AB 73648
Huguenin Marianne · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2007-03-19
Wortprotokoll
En l'an 2000, la sédentarité a produit 1,9 million de morts dans le monde, 15 à 20 pour cent de toutes les maladies cardiaques, des cas de diabète et certains cancers. En Suisse, 2,2 millions de personnes présentent une surcharge pondérale ou sont obèses, et ce nombre augmente de 50 000 cas par année. C'est une véritable épidémie et un défi majeur pour la santé publique, une épidémie qui touche les pays occidentaux et les riches des pays pauvres. En novembre 2006 d'ailleurs, la Suisse a adopté à Istanbul la Charte de l'OMS sur la lutte contre l'obésité, reconnaissant la nécessité de prendre des mesures coordonnées, harmonisées, pilotées. En Suisse, un enfant sur cinq est trop gros, selon une étude menée par l'Université de Bâle. L'Association suisse des diététiciens et diététiciennes diplômés se bat depuis 2001 et demande une prise en charge par la LAMal des consultations diététiques, pour les enfants comme pour les adultes. Cette association est soutenue par la Société suisse de pédiatrie.
La plupart des enfants obèses deviennent des adultes obèses. Selon une étude française, plus de la moitié des enfants obèses de six ans et 70 à 80 pour cent des enfants obèses de plus de dix ans vont rester obèses à l'âge adulte, alors que 10 pour cent seulement des enfants du même âge et de poids normal le deviennent. C'est donc un problème majeur de santé publique, puisque l'obésité de ces enfants multipliera par deux le risque de maladies coronariennes à l'âge adulte et par plus de sept le risque d'artériosclérose. Personne ne prétend que la seule solution à ce problème soit une consultation diététique. Le problème est évidemment plus large, c'est un véritable défi de société nécessitant une approche globale, touchant tant à l'urbanisme qu'aux transports, à la culture et à l'accès au sport; d'autres mesures coordonnées sont importantes.
Mais il est particulièrement absurde de faire remarquer, comme le Conseil fédéral dans sa réponse, que le problème est effectivement moins médicalisé chez l'enfant que chez l'adulte et d'en tirer argument pour refuser la prise en charge d'une consultation diététique, alors que ce n'est pas une mesure médicale. La consultation diététique accompagne d'autres mesures éducatives, comme l'activité physique par exemple. Bien sûr la consultation diététique ne résout pas tout, mais elle doit s'ancrer dans une politique globale et être remboursée pour les enfants comme pour les adultes, afin d'améliorer la prise en charge.
Nous demandons de pouvoir avancer dans ce domaine, de ne pas être en retard dans la prise en charge de ce grand problème de santé publique, et de montrer une volonté politique de le prendre au sérieux en acceptant cette motion.