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Couchepin Pascal · Bundesrat · 1999-12-07

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 1999-12-07

Wortprotokoll

En vous demandant d'approuver ce crédit supplémentaire avec les conditions que je vais évoquer dans un instant, le Conseil fédéral manifeste sa volonté de permettre que l'exposition nationale puisse avoir lieu en 2002. Nous vous proposons donc d'approuver un crédit additionnel de 250 millions de francs. En vous demandant cela, nous voulons donner un signal fort qui permette à l'"Association Exposition nationale" - qui est privée - et à l'économie d'assurer le succès de l'exposition en déployant de leur côté les efforts nécessaires.

Mais ce crédit n'est pas un blanc-seing, il est lié à un certain nombre de conditions additionnelles qui devront être remplies. A compter du 1er janvier 2000 - 1er février 2000 si vous votez la proposition de la commission -, des paiements imputés à ce crédit de 250 millions de francs ne peuvent être effectués que s'il est prouvé que l'engagement ferme et global de l'économie privée atteint 380 millions de francs. En outre, nous demandons à l'"Association Exposition nationale" qui est en charge de ce dossier de redimensionner le projet ou de faire en sorte que 290 millions de francs d'économies soient réalisés.

Le rapport Hayek qui a servi de base à la décision du Conseil fédéral avait constaté une situation extrêmement critique sur le front des finances, du calendrier, de la direction et de la gestion du projet. Aujourd'hui, un certain nombre de progrès ont été réalisés. Tout d'abord, le calendrier est réaliste, dans le sens où il donne à l'association une année de plus pour réaliser son projet. L'exposition est reportée à 2002. Comme l'ont relevé les rapporteurs, ce n'est pas quelque chose d'extraordinaire dans l'histoire des expositions nationales suisses, puisque les Expositions nationales de 1914 et de 1939 avaient été prévues initialement une année plus tôt. Ensuite, le Comité directeur a été nommé avec à sa tête M. Franz Steinegger. Il s'est mis au travail, et je crois qu'il travaille avec réalisme et efficacité.

Le problème des liquidités, qui est un problème lancinant dans un tel projet, a été provisoirement résolu puisque la Délégation des finances a approuvé un crédit de 50 millions de francs pour 1999.

Si le délai est reporté, non pas au 1er janvier mais au 1er février 2000, nous aurons au mois de janvier probablement un nouveau problème de liquidités qui devra être résolu une fois encore.

Gestion: la direction de l'Expo tient sa promesse de s'efforcer de mobiliser toutes les énergies durant cette période de vérité, jusqu'au moment où le Conseil fédéral verra si les conditions qu'il a posées sont réalisées. Enfin, de notre côté, soit du côté de la Confédération, la gestion des projets de la Confédération a été modifiée: le Conseil fédéral a approuvé une nouvelle réglementation de l'organisation. L'approbation du crédit constitue le prochain pas dans la bonne direction.

Mais, il faut quand même dire ici, et le rappeler pour que ce soit inscrit au Bulletin officiel et pour ceux qui lisent les comptes-rendus de ce type de débats - il y en a plusieurs parmi vous qui le font, ce qui est quand même bon signe -, qu'il reste, même si toutes les conditions sont réalisées, un problème de risque résiduel de l'ordre de 170 millions de francs. C'est le rapport Hayek qui, dans son scénario "Estimate and Risk", pense qu'il reste une possibilité de trou de 170 millions de francs. Il s'agit d'un risque. Personne ne peut dire aujourd'hui si ce risque sera réalisé ou non, mais il faut le prendre en compte et savoir qu'à la fin, il peut y avoir un problème de cet ordre de grandeur, malgré le crédit supplémentaire et les économies qui sont faites; et si ce risque devait se réaliser, nous aurions un nouveau problème de liquidités avant l'ouverture de l'Expo. En vous demandant ce crédit, ce n'est donc pas la fin totale du voyage, puisqu'il reste ce risque qui peut se réaliser et qui entraînerait des besoins nouveaux pour l'Expo, d'abord en liquidités, ensuite en crédits. Qui paierait ce montant si le risque devait se réaliser? Je crois que personne ne se fait d'illusions sur le garant de dernier ressort de ce risque: c'est, à mon avis, la Confédération.

Plusieurs d'entre vous ont proposé le renvoi, soit le renvoi pour étudier d'autres variantes, soit le renvoi pour faire une exposition dans les mêmes délais, dans quatre régions de Suisse, soit le renvoi pour d'autres raisons. Si je prends la proposition Maspoli qui suggère, pour la même date de 2002, de faire une exposition décentralisée dans les quatre régions linguistiques de Suisse, je crois que, d'abord, il y a le délai qui n'est pas possible: changer le projet pour 2002, c'est totalement hors des réalités; mais, en plus, je crois que le concept ne serait pas excellent, parce qu'il donnerait l'illusion qu'on fait une exposition nationale pour chaque région de Suisse, alors qu'au contraire, l'exposition nationale doit être une occasion de rencontres entre les Suisses. Il faut inviter tous les Suisses à partager ensemble une expérience commune plutôt qu'à fêter séparément l'exposition nationale, chacun dans leur région.

M. Föhn, notamment, a posé des questions au sujet des contributions de l'économie privée.

Le climat actuel est bien meilleur que celui qui régnait avant le rapport Hayek et avant les décisions prises par le Conseil fédéral. Néanmoins, il n'est pas possible de donner des garanties quant aux montants que l'économie privée est prête à engager. Les négociations sont en cours et elles dureront au moins jusqu'à la fin de l'année, et même durant le mois de janvier si le délai est reporté au mois de février. A notre avis, il sera difficile d'atteindre le montant de 380 millions de francs prévu par le Conseil fédéral, mais ce n'est pas impossible et nous espérons toujours qu'il sera atteint.

Quel est l'état actuel des contributions des cantons et des villes? Les cantons organisateurs ont payé 28,5 millions de francs; il reste à payer 12 millions de francs. Les villes organisatrices ont payé 19,6 millions de francs; il reste à payer 5 millions de francs. Les autres cantons ont payé 8,7 millions de francs; il reste à payer 13,5 millions de francs. Une rallonge a été prévue par deux cantons: Vaud et Neuchâtel. Des discussions sont en cours avec d'autres cantons et d'autres villes.

On a parlé du prix d'entrée, du flux des visiteurs, du nombre de visiteurs. La réponse, c'est que tout ce qui concerne la manière dont les billets sont contrôlés, le prix des entrées, les réductions pour les familles, le nombre estimé de visiteurs, est actuellement en train d'être revu et analysé par des professionnels de la branche. Il s'agit d'une entreprise anglaise spécialisée dans cette matière. Mais il est certain que l'attractivité de l'Expo, et par conséquent le nombre des [PAGE 2407] visiteurs, dépendront des scénarios de l'exposition qui seront finalement arrêtés par le Comité directeur. On a pensé un moment que ce dernier serait forcé, pour atteindre l'objectif d'épargne de 290 millions de francs, de réduire les arteplages. Il semble, d'après les conversations que j'ai eues avec les responsables de l'Expo, que cette solution n'est pas aujourd'hui considérée comme la meilleure, dans la mesure où une partie des dépenses pour ces projets sont déjà faites, notamment tout ce qui touche aux études intellectuelles liées aux arteplages. Cela est perdu, l'économie ne porterait que sur la partie constructions. En contrepartie, il y aurait une perte d'intérêts. Il semble donc que la suppression d'arteplages n'est pas celle qui sera retenue par la direction de l'Expo pour atteindre l'objectif d'économie de 290 millions de francs. Mais ce n'est qu'un avis qui vous est donné aujourd'hui et qui n'engage pas la direction de l'Expo, qui doit garder sa liberté jusqu'au mois de janvier pour définir le concept qui permet d'atteindre les objectifs fixés par le Conseil fédéral.

M. Waber a posé une question concernant l'entreprise commerciale Beate Uhse que je ne connaissais pas avant qu'on l'évoque, et pour cause, puisqu'elle est, semble-t-il, spécialisée dans un secteur qui suscite beaucoup d'émotions, puisqu'il s'agit d'objets liés à la sexualité. La direction artistique est actuellement en tractation avec Beate Uhse, car cette entreprise, ainsi que d'autres partenaires potentiels, s'intéressent à une exposition qui thématise de façon à la fois ludique et sérieuse la sexualité sous ses diverses facettes, sans dépasser, bien sûr, les limites du bon goût. Par conséquent, la question reste ouverte et elle ne sera pas résolue par votre serviteur.

Finalement, les seules options réalistes sont, soit de refuser purement et simplement le crédit, auquel cas on va vers une faillite, soit d'accepter le crédit sans renvoi, ce que le Conseil fédéral soutient après avoir longuement analysé les différentes options, dont l'arrêt du projet. Le Conseil fédéral vous demande de donner une chance supplémentaire à l'Expo.02, de permettre à la direction actuelle de répondre aux exigences qu'il a posées. Au travers de cet arrêté, le Conseil fédéral n'a pas toute sa liberté, puisqu'il ne peut libérer le crédit que si les conditions sont réalisées.

Je vous rappelle que l'arrêt de l'exposition nationale coûte aussi quelque chose. On perdrait 300 millions de francs et on n'aurait rien en face. C'est une option que le Conseil fédéral veut éviter. Il vous propose d'aller de l'avant et de préparer la fête.