preparatory:AB 85296
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-06-10
Wortprotokoll
Je fais tout d'abord une remarque sur la représentativité de la Commission de politique extérieure, qu'a mise en doute mon préopinant. J'aimerais rappeler qu'elle est en parfaite syntonie avec ce conseil en matière de politique européenne, de crédits humanitaires et de crédits de solidarité avec l'Est. En revanche, il est vrai que, régulièrement en ce qui concerne l'aide publique au développement (APD), il y a des discrépances. Par ailleurs, la Commission de politique extérieure se place également dans la perspective des engagements qu'a pris le Conseil fédéral sur la scène internationale, notamment en faveur de l'accroissement de l'aide publique au développement.
En ce qui concerne la problématique de la proportion 40/60 pour cent pour les aides respectivement multilatérale et bilatérale, il convient certes de ne pas mettre en opposition les deux aspects de la participation de la Suisse à l'effort d'aide au développement. Toutefois, il convient aussi de relever que ces deux aspects ont des spécificités bien distinctes.
Dans le cadre de l'aide multilatérale, il y a la possibilité de collaborer avec les autres membres de la communauté internationale, ou parfois simplement avec les pays les plus riches, pour coordonner des projets globaux en faveur d'une région, voire de pays. Cette aide permet également de financer des infrastructures qui sont d'une importance vitale dans certaines régions en voie de développement.
L'aide bilatérale, quant à elle, permet à la Suisse d'amener sa spécificité, sa compétence dans des projets bien individualisés, là où elle est engagée de manière prioritaire. Elle permet également de mettre en avant les stratégies de développement propres à la Suisse, que ce soit dans le cadre de l'activité de la DDC ou dans celui de l'activité du SECO.
Mais il est clair que le débat que nous avons maintenant sur la répartition entre l'aide bilatérale et l'aide multilatérale porte sur les moyens que nous voulons mettre en oeuvre. En effet, il est tout à fait possible d'avoir une répartition de 40/60 pour cent, comme cela est proposé par la majorité de la commission, si notre conseil fait l'effort d'aller au moins jusqu'au 0,4 pour cent du revenu national brut dès 2009, comme le prévoit aussi bien pour le SECO que pour la DDC la motion de la commission qui sera discutée tout à l'heure. Dès lors, ce n'est pas un problème de stratégie internationale, dirais-je, mais c'est plutôt un débat de politique intérieure. La cohérence veut que, finalement, il y ait une augmentation de l'aide et qu'avec celle-ci, il y ait la possibilité de répartir les fonds selon la proportion de 40/60 pour cent. On ne peut pas simplement fermer tous les robinets et ensuite se lamenter parce qu'on ne peut pas maintenir un effort principal ou prioritaire sur l'aide bilatérale.
J'aimerais encore rappeler que, malheureusement, l'aide privée, si elle est extrêmement généreuse en Suisse - puisqu'elle dépasse 500 millions de francs par année -, n'atteint jamais les montants qui sont nécessaires pour parvenir à la somme que représente l'aide publique allouée au niveau européen ou par d'autres pays. En effet, ces 500 millions qui sont versés chaque année par des privés pour la coopération ou l'aide au développement ne représentent que 0,1 pour cent du revenu national brut. Vous voyez donc que, même cumulé à l'aide publique actuelle, ce montant n'est pas suffisant.
Je rappellerai encore une chose: quand on regarde les chiffres de l'aide privée, on constate que les contributions sont constituées par de petits montants, ceux versés par de petites gens, ces personnes mêmes qui, en Suisse - comme d'ailleurs à l'étranger -, sont celles qui ont toujours moins malgré l'accroissement de la richesse à travers le monde. C'est justement par l'aide au développement, par l'implication de la Suisse dans les organisations internationales, par l'accroissement de sa contribution dans la politique du développement et ses projets spécifiques qu'on peut combattre cette concentration de la richesse et aboutir à une répartition plus juste et équitable à travers la planète.