été très scrupuleuse et rigoureuse dans l'allocation des montants, il faut également émettre une critique: l'allocation optimale des ressources ne doit pas empêcher d'atteindre le but visé par ce programme d'impulsion. Il faut donc réduire l'insatisfaction qu'ont exprimée les associations ainsi que les cantons. Nous devons éviter un certain "pointillisme", nous devons avoir de la rigueur, mais nous devons aussi faire preuve d'un certain volontarisme, car plusieurs cantons ont regretté l'attitude assez restrictive de l'administration. Nous devons atteindre les objectifs sans imposer de restrictions et avec rigueur: c'est la raison pour laquelle nous devons véritablement agir en faveur de cette impulsion et viser l'utilisation maximale des montants.

Je vous remercie de soutenir ce programme.