Lexipedia

Reymond André · Nationalrat · 2006-09-26

Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2006-09-26

Wortprotokoll

Comme on l'a rappelé, le fonds d'infrastructure, sur lequel notre conseil entrera en matière dans les heures qui suivent, concerne principalement l'achèvement des routes nationales et le trafic d'agglomération pour les neuf à dix ans prochains. Nos réseaux routiers sont surchargés et doivent être adaptés. Je citerai deux exemples dans la région romande de notre pays: le tronçon Rolle-Morges-Villars-Sainte-Croix, avec 85 000 mouvements par jour, et le tronçon Meyrin-Le Vengeron, dans le canton de Genève, que je représente, avec 60 000 mouvements par jour.

Après le débat d'entrée en matière, la question qui se pose est de savoir si vous accepterez de débloquer 8,5 milliards de francs, ou 5,5 milliards de francs comme le propose le Conseil des Etats. Vous avez tous reçu l'appel des cantons de Genève, de Zurich et du Tessin qui vous demandent d'aller dans le sens du compromis de 5,5 milliards de francs décidé au Conseil des Etats. Il est vrai que diverses associations ou partis de gauche brandissent une menace de référendum contre le fonds d'infrastructure si le Conseil national ne vote pas comme le Conseil des Etats. Et si ce référendum aboutissait? Il supprimerait les fonds nécessaires pour le RER à Zurich, le tronçon du Tessin et le projet CEVA à Genève. A Genève, le projet CEVA est le maillon manquant pour rallier Genève-La Praille à Annemasse. Je me permets de rappeler le non-sens de cet éventuel référendum, car ce fonds est payé, rappelons-le, à cent pour cent par les usagers de la route, c'est-à-dire par les automobilistes, par les taxes sur les carburants.

Il ne s'agit en aucun cas d'un nouvel impôt. Je rappelle ce que les automobilistes paient déjà, par exemple avec la taxe sur le CO2. En effet, ce nouvel impôt donne bonne [PAGE 1324] conscience à notre pays dans son combat contre l'effet de serre. Ainsi, le 0,2 pour cent annuel du CO2 émis par notre pays dans le monde est noyé en deux ou trois jours par les émissions des Etats-Unis, de l'Inde ou de la Chine. A Genève, le manque de vision des partis qui gouvernaient Genève a eu pour résultat, dans les années 1960, de supprimer des lignes de trams particulièrement bien organisées et bien développées après la guerre. A Genève, malgré l'état catastrophique des finances, la reconquête du rail est une réalité. Avec les 550 millions de francs de la Confédération et les 400 millions de francs votés par le Grand Conseil, Genève aura un réseau ferroviaire digne d'un canton suisse. Il est donc nécessaire que le Conseil national suive la décision du Conseil des Etats.

Je suis membre du comité pro-RER et descendant d'une famille qui avait pris position pour le raccordement Cornavin-Eaux-Vives à Genève au début du siècle passé. Je vous demande de soutenir l'idée d'un raccordement de ce type après que vous serez entrés en matière.

A Genève, il est vrai, il y aura des questions d'aménagements en surface et de stations à résoudre, et celles-ci sont du ressort de notre canton. Mais aujourd'hui, pour que ces trois projets ferroviaires se réalisent, au nom de la majorité des habitants de Genève, je vous demande d'aller dans le sens de la solution du Conseil des Etats pour le raccordement ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse.