Rime Jean-François · Nationalrat · 2007-10-03
Rime Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2007-10-03
Wortprotokoll
Depuis le 10 décembre 2003, date de l'élection de Christoph Blocher au Conseil fédéral, un certain nombre de parlementaires ont pour objectif principal, pour ne pas dire unique, de dénigrer son travail et de préparer sa non-réélection le 12 décembre 2007. Et je ne pense pas seulement à Monsieur Zisyadis.
Les médias ne sont pas en reste, y compris ceux financés par l'argent de la redevance radio-télévision. Pour s'en convaincre, il suffit de suivre les débats de la campagne électorale et de lire les interviews des candidats. Une question revient systématiquement: "Elirez-vous Christoph Blocher le 12 décembre 2007?" On peut dans ce cas parler d'une campagne d'intimidation systématique, notamment pour les candidats du Parti radical-démocratique et une partie des candidats du PDC.
Dans ce climat délétère, la Commission de gestion publie un rapport unilatéral, pour ne pas dire tendancieux, sur les problèmes du Ministère public de la Confédération. Unilatéral parce que les manquements de Monsieur Roschacher y sont à peine évoqués. Les problèmes de subordination et de contrôle du Ministère public y sont très largement minimisés. Tous les éléments à décharge pour le chef du Département fédéral de justice et police sont systématiquement passés sous silence.
Le 5 septembre 2007, la commission organise une conférence de presse. Vu la situation politique que je viens de décrire, la plus grande prudence s'imposait à sept semaines des élections fédérales. Au lieu de cela, la présidente de la sous-commission parle d'un plan pour destituer Monsieur Roschacher, d'heure H, d'un château qui serait celui de Rhäzüns, propriété de Monsieur le conseiller fédéral Blocher, d'initiales CB qui signifieraient Christoph Blocher, et j'en passe. Elle fait référence à des documents saisis en Allemagne; ceux-ci ne seraient pas disponibles, il faudrait des semaines, voire des mois pour les obtenir par la voie de l'entraide judiciaire. Ces documents ne seront naturellement pas disponibles avant les élections fédérales du 21 octobre 2007, et si possible pas avant celle des membres du Conseil fédéral du 12 décembre prochain.
Monsieur Darbellay a demandé que toute la clarté soit faite avant les élections. Ce n'est vraiment pas sérieux! Il reste moins de deux semaines et demie avant leur tenue, et le vote par correspondance a déjà commencé dans la plupart des cantons.
J'en reviens à ces documents. Le lendemain, ces derniers sont présentés à la presse. Ils ressemblent davantage à des gribouillis d'élève d'école enfantine qu'à un plan de bataille réalisé par un officier d'état-major général. [PAGE 1602]
La présidente de la sous-commission, une femme politique intelligente et expérimentée, voit dans cette affaire un élément décisif pour régler ses comptes avec Monsieur le conseiller fédéral Blocher et son parti, l'UDC, à quelques semaines de l'élection. Le président de son parti évoque une "affaire d'Etat" à la télévision: avait-il des informations sur le rapport de la Commission de gestion qui n'était pas encore publié? Un conseiller fédéral, en parlant de cette affaire, évoque le "Duce", probablement pour calmer le jeu. Enfin, les médias parlent de l'affaire Kopp, qui avait entraîné la démission de la conseillère fédérale du même nom. On pense donc très clairement à une démission de Monsieur le conseiller fédéral Blocher.
La réalité est pourtant est bien différente. Le Conseil fédéral reconnaît que la surveillance du Ministère public de la Confédération, introduite en 2002, avant l'élection de Christoph Blocher, ne donne pas satisfaction. Il reconnaît aussi que le chef du Département fédéral de justice et police a agi tout à fait correctement dans le cadre de la démission de Monsieur Roschacher - je renvoie à ce propos aux réponses données par le Conseil fédéral à différentes interpellations.
En conclusion, le groupe UDC exige que cette chasse aux sorcières cesse et qu'on s'occupe enfin des vrais problèmes concernant le Ministère public de la Confédération, c'est-à-dire qu'on examine la loi fédérale sur l'organisation des autorités pénales de la Confédération. Je souhaite que le débat d'aujourd'hui contribue à informer la population sur l'importance de cette affaire.
Madame la Présidente, je suis prêt à répondre à toutes les questions.