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Saudan Françoise · Ständerat · 2006-06-07

Saudan Françoise · Ständerat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-06-07

Wortprotokoll

J'avoue que mes connaissances en matière footballistique sont pratiquement proches de zéro. C'est vrai, je ne connais rien au football; je suis les événements et je m'engage en fonction de mon mandat. Certes, sur certains points je partage quelques inquiétudes, mais qui se fondent plutôt sur le message du Conseil fédéral que sur les accusations en bonne et due forme portées contre certaines associations. Il y a quand même certains éléments que je voulais évoquer.

Je ne connais rien au football, mais je suis obligée de constater, ayant élevé deux garçons qui ont tous deux pratiqué ce sport, à quel point le football représente une engagement collectif. C'est un sport collectif qui est capable de susciter l'enthousiasme dans la population. Le fait que je ne partage pas cet enthousiasme ne m'autorise pas pour autant à porter des jugements de valeur aussi sévères que celui que je viens d'entendre.

Il est évident, et je le regrette, que le sport, maintenant, par rapport à ce qui faisait sa grandeur et qui était à l'origine de l'enthousiasme qu'il suscite parmi la jeunesse, soit entaché de préoccupations à la fois sécuritaires et financières. Je le [PAGE 320] regrette; c'est une évolution; ce n'est pas nous qui pourrons la changer; ce seront peut-être nos instances. Mais dans ce domaine, il suffit d'aller voir l'engagement de bénévoles, par exemple auprès des équipes juniors de football dans notre pays, pour se rendre compte que ce sport mérite quand même un peu plus de considération et de pondération dans notre jugement.

J'approuve les critiques formulées par Monsieur Gentil: il est vrai que la FIFA défraie la chronique et que Sepp Blatter a été victime d'attaques importantes, mais je ne crois pas que ce soit ici le lieu de faire son procès.

Je sais que les préoccupations évoquées par notre collègue Ory sont légitimes. Mais attention! chaque fois qu'on est confronté à des manifestations de portée internationale, le problème majeur est celui d'assurer la sécurité. On sait très bien que ces manifestations donnent l'occasion à certains de faire valoir des positions qui n'ont rien à voir avec le sport ou avec l'enjeu des manifestations. Pour avoir vécu de près ce qui s'est passé à Genève avec le G8 - où là il n'était pas question de prostitution ou de quoi que ce soit d'autre -, je me suis rendu compte que le problème majeur était d'assurer la sécurité de ces manifestations et d'éviter que certains les utilisent à des fins tout à fait contraires.

Je voudrais simplement vous raconter une anecdote. J'ai suivi avec consternation ce que s'est passé à Bâle, mais ce qui m'a étonnée, c'est que dans un journal local du Sud de la France, il y a eu un entrefilet sur les événements de Bâle et qu'on mentionnait que c'était la Suisse qui n'arrivait plus à assurer la sécurité dans ces situations-là.

Tout cela me conduit à dire que j'entrerai en matière et que je voterai les 10,5 millions de francs supplémentaires demandés.

Mes inquiétudes, Monsieur le conseiller fédéral - et je ne veux pas faire le procès des associations sportives -, je les ai eues plutôt à la lecture du message. Je n'aime pas la partie de phrase qui dit: "le présent message se base en partie sur des concepts qui, bien qu'étant en phase d'élaboration, doivent encore être complétés et concrétisés" (FF 2006 1583). J'ai peur de ce genre de petite phrase, comme j'ai peur d'une autre phrase où on nous parle des coûts: "Ce scénario part, pour l'été 2008 en Suisse, d'une situation nationale et internationale dans le domaine de la sécurité identique à celle d'aujourd'hui." (FF 2006 1612) Or, je lis dans un quotidien genevois ce matin que les autorités canadiennes ont déjoué des attentats, alors qu'on pensait que le Canada était un modèle d'intégration. On voit qu'il y a des problèmes un peu partout et cela m'inquiète. Quand vous nous dites aussi plus loin que "le calcul repose .... sur des valeurs indicatives", je dois dire que je fais un petit bout de chemin avec notre collègue Gentil, sans aller jusqu'au bout de son raisonnement.