Meyer Thérèse · Nationalrat · 2007-03-08
Meyer Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2007-03-08
Wortprotokoll
Bonne fête, Madame la présidente! Je vous le dis en votre absence, et savez-vous qu'en 2007, nous détenons le record du monde du nombre de femmes présidentes de parlements: il ascende à 35 sur un total de 262, nombre jamais égalé, même s'il n'est pas énorme? Mais il progresse, comme le pourcentage moyen de femmes qui siègent dans les parlements, qui avoisine maintenant 17 pour cent - en augmentation de 50 pour cent depuis 1995. La Suisse, avec ses 26 pour cent de femmes élues au Parlement fédéral, se trouve au neuvième rang de l'Europe des Vingt-Cinq, mais vers le trentième rang mondial. Ce n'est pas que la proportion de femmes baisse, mais elle est dépassée par celle des autres pays. Ceci doit être un aiguillon pour que nous nous mobilisions tous, hommes et femmes, en vue d'encourager un renforcement de la présence des femmes dans ce Parlement. [PAGE 132]
En cette année électorale, notre premier devoir est de convaincre nos collègues femmes d'être candidates, d'être bien dans leur peau, d'avoir pleine confiance en elles. Aucune raison de douter, les capacités sont là, et l'intérêt de participer à l'organisation de la vie et à la définition du futur du pays doit les motiver. L'organisation est bien meilleure quand elle est gérée dans un bon partenariat entre femmes et hommes. Nous devons ensuite soutenir leur élection et encourager les femmes à aller voter. Je ne sais pas si vous l'avez vu, mais un dernier sondage montre une désaffection des urnes de la part des femmes, et cela est préoccupant.
Nous devons maintenant pouvoir compter sur des résultats. Le principe de l'égalité des droits entre hommes et femmes est inscrit dans la Constitution depuis 1981 et sa réalisation reste une tâche complexe. Les décalages sont marqués par les rôles qui demeurent différents dans les mentalités, mais aussi dans les faits. Ce qui est inacceptable aujourd'hui, c'est de constater qu'à qualifications identiques, des salaires sont différents uniquement à cause du sexe. Dans sa réponse à l'interpellation Daguet 06.3803, par exemple, le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral de l'intérieur, le SECO et l'Office fédéral de la justice d'examiner avec les partenaires sociaux la mise en place d'incitations à la réalisation de l'égalité dans les entreprises et aussi des modèles de contrôle. Nous attendons avec impatience des propositions qui fassent entrer cette égalité dans les faits, sans mettre peut-être en place une milice policière.
Un autre élément est très important pour l'épanouissement des unes et des autres pour avoir les mêmes chances, c'est d'aménager des conditions qui permettent de concilier harmonieusement une vie professionnelle, un engagement politique - ou les deux à la fois - et une vie familiale. Madame la conseillère fédérale Leuthard a très vite et très justement donné l'exemple dans ce domaine en annonçant un congé payé de quelques jours pour les jeunes papas et des possibilités de flexibilisation des horaires de travail pour favoriser les jeunes parents. Permettez-moi, au nom de mon groupe, de dire au Conseil fédéral que nous avons été déçus de sa réaction. Il aurait pu être un peu moins coincé et faire preuve d'innovation face à une attitude qui est tournée vers le futur.
Aragon chanté par Jean Ferrat nous montre la voie: "La femme est l'avenir de l'homme", non parce qu'elle est forcément meilleure, mais tout simplement parce qu'elle porte ses enfants, qui représentent à eux seuls notre futur. Et dans le présent, la famille dans son ensemble est importante. Nous savons déjà que les forces vives des hommes et des femmes formés adéquatement sont et seront de plus en plus nécessaires au pays. Nous savons aussi que le déséquilibre démographique s'accentue et que la situation actuelle décourage de nombreux couples d'avoir un enfant ou un enfant de plus.
Persuadés de la valeur de l'entité familiale et de son rôle primordial pour le développement d'une société équilibrée, harmonieuse et épanouie, nous voulons continuer à construire une politique familiale responsable et applicable. Nous voulons dire - et c'est aujourd'hui le jour des femmes - que nous soutenons les femmes dans leurs différents choix, soit de donner plus de temps à leurs enfants, soit de mener de front profession ou politique, et famille. Et nous voulons soutenir aussi les jeunes papas pour qu'un meilleur partage des tâches bénéficie à tous les membres de la famille. Pour atteindre ce but, nous avons mené - avec d'autres bien sûr - une politique active, qui a permis d'obtenir des succès: congé-maternité, allocations pour enfants, primes d'assurance-maladie réduites pour enfants et jeunes, création de places d'accueil. Ces projets doivent décharger financièrement les familles et améliorer leur quotidien en cas d'engagement professionnel des deux parents.
Le temps est venu d'appliquer de nouveaux modèles: horaires de travail flexibles, télétravail, temps partiel et pourquoi pas des congés parentaux, rémunérés ou non, à choix pour l'un ou l'autre des parents, pendant les premières années de vie des enfants. Pour la plupart des couples, cela n'arrive qu'une ou deux fois dans la vie et ceux pour lesquels cela arrive plus souvent méritent un soutien particulier. Des modèles intéressants existent et le retour sur investissement est assuré, parce qu'on sait que des employés heureux sont plus performants et moins absents, ce qui est tout bénéfice en termes de productivité.
En ce 8 mars 2007, je nous souhaite un bel avenir ensemble, dans l'égalité, mais en osant un sonore: "Vive la différence!", qui nous permet ce bel avenir.