Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2000-11-28
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2000-11-28
Wortprotokoll
J'ai déjà dit deux ou trois choses sur ces dépenses pour l'assistance financière à des actions humanitaires. Au fond, les choses sont assez simples. Nous avons entendu M. Walter Fust en sous-commission nous parler de ses activités. Il revenait d'un voyage en Afghanistan notamment, où il avait pu constater que des ventes d'enfants avaient lieu parce que les mères n'avaient simplement plus de quoi les nourrir. M. Fust a fait une forte impression à toute la sous-commission sur la qualité du travail qui était entrepris et sur la sincérité de sa volonté d'apporter par la Suisse une aide concrète aux pays qui en ont besoin, à tel point qu'à l'unanimité de tous les sous-commissaires présents - représentant l'UDC, le PDC, le Parti radical et le PS - nous avions considéré que la volonté du Conseil fédéral de réduire, par rapport à l'année 2000, l'assistance financière à des actions humanitaires et l'aide alimentaire en céréales, n'était pas justifiée.
Nous avons demandé à M. Fust quelle était la raison de cette coupe. Il a été bien en peine de nous en donner une, il a juste fait appel à la volonté de faire des économies. Alors, la question se pose: la baisse de 18 millions de francs en rapport avec un montant de 144 millions de francs, qui étaient au budget 2000, correspond à un 12 à 13 pour cent d'économie. Un million de francs sur quatorze, ça fait 7 à 8 pour cent de coupe en chiffres nominaux sur ces budgets. Nous ne faisons ces coupes dans aucun autre poste. Or, nous sommes en retard sur la moyenne des pays de l'OCDE en dépenses par rapport au produit national brut pour l'aide aux pays pauvres. Le Conseil national lui-même essaie d'aboutir à ce 0,4 pour cent du PNB, nous devrions donc dépenser près du double de ce que nous dépensons ici pour y arriver.
Or, nous n'en sommes pas là. Il s'agit simplement, dans une demande qui avait été acceptée à l'unanimité des sous-commissaires, de rétablir pour 2001 les montants que nous avions pour l'an 2000. Malheureusement, la Commission des finances, à égalité de voix, n'a pas pu se départager, et c'est la voix prépondérante du président qui a tranché dans le sens du Conseil fédéral.
Mais je vous invite à faire acte, ici, de la plus élémentaire générosité et dignité. J'ai vu que la coupe qui a été faite dans le crédit pour la promotion de l'image de la Suisse à l'étranger était contestée, je vous invite juste à réfléchir à ce que nous donnerions comme image du Parlement si nous diminuions les crédits destinés à l'aide alimentaire à raison de près de 10 pour cent en moyenne sur ces deux positions. Mais nous augmenterions de plus du double les dépenses que nous faisons pour promouvoir, par des opérations essentiellement de marketing, l'image de la Suisse à l'étranger! Celle-ci sera bien mieux défendue par ces dépenses-là que par des dépenses de marketing aux Etats-Unis.
Je vous invite à adopter ces propositions de minorité.