John-Calame Francine · Nationalrat · 2007-03-22
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2007-03-22
Wortprotokoll
Ce crédit de presque 110 millions de francs pour une période de quatre ans au moins sur lequel nous devons nous prononcer servira à financer trois différents fonds ainsi que la mise en oeuvre et le suivi des investissements.
Je pense qu'il serait utile que Monsieur Rutschmann lise attentivement le message du Conseil fédéral qui précise effectivement comment sont calculées ces contributions. Elles sont calculées selon une clé de répartition qui prend en compte les émissions de CO2 des pays donateurs en 1990, année de référence du Protocole de Kyoto, selon le principe du pollueur-payeur. Donc on peut penser que si l'Autriche paie moins que nous, c'est qu'elle produit moins de CO2.
Le montant total des ressources attribuées à ces différents fonds se monte à 410 millions de dollars par an et la part de la Suisse équivaut à 0,3 pour cent de ce montant, soit les 110 millions de francs qui font l'objet de l'arrêté qui nous est soumis.
Le groupe des Verts soutient le montant de ce crédit et s'oppose fermement à sa diminution, car comme nous avons eu l'occasion de le dire dans le débat d'hier après-midi, le changement climatique est le plus gros problème environnemental auquel l'humanité doit faire face aujourd'hui. Nous tenons à rappeler que malgré ce constat désastreux sur le réchauffement climatique et les différentes atteintes à l'environnement, notre contribution financière en francs suisses diminue par rapport à 1991 et 2003. En effet, ces années-là, notre participation s'élevait respectivement à 145 et 125 millions de francs. Aujourd'hui le montant qui nous est proposé est de seulement 110 millions de francs, soit une baisse de 12 pour cent depuis 2003.
Dès lors, vous comprendrez que le groupe des Verts s'oppose fermement à la réduction supplémentaire de 10 pour cent formulée dans la proposition de la minorité Rutschmann. Une telle proposition nous paraît totalement irresponsable face aux défis que la communauté internationale est [PAGE 524] appelée à relever ces prochaines années. De plus, les pays occidentaux ont une responsabilité particulière à assumer puisque ce sont eux qui sont responsables pour une part largement prépondérante du réchauffement climatique.
Le réchauffement climatique provoque la fonte de nos glaciers, mais, plus grave encore, celle de la calotte glacière arctique dont nous n'avons pas encore mesuré toutes les conséquences. D'autres régions du globe doivent elles aussi faire face à une désertification toujours plus importante, ce qui ne restera pas sans conséquences sur les flux migratoires. Les nombreux Africains qui se déplacent pour fuir des régions de plus en plus arides sont là pour nous le rappeler tous les jours, eux qui risquent leur vie pour essayer d'atteindre des contrées moins austères. L'accès à l'eau potable et sa répartition est et restera encore pour de nombreuses années un défi majeur à relever car la situation hydrologique pourrait à l'avenir être la source de nouveaux conflits.
Les gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique ne s'arrêtent pas aux frontières des pays. Il est donc indispensable de conjuguer les efforts au niveau de la planète pour mener une politique cohérente et efficace en la matière. Il en va de même en ce qui concerne les atteintes à l'environnement. Les préoccupations des populations les plus pauvres sont plus centrées sur la résolution des problèmes vitaux et plus concrets comme l'accès à la nourriture, l'approvisionnement en eau, l'élimination des déchets, le traitement des eaux usées et l'érosion des sols.
Les mers et les océans sont aussi soumis à des pressions croissantes, notamment à cause de la surpêche et du déversement de déchets toxiques dans les zones côtières et en pleine mer. Les pratiques agricoles actuelles exercent aussi une influence importante sur la biodiversité, entraînant une réduction des espèces animales et végétales. Il est donc de notre devoir, en tant que riche pays industrialisé, de participer pleinement au financement des différents fonds en faveur de l'environnement mondial, afin de coordonner et d'intensifier les efforts de manière efficace.
Le groupe des Verts vous invite à voter le projet d'arrêté tel qu'il est présenté et à rejeter la proposition de la minorité Rutschmann.