Couchepin Pascal · Bundesrat · 2006-12-13
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2006-12-13
Wortprotokoll
Tout d'abord, je voudrais remercier Monsieur Lauri de son accueil favorable à notre réponse. Je crois que le débat qu'il provoque est non seulement nécessaire mais également passionnant; c'est très compliqué.
On vit dans une période où les dépenses en faveur de la recherche et de l'éducation sont acceptées très positivement, un peu comme dans les années 1960 et 1970, lorsque l'on a bâti l'Etat social. Toute nouvelle dépense était saluée par tous, toutes forces confondues, comme quelque chose de positif. Le danger serait de se retrouver dans dix ou quinze ans avec un monde de la recherche et de l'éducation habitué à des croissances extraordinaires et qui, tout d'un coup, sera [PAGE 1121] confronté à des difficultés financières générales dans d'autres secteurs et obligé de faire des réformes pénibles comme celles que l'on doit faire dans l'Etat social actuellement.
En conséquence, c'est un état de grâce que vit ce secteur, mais un état de grâce qui est en même temps un peu dangereux. S'il devait apparaître, comme le dit Monsieur Lauri et comme vous le dites aussi, que l'efficacité n'accompagnait pas cette croissance, il y aurait un jour un retournement qui serait extrêmement dangereux. Aujourd'hui, on a le sentiment que pour beaucoup d'acteurs dans ce domaine, un franc de plus égale une amélioration de la qualité.
Probablement que c'est partiellement vrai, mais ce n'est pas toujours vrai. Là aussi, il faut être extrêmement attentif et se poser des questions. Alors vous les posez. Moi aussi, je me les pose. Quand on lit les dépenses que l'on fait en Suisse pour le primaire, pour le secondaire, pour le tertiaire, à l'échelle internationale, on est de loin les plus chers. Pourquoi? Le problème des salaires est certainement déterminant. On sait que dans le domaine de l'enseignement et de la formation, les salaires sont une grande partie des coûts, puis viennent la création des HES et la qualité des infrastructures. Ceux qui visitent nos écoles polytechniques, nos universités ou nos HES, même nos écoles primaires, constatent que l'infrastructure est sans équivalent dans le reste du monde. Ce n'est d'ailleurs pas une mauvaise chose, parce qu'au lieu d'avoir à réparer des bâtiments très rapidement, ils sont plus durables.
On a aussi le problème des langues. Des dépenses supplémentaires sont dues au fédéralisme et au multilinguisme.
Comment peut-on mesurer l'efficacité de la recherche? Je le disais tout à l'heure, un des exemples, c'est notre capacité à avoir un retour sur investissement dans les programmes internationaux. Si l'on est efficace, si l'on a cent pour cent de retour sur investissement, cela signifie que globalement on est assez bon.
Comment peut-on obtenir plus d'efficacité? On est tenté de dire que le seul moyen, à la fin, c'est une certaine pression financière. Je crois que c'est juste; il faut une certaine pression financière. Monsieur Schiesser n'obtiendra pas tout l'argent qu'il souhaite pour le Fonds national suisse de la recherche scientifique, d'autres n'obtiendront pas tout l'argent qu'ils souhaitent pour la formation professionnelle ou les HES, les directeurs des écoles polytechniques fédérales se plaignent de n'avoir pas une croissance suffisante. Je crois que toutes ces plaintes sont bonnes, parce qu'elles obligent à se poser des questions et à agir.
Je suis un peu plus inquiet lorsque je vois les réactions face aux changements qui interviennent dans certaines écoles, notamment les écoles polytechniques fédérales. Je ne veux pas entrer dans un débat sur les événements qui ont accompagné le départ de Monsieur Hafen; il y a probablement des éléments personnels, mais il y a aussi une résistance de la structure aux changements qui pourrait être un élément un peu inquiétant. L'avenir nous dira si ces inquiétudes sont justifiées ou non. Ce débat ne va pas s'arrêter aujourd'hui; il se poursuivra par la remise au Conseil fédéral, ce mois encore, d'un rapport sur l'efficacité des mesures de pilotage dans le domaine de l'éducation et de la recherche, qui sera approuvé en principe en janvier et qui sera public à ce moment-là.
Nous n'en sommes qu'à une étape, mais il est bon de maintenir la pression et je vous remercie de la maintenir dans un climat positif.