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Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2008-06-03

Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-06-03

Wortprotokoll

L'économie est l'un des trois piliers du développement durable et, comme tel, elle retient toute l'attention du groupe des Verts. Le Conseil fédéral souhaite renforcer la place économique suisse. Soit, mais encore faut-il savoir de quelle économie on parle. Les Verts ont toujours abordé les enjeux politiques sous l'angle de la qualité et du long terme. C'est sous cette égide qu'ils conçoivent le renforcement de notre économie, et non dans le seul but d'augmenter tel ou tel indicateur de croissance, souvent bien incapable de rendre compte du bien-être de la population ou de la préservation des ressources naturelles, qui composent pourtant les deux autres piliers du développement durable.

Le groupe des Verts déplore le désastreux manque de coordination entre les politiques économiques et environnementales, ce que souligne également le rapport de l'état-major de prospective de l'administration fédérale "Défis 2007-2011. Evolution des tendances et thèmes futurs de la politique fédérale", qui est à la base de ce programme de législature. Je cite ce rapport: "Pour l'heure, les actions entreprises en vue d'améliorer simultanément la qualité de l'environnement et la productivité économique manquent de cohésion. Malgré les progrès de la politique environnementale, la croissance économique garde pour corollaires la hausse de [PAGE 725] la consommation des ressources et l'exploitation de l'environnement."

L'économie que nous devons renforcer est dès lors celle qui produit des richesses sans pour autant dilapider les ressources dont elle dépend, celle qui participe à la cohésion sociale en fournissant des emplois de qualité rémunérés de manière équitable, celle qui apporte des réponses innovantes aux défis d'aujourd'hui et de demain. Beaucoup de ces défis sont d'ordre environnemental, à l'image du réchauffement climatique ou de l'épuisement des ressources pétrolières. Ils représentent autant de marchés sur lesquels la Suisse, avec ses grandes écoles et son savoir-faire, a les moyens de se positionner. Autrefois à la pointe dans le domaine des énergies renouvelables, elle s'est laissé distancer. Quel dommage! A ce jour, en Allemagne, le secteur de l'énergie éolienne représente à lui seul plus de 80 000 emplois et contribue activement à la réduction des émissions de CO2.

C'est dans cet esprit que le groupe des Verts a accepté, en commission, de préciser le titre de la section 2, "Renforcer la place économique suisse", en y ajoutant "pour créer les conditions permettant d'augmenter le nombre et la qualité des emplois". Il a en outre présenté deux propositions visant à orienter l'économie vers les nouveaux marchés de l'écologie industrielle, de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. La première, à l'article 3 mesure 13, concerne l'orientation de la formation et de la recherche vers ces marchés prometteurs. Elle a été acceptée en commission et je remercie celles et ceux qui l'ont soutenue. La seconde, à l'article 2 mesure 10ter, vous est présentée sous forme de proposition de minorité et concerne la promotion économique elle-même. Je vous demande de la soutenir pour des raisons de cohérence, car rien ne sert d'encourager la formation et la recherche, si nous ne disposons pas d'entreprises dynamiques pour exploiter les compétences et les découvertes qui en résultent.

J'aimerais encore expliciter la position du groupe des Verts dans le domaine agricole. Nous avions déposé en commission une proposition concernant l'article 2 mesure 3, "examiner l'évolution de la politique agricole à partir de 2012", afin d'y ajouter "dans le but de promouvoir une production locale axée sur la qualité". Cette proposition a été finalement intégrée à la proposition de la minorité Baader Caspar sur la protection du revenu annuel moyen des paysans et l'amélioration du taux d'autoapprovisionnement.

Nous soutenons en outre la proposition de la minorité Baader Caspar à l'article 2 mesure 6 qui prévoit que l'engagement de la Suisse dans le cadre du cycle de Doha ne doit pas affaiblir notre agriculture. Le groupe des Verts tient en effet au maintien de la souveraineté alimentaire dans notre pays. La Suisse a développé une agriculture de très haute qualité, sans OGM, basée sur le respect de l'environnement et des personnes. Ces acquis ne doivent pas être sacrifiés sur l'autel du libre-échange.

Le groupe des Verts demande dès lors au Conseil fédéral de les considérer comme non négociables dans le contexte des accords commerciaux avec l'Europe et l'OMC. Chaque population doit pouvoir choisir les modalités de son propre approvisionnement. Nous voulons un revenu décent pour celles et ceux qui travaillent quotidiennement la terre pour nous nourrir et nous voulons une agriculture locale de qualité et écologique dans ce pays.

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