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AB 69234

Menétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2006-12-11

Wortprotokoll

Je suis évidemment particulièrement déçue que Monsieur Aeschbacher retire sa proposition de minorité II; en même temps je le comprends et je vois que nous en sommes réduits à des positions minimalistes, alors que dans son précédent projet, le Conseil fédéral nous proposait bel et bien une réduction de la consommation de 15 pour cent et que maintenant, d'une manière que je trouve quand même un peu lâche et regrettable, nous en restons timidement à la stabilisation.

Il est vrai que s'il semble qu'il soit devenu parfois possible de trouver des majorités pour promouvoir les énergies renouvelables, il semble que ce soit vraiment beaucoup plus difficile pour faire passer des objectifs chiffrés en ce qui concerne la réduction de la consommation. Pourtant - et ça, c'est vraiment essentiel pour nous - la politique énergétique doit marcher sur deux jambes. Le spectre de la pénurie ne peut s'estomper que si l'on cherche à la fois de nouvelles ressources et une meilleure efficience. Et s'il est possible, comme le dit le projet de loi, d'augmenter la production d'énergies renouvelables de 5400 gigawatts d'ici 2030 - en réalité, ça pourrait être bien plus - il devrait être au moins possible de réduire d'autant la consommation. Ce serait par exemple le cas en réduisant la voracité des appareils électriques qui, même à l'état de veille, grillent quelque 2800 gigawatts, soit l'équivalent de la centrale de Mühleberg.

Mais le potentiel d'économies ne s'arrête pas là. Je dois reconnaître honnêtement que j'ignorais moi-même à quel point l'énergie grise est importante, et les chiffres sont hallucinants. Ainsi, pour ne prendre qu'un seul exemple, la Fondation suisse de l'énergie estime que 40 pour cent de l'énergie utile est gaspillée en Suisse.

Pourquoi donc, dans ces conditions, certains collègues de la minorité I (Steiner) veulent-ils biffer tout l'alinéa? Comme souvent, ils nous ont expliqué en commission que ces choses ne doivent pas être dites ici, pas dans cette loi, pas comme ça, pas maintenant!

Ils s'opposent notamment à cet alinéa parce que sa portée se limite aux ménages privés; mais il y a fort à parier que s'il visait l'économie, leurs réticences seraient encore plus fortes. On finira par croire que ces collègues qui rejettent toute idée de réduction de la consommation s'alignent sur les producteurs d'électricité, lesquels préfèrent vendre plutôt que d'investir dans des technologies moins dévoreuses de courant. Sur un marché de quelque huit à neuf milliards de francs chaque année, les bénéfices des entreprises d'électricité se situent au-dessus du milliard. Or ce n'est évidemment peut-être pas dans leur poche qu'irait le milliard ou les deux milliards que l'efficience énergétique nous permettrait d'économiser.

Je l'ai dit, la majorité de la commission, qui se rallie à la décision du Conseil des Etats, manque à notre avis par trop d'ambition. Mais peut-être bien qu'aujourd'hui on n'arrivera pas à aller plus loin. Nous allons suivre l'évolution descendante du projet à partir de sa première version qui prévoyait de réduire la consommation de 15 pour cent. Or pendant que péniblement on envisage maintenant une simple stabilisation, l'Union européenne, elle, vient de présenter son programme d'action avec une réduction de 20 pour cent d'ici à 2020. Nous sommes décidément à la traîne!

Nous reviendrons plus tard sur quelques mesures de réduction de la consommation aux articles 8 et 9 et aussi et à l'article 7a sur les mesures qui permettent de financer les recherches et les appels d'offres en matière d'efficience énergétique.

Pour le moment, étant donné que la proposition Aeschbacher a été retirée, le groupe des Verts soutient la proposition de la majorité.