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Darbellay Christophe · Nationalrat · 2007-12-19

Darbellay Christophe · Nationalrat · Wallis · Fraktion CVP/EVP/glp · 2007-12-19

Wortprotokoll

Pas un jour, pas une semaine ne passe sans que les médias fassent état de violence envers les jeunes ou de violence des jeunes. Pour nous, pour le groupe PDC/PEV/PVL, cette problématique est prioritaire.

Je ne vais pas me perdre en conjectures sur les différentes statistiques qui font état, pour certaines d'entre elles, d'une augmentation de la violence chez les jeunes, alors que d'autres relativisent ce phénomène. Je pense qu'il y a là de [PAGE 1997] quoi parler. Mais enfin, je pense surtout qu'il faut prendre acte d'une évolution préoccupante de ce phénomène, et surtout de la nature nouvelle que prend la violence chez les jeunes. D'abord, il y a la problématique de la violence en bande, puis l'augmentation des actes de violence commis par des jeunes femmes et aussi la surreprésentation des jeunes étrangers. Il y a là un problème d'intégration dans la statistique des criminels, même s'il faut savoir, ce qui est même reconnu par le Département fédéral de justice et police, que la tendance à dénoncer des jeunes criminels d'origine étrangère est plus importante que lorsqu'il s'agit de jeunes Suisses auteurs d'actes de violence.

Les problèmes sont liés au manque d'intégration, à la discrimination, à l'absence de perspectives, et je pense que toute cette question est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Il s'agit d'y répondre avec des solutions qui ne sont pas des solutions à l'emporte-pièce, en prenant garde à ne pas instrumentaliser la problématique de la violence chez les jeunes. Il serait aussi faux de tout relativiser et de ne rien faire.

La violence à caractère sexuel prend également une tournure inquiétante. Le sexe fait vendre, comme cela a été dit par ma préopinante, et je pense qu'il faut prendre garde à cette évolution. Aujourd'hui, on ne peut plus faire de la publicité pour vendre une voiture, un fer à repasser ou une bière sans qu'il y ait une connotation sexuelle. Les enfants sont exposés à cette dérive, et je pense que l'on doit y prendre garde avec la plus grande sévérité.

Il faut surtout veiller à protéger l'enfance, l'enfance victime de la violence, l'enfance dont on abuse sur Internet, dans les jeux vidéo. Il y a là véritablement une préoccupation, et je n'ai pas l'impression que les autorités en place, notamment cette cellule chargée de surveiller la pédocriminalité sur Internet, aient vraiment et les moyens humains et les moyens juridiques d'agir véritablement.

En tant que membre du PDC, parti de la famille, je crois d'abord à la politique familiale, pas seulement pour améliorer ses conditions matérielles, mais surtout parce que la famille est le lieu où l'on transmet des valeurs: le travail, le respect, l'ordre, la solidarité. C'est aussi le rôle de l'école de transmettre des savoirs et des valeurs, et je pense qu'il est beaucoup trop tard pour un jeune de se rendre compte qu'il a fait une bêtise seulement lorsqu'il se trouve devant le juge des mineurs.

J'étais, il y a encore quelques jours, à un congrès sur la violence chez les jeunes organisé par l'Académie de police de Savatan. Il y avait là des jeunes du collège de Saint-Maurice, des représentants de la justice et des membres de la police. J'ai été impressionné de constater à quel point les jeunes attendent aujourd'hui des références, des valeurs, des exemples. Ils n'ont pas connu Mai 68, tant mieux pour eux! Ils ont envie de notions claires, de références, et c'est à la politique de répondre de manière forte à ces préoccupations.

Nous voulons, au sein de notre parti, une politique qui comporte quatre axes.

1. Il faut privilégier une approche basée sur la prévention.

2. Il ne faut pas oublier la répression.

3. Il s'agit de prévoir des mesures pour sortir les jeunes de la spirale de la violence.

4. Il faut instaurer des mesures qui visent à limiter l'impact de la violence sur les victimes et sur les auteurs de violence eux-mêmes.

Nous ne voyons pas de nécessité de réviser déjà le droit pénal des mineurs: le nouveau Code pénal est entré en vigueur il y a peu de temps. Il faut d'abord le consolider, acquérir de l'expérience dans son domaine et appliquer sans concession les dispositions légales qui sont aujourd'hui à disposition. C'est la mise en oeuvre du Code pénal des mineurs ainsi que les institutions qui y sont énoncées qui doivent être réalisées. Il n'existe même pas, par exemple, des institutions permettant de détenir les jeunes à l'écart des adultes! Il s'agit surtout de neutraliser les jeunes particulièrement violents, qui sont certes en minorité mais qui posent un problème à l'ensemble de la société et que nous devons prendre en compte.

Il est également nécessaire d'accélérer les procédures. On ne peut pas toujours attendre des années avant qu'un jeune soit condamné. A quoi cela sert-il qu'un jeune se rende compte de ce qu'il a fait, de la gravité de ce qui lui est reproché seulement plusieurs années après le délit, au moment où intervient sa condamnation? C'est véritablement un immense problème, et c'est pourquoi je crois que la célérité dont devraient faire preuve les tribunaux est une priorité politique que nous devons souligner.