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Polla Barbara · Nationalrat · 1999-12-22

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 1999-12-22

Wortprotokoll

L'article 2 de notre nouvelle constitution stipule notamment que la Confédération "assure l'indépendance et la sécurité du pays". Aujourd'hui, seule la sécurité par la coopération peut nous assurer cette indépendance et cette sécurité. Car indépendance ne signifie pas isolement. Indépendance signifie notre capacité à décider librement pour nous-mêmes. Or, cette capacité, aujourd'hui, ne peut se définir hors contexte. Elle ne peut se définir qu'en relation avec le monde qui nous entoure, à savoir l'Europe. C'est pourquoi la coopération est la seule façon d'assurer la sécurité de nos citoyens. Il ne s'agit pas de théorie, il ne s'agit pas d'idéologie politique; il ne s'agit pas même seulement d'optimisme, mais il s'agit d'un réalisme et d'un pragmatisme contre lesquels aucun argument contraire ne tient la route.

Les libéraux, tout comme le Conseil fédéral, veulent, je cite la page 29 du rapport, "pouvoir décider librement de nos propres affaires à l'intérieur du pays comme à l'égard de l'étranger, sans en être empêchés par la menace ou le recours à la violence directe ou indirecte"; "nous voulons préserver et protéger notre population .... contre les dangers existentiels"; "nous voulons contribuer à la stabilité et à la paix au-delà de notre frontière", ainsi qu'"à l'organisation d'une communauté internationale de valeurs démocratiques". Le groupe libéral ne partage pas seulement ces objectifs, mais il partage aussi les moyens et les stratégies. D'ailleurs, ceux qui critiquent ces derniers n'en ont pas proposé d'autres, ce qui démontre bien qu'il n'existe pas aujourd'hui trente-six voies pour assurer la sécurité dans ce pays. C'est avec l'Europe ou pas du tout.

A ce titre, il me paraît indispensable de souligner que si nous sommes fiers de la capacité de notre pays à se souvenir, à regarder son passé en face, nous aimerions maintenant qu'il regarde son avenir. Le sommet d'Helsinki vient de réunir l'Europe, notamment sur les questions de sécurité. C'est là que nos regards doivent se tourner. Alors que l'Europe est en train de mettre en place une troupe d'intervention capable d'assurer le respect et la stabilité de nos démocraties européennes et de la paix, et ceci justement sans le recours obligatoire à l'OTAN - je souligne ceci pour M. Zisyadis et Mme Garbani -, la Suisse ne peut pas tout simplement rester chez elle en se bouchant les yeux et les oreilles. La neutralité ne peut se définir par le repli. Il est pour nous une évidence que pour protéger cette neutralité même, c'est-à-dire pour nous mettre à l'abri de la nécessité de demander de l'aide à ceux qui nous entourent, nous devons notamment armer nos soldats à l'étranger. Ce point disputé du rapport est pourtant l'une des conditions même de notre indépendance.

J'aimerais, à l'occasion de la discussion de ce rapport, revenir aussi sur la question des moyens. Notre première et plus importante responsabilité est d'assurer la sécurité de nos citoyens, et cela demande des moyens. Ces moyens ne peuvent pas ne pas être adaptés à l'évolution des menaces, et ces menaces aujourd'hui se recoupent grandement, comme les interventions, avec celles qui concernent la police. Une réflexion de fond sur la "Police XXI" devra suivre incessamment celle sur l'"Armée XXI", et nous ne pouvons que souhaiter qu'elle se fasse dans le même esprit d'ouverture que celle sur l'"Armée XXI". Mais les moyens ne sont pas faits que d'ouverture et de réflexion, les moyens sont aussi financiers et, comme il est dit à la page 63 du rapport, "l'attribution de moyens financiers suffisants à la politique de sécurité et à ses instruments est une condition essentielle pour garantir leur succès".

Finalement, parmi les indispensables moyens de la politique proposée, n'oublions pas l'adhésion à l'ONU, car une telle adhésion, comme il est expliqué à la page 43 du rapport, non seulement ne met pas en cause notre neutralité, mais elle pourrait bien la renforcer, puisque nous aurions alors enfin les moyens de défendre cette neutralité de l'intérieur d'une institution à laquelle nous adhérons en fait déjà très largement au niveau financier. L'adhésion à l'ONU fait partie intégrante de la stratégie de la sécurité par la coopération. Elle en représente un des garants et ne saurait en être dissociée. Et nous rejoignons, sur ce point au moins, la vision de Mme Haering Binder.

On veut nous faire croire que l'UDC est conservatrice. C'est peut-être le cas de certains de ses représentants, mais en tout cas au niveau gouvernemental, le rapport présenté par M. Ogi, conseiller fédéral, nous prouve largement le contraire. Résolument pro-européen, international, tourné vers l'avenir, il est également favorable à la participation des femmes à notre armée de milice. Là cependant, le rapport pèche par le manque de la description des moyens à mettre en oeuvre pour réaliser cet objectif qui, un jour, nous permettra peut-être même d'arriver à un service volontaire. Mes collègues libéraux me pardonneront cette note personnelle, mais je partage la vision de David Ben Gourion qui disait: "L'armée est le symbole suprême du service et, aussi longtemps que les femmes ne seront pas les égales de l'homme dans l'accomplissement de ce service, elles n'auront pas obtenu une vraie égalité."

En conclusion, le groupe libéral soutient "Rapolsec 2000", ses objectifs, sa stratégie et sa mise en oeuvre. Il vous invite à en faire de même pour l'ouverture, la sécurité et la paix de notre pays.