Marty Dick · Ständerat · 2006-09-27
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-09-27
Wortprotokoll
Je vous prie de m'excuser si j'ai l'impertinence de prendre la parole après Madame la conseillère fédérale. On ne peut pas laisser sans réponses certaines critiques qui ont été formulées par notre collègue Reimann. Comme Madame la conseillère fédérale n'a pas pris position, je me permets de le faire.
Nous vivons dans une société pluraliste où la confrontation des idées est fondamentale. Il me semble dès lors inacceptable que l'on invite à rappeler à l'ordre non pas des ambassadeurs, mais des experts que la Suisse a mis à disposition d'organisations internationales. Messieurs Walter Kälin, Jean Ziegler et Georg Kreis ne sont pas des agents du gouvernement, ce sont des experts qui ont été reconnus au niveau mondial pour leurs capacités. Ils ont été mis à disposition soit des Nations Unies, soit pour présider une commission d'experts. On peut ne pas être d'accord avec les idées que ces experts expriment, mais il est inacceptable de les attaquer personnellement et même d'inviter le Conseil fédéral à les rappeler à l'ordre. C'est une chance d'avoir ces experts. S'ils n'ont pas toujours la même opinion que nous, nous nous confrontons avec eux. C'est par ce dialogue qu'une société peut progresser.
Je trouve aussi peu élégantes les critiques qui ont été adressées à un collaborateur sénégalais de Monsieur Kofi Annan. Dans vos propos, j'ai ressenti une certaine arrogance: "Nous, Suisses, nous donnons des leçons de démocratie, et qu'est-ce que vient faire ce Sénégalais? De quel droit se permet-il de critiquer la Suisse?" Je ne sais pas si c'est le cas du Sénégal, mais il y a bien des Etats d'Afrique, cher collègue, où les femmes ont obtenu le droit de vote avant les Suissesses. Donc, un peu d'humilité ne vous ferait pas de mal, et surtout respectez ce que font les experts précités, car ils le font dans l'intérêt de la Suisse, même si ce qu'ils disent ne correspond pas toujours à vos intérêts.
Vous avez cité tout à l'heure Daniel Thürer. Vous l'avez cité parce que cela vous convenait. Mais si vous l'aviez cité jusqu'au bout, vous auriez pu lire que le professeur Thürer a été extrêmement critique par rapport à ce que nous avons voté dans ce conseil et dans les urnes au sujet de la loi sur l'asile.