Chevrier Maurice · Nationalrat · 2007-03-14
Chevrier Maurice · Nationalrat · Wallis · Christlichdemokratische Fraktion · 2007-03-14
Wortprotokoll
Les produits laitiers issus de la transformation de lait de non-ensilage constituent les exportations les plus importantes de l'agriculture et de l'économie laitière suisses, d'où le rôle central, le rôle pivot de ces produits pour assurer, consolider et, pourquoi pas, augmenter le volume du lait produit.
Supprimer le soutien au lait de non-ensilage s'avère à notre sens totalement incohérent. Il s'agit d'une mesure en contradiction avec la volonté de soutenir la fabrication artisanale de fromage. L'élimination des surcapacités créées sous l'ancien régime de marché, la suppression des subventions à l'exportation et l'ouverture totale des marchés vers l'Union européenne mettent déjà ce secteur sous une forte pression.
La production de lait de non-ensilage est une excellente forme de mise en valeur des zones de prairies, des prés et des pâturages. La production laitière et la transformation décentralisée du lait dans les fromageries artisanales sont une contribution importante à l'accomplissement de l'un des objectifs de l'agriculture fixés dans la Constitution, à savoir l'occupation décentralisée du territoire. Cette caractéristique, déterminante pour l'image de l'économie laitière suisse, constitue un argument de vente majeur pour l'exportation des produits laitiers. Rappelons que le supplément de non-ensilage compense le handicap de la matière première lié essentiellement au coût plus élevé de la production du lait de non-ensilage, en particulier lié au stockage du fourrage.
Le marché n'est pas en mesure aujourd'hui de supporter le supplément des coûts pour les produits issus de la transformation de lait de non-ensilage. La répercussion sur les prix du fromage est aujourd'hui aussi peu réaliste qu'en 1999, au début du régime laitier actuel. Les alternatives en matière de transformation du lait d'ensilage ne sont guère réalistes dans les régions périphériques. Dans les zones à très faible densité laitière notamment, ce manque de débouchés conduit à la mise en péril de la transformation de lait décentralisée, et donc de la production laitière en général dans les régions périphériques, ce d'autant que les frais de transport, en cas d'absence de possibilités de transformation sur place, seront imputés aux producteurs de lait.
Les régions périphériques perdent de plus en plus de leur importance économique. La suppression du supplément de non-ensilage aggraverait encore ce phénomène. Du point de vue de la politique régionale, ce développement est très négatif car il entraîne non seulement une perte de valeur ajoutée, mais aussi la disparition directe des postes de travail.
Enfin, les produits laitiers d'appellation d'origine contrôlée sont essentiellement issus du lait de non-ensilage. Ceci est [PAGE 242] une particularité qui caractérise justement ces produits et représente la base essentielle du cahier des charges des produits AOC. Donc, une suppression du supplément de non-ensilage serait totalement contradictoire avec la politique de plus-value souhaitée par la politique agricole et avec les principes de la politique régionale.
C'est ainsi qu'au nom du groupe démocrate-chrétien, je vous invite à soutenir le supplément de 3 centimes pour la transformation du lait produit sans ensilage et, par conséquent, la version de la majorité de la commission.