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Beck Serge · Nationalrat · 2000-11-27

Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2000-11-27

Wortprotokoll

C'est avec satisfaction que nous pouvons voir l'équilibre budgétaire du compte financier atteint, puisque le déficit prévu est inférieur à 1 pour mille. Mais je crois que nous devons aussi résister à toute euphorie et analyser froidement les raisons de cette situation. Nous ne pouvons pas célébrer le génie propre du Gouvernement et du Parlement, même si la progression des dépenses est maîtrisée à plus 3,4 pour cent et que cela traduit un certain effort.

En effet, l'amélioration de la situation est essentiellement due à une forte croissance des recettes, plus 7,5 pour cent, qui concrétise de nouveaux impôts, par exemple la nouvelle redevance poids lourds ou la taxe d'incitation énergétique, ainsi qu'à une augmentation des impôts existants, comme par exemple l'impôt sur le tabac ou la TVA.

Il convient d'affirmer que la reprise économique joue un rôle fondamental dans le redressement des finances fédérales et que le maintien de la croissance économique dépend essentiellement des conditions-cadres offertes par notre pays. La quote-part fiscale, qui a connu la plus forte progression en comparaison des pays qui sont nos concurrents directs, est l'une des conditions-cadres fondamentales qui influent sur le développement économique et l'implantation d'entreprises. De même, la forte croissance de la quote-part de l'Etat, c'est-à-dire de l'emprise des dépenses des corporations publiques dans l'activité économique, est, elle, alarmante pour un pays qui se réclame de l'économie libérale, d'autant plus alarmante qu'elle dépasse largement l'évolution dans ce domaine, à nouveau, des pays qui sont nos principaux concurrents économiques.

C'est pour ces raisons que le groupe libéral vous invite d'ores et déjà à soutenir la motion 00.3600 de la Commission des finances que nous discuterons à la fin de ce débat budgétaire.

En parlant de quote-part de l'Etat, je dois contredire M. Maillard qui prétendait tout à l'heure que celle-ci avait augmenté aux Etats-Unis. Ce n'est pas vrai: dans la dernière décennie, les USA ont vu la quote-part de l'Etat diminuer de 3,1 pour cent.

C'est donc avec modestie que notre Parlement doit adopter ce budget, conscient que la reprise économique compte plus que les mesures législatives dans le rétablissement de la situation financière de la Confédération. Les libéraux insistent sur l'importance des conditions-cadres, terreau indispensable de la croissance économique et donc, du bien-être commun.

C'est en considérant l'aspect fondamental de la recherche, dans la perspective de cet essor économique que le groupe libéral vous propose d'ajouter 60 millions de francs au crédit triennal du Fonds national suisse pour la recherche scientifique. C'est un investissement dont le retour ne pourra qu'être profitable à notre pays.

D'autres engagements devraient être renforcés, et il est particulièrement regrettable de voir les dépenses de politique étrangère stagner. L'engagement de notre pays au service de la communauté internationale ne passe pas seulement par l'intégration dans des structures interétatiques, mais par des actes dynamisés dans le domaine de la coopération au développement, dans celui de l'offre de bons offices pour la résolution de conflits. Notre diplomatie doit redonner à notre pays la crédibilité au service de la communauté internationale qui était la sienne pendant les trois premiers quarts du siècle achevé.

Mais, pour atteindre ces buts, deux composantes budgétaires doivent être impérativement maîtrisées, le poids de l'intérêt de la dette qui mobilise 8 pour cent du budget, ainsi que l'accroissement constant des dépenses sociales qui, contrairement à l'ensemble des autres dépenses, gonflent la quote-part fiscale et compromettent l'essor de l'économie, sans la prospérité de laquelle il n'y a pas de politique sociale financièrement supportable. C'est en poursuivant la maîtrise de ces deux axes, revenus des illusions spéculatives de la vente des licences UMTS, que les responsables politiques que nous sommes doivent contribuer au bien commun des citoyens de ce pays en développant une gestion financière pérenne.