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Burkhalter Didier · Nationalrat · 2006-12-12

Burkhalter Didier · Nationalrat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2006-12-12

Wortprotokoll

Je ne m'exprimerai que sur la proposition de la minorité I (Schlüer) et j'aimerais rappeler l'attitude de politique générale du groupe radical-libéral avant le vote sur cette proposition. Notre claire revendication, c'est l'acceptation sans attendre de l'ensemble du programme d'armement, pour moderniser l'armée, pour renforcer la politique de sécurité. Ceux qui veulent affaiblir un peu plus l'armée disposent aujourd'hui d'une arme sinon fatale du moins principale, et la proposition de la minorité I est, finalement, le meilleur appui des milieux opposés à l'armée de fait, parce qu'elle permet beaucoup de choses. Les autres propositions de minorité sont habituelles, peu originales, mais soutenir la minorité I, c'est aller bien au-delà des attaques contre des acquisitions d'armes.

Les auteurs de la proposition de la minorité I réclament souvent plus de clarté en politique. Eh bien, soyons clairs: il s'agit ici de suspendre 1 milliard de francs - deux tiers des dépenses prévues -, mais il s'agit surtout d'utiliser le poids de ce milliard comme moyen de pression dans le débat en cours sur le développement de l'armée. Cette prise d'otage met en cause ni plus ni moins la modernisation indispensable de l'armée.

Monsieur Schlüer a clairement dit que l'enjeu, c'est précisément de maintenir ou non, de développer ou non les engagements pour la promotion de la paix à l'étranger. La Suisse a 270 militaires chargés de promouvoir la paix actuellement. Cela représente à peine 1 pour cent des dépenses de l'armée. En comparaison, la Suède et la Finlande font trois fois plus et planifient dès l'année prochaine d'importants développements; l'Autriche fait cinq fois plus et elle prévoit même prochainement, tous les trois ou quatre ans, d'imaginer un engagement avec 3000 hommes.

Ici, la demande de Monsieur Schlüer, l'exigence pour trouver un accord entre partis bourgeois, serait d'exclure tout développement en matière de promotion de la paix. Cette politique serait une erreur. Elle serait en tout cas une erreur à moyen et long terme et le monde ne se résume pas à un choix entre la Suisse et l'Afghanistan. Il y a encore d'autres pays et d'autres engagements de solidarité et de nécessité dans lesquels notre pays doit aussi être partie prenante.

Nous voulons, quant à nous, une armée capable en tout temps d'assurer la protection de la population, que ce soit pour faire face à des catastrophes naturelles, pour mener les opérations de défense militaire, mais aussi pour promouvoir déjà à l'étranger la paix que nous voulons aussi pour notre pays.

Cette position est celle d'une large majorité de la population, comme l'avait démontré le vote sur l'"Armée XXI", comme le confirment tous les sondages récents. Les débats actuels sur l'évolution future de l'armée, que ce soit dans le cadre de l'ordonnance sur l'organisation de l'armée ou dans celui de la loi fédérale sur l'armée et l'administration militaire, doivent suivre leur cours. Selon nous, il serait d'ailleurs bon de les grouper et de leur faire gagner en force et en cohérence. Par exemple, pourquoi ne pas imaginer réunir des éléments impliquant une modification de la loi, comme l'augmentation du recours aux militaires en service long, et des éléments touchant à l'organisation dans le même message? Nous aurions ainsi la possibilité de débattre globalement, avec encore la possibilité du débat populaire par référendum.

Mais rien, dans ces évolutions, ne remet en cause les objets du programme d'armement 2006. En particulier, la minorité I (Schlüer) aurait également pour effet tout à fait concret de retarder quand même des efforts prioritaires, ceux qui visent à augmenter la compétence de conduite de l'armée dans les opérations d'avenir. Encore une fois, ces opérations sont toujours plus complexes. Elles impliquent toujours plus de partenaires, c'est un fait, et il faut pouvoir faire face à cette modernisation.

La suspension demandée par la minorité I liée à l'étape de développement 2008-2011 n'a pas de raison directe et objective, qu'elle soit confirmée ou non. Cette étape de développement ne modifie en rien la nécessité d'augmenter, par exemple, cette compétence de conduite. La décision, au Conseil des Etats, a été prise par 32 voix contre 5: il y a donc unité du bloc bourgeois. Cette unité a eu lieu au Conseil des Etats, et il n'est pas impossible qu'elle ait lieu aussi ici. Cela dépend du groupe UDC, avant tout. C'est en tout cas aussi la position de la majorité de la commission, la même que celle du Conseil des Etats, et c'est aussi celle du groupe radical-libéral.

Nous vous demandons donc de ne pas vous tromper de débat, de ne pas vous prêter à cette manoeuvre en terrain [PAGE 1818] miné et de renvoyer clairement les auteurs de la proposition de la minorité I (Schlüer) à leurs études et à d'autres débats. Nous vous demandons aussi de marquer votre volonté par une majorité nette dans notre conseil, de remettre les programmes d'armement dans une perspective plus forte, plus durable et plus responsable.