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Marty Dick · Ständerat · 2007-03-14

Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2007-03-14

Wortprotokoll

En fait, ce n'était nullement mon intention d'intervenir, et je dirai tout à l'heure pourquoi. Mais après les félicitations, certainement désintéressées, qui ont été adressées à mon canton par le rapporteur et par le conseiller fédéral, je me sens le devoir de prendre la parole, ne serait-ce que pour remercier ces deux éminentes personnalités pour les fleurs qu'elles ont lancées au canton du sud des Alpes.

Monsieur Lombardi vous a déjà fait part du fait que les Tessinois ont découvert un beau matin, en lisant leur journal, qu'à leur grande surprise, ils étaient subitement devenus riches. Or, cette surprise est d'autant plus grande si on analyse les indicateurs macroéconomiques.

Si on considère le revenu cantonal, on note que le canton du Tessin est au vingt-troisième rang; si on considère le revenu cantonal par tête, on a 42 000 francs pour les Tessinois, alors que la moyenne nationale est de 53 000 francs - la différence est énorme. Le chômage est nettement au-dessus de la moyenne nationale et les salaires, comme cela a déjà été dit, sont nettement au-dessous de ladite moyenne, alors que, si on prend l'indice des ressources tel qu'il est défini par la péréquation, cet indice augmente au cours des dix dernières années. Curieusement, le revenu cantonal par tête en pour cent par rapport au revenu national a continuellement diminué au Tessin ces dix dernières années.

Je n'ai pas découvert moi-même ces éléments. Mais je reproduis ici les doutes et les objections, basés sur des faits, qui ont été exprimés au Tessin par les économistes, et notamment par le doyen de la Faculté des sciences économiques de l'Université de la Suisse italienne, qui a mis en doute la validité du modèle qui est à la base de cet indice des ressources.

La situation est assez curieuse, mais néanmoins compréhensible: nous avons, d'une part, les politiciens qui sont tout contents de découvrir qu'ils sont riches et, d'autre part, les économistes qui disent que quelque chose ne va pas. Quant à moi, je dois avouer mon impuissance. Je n'ai pas des certitudes, mais des doutes très sérieux quant à la crédibilité de [PAGE 146] ce modèle, qui se base sur des évaluations non vérifiées. Des possibilité d'erreurs et de manipulations existent donc, mais certainement pas au niveau du comité mixte.

Celui qui connaît bien la réalité du Tessin et qui examine cet indice des ressources peut prétendre que ce canton est devenu riche - peut-être. Mais une chose est certaine: les Tessinois ne sont pas devenus riches. Pour la majorité d'entre eux, ces dix dernières années ont été de plus en plus dures à cause de la hausse du chômage, de la crise économique et de l'augmentation des primes d'assurance-maladie. Le nombre de personnes qui perçoivent un subside pour le paiement de leurs primes - chiffre que j'ai oublié de mentionner - est au Tessin nettement supérieur à la moyenne nationale.

A cela s'ajoute - tout en étant conscient que ce n'est pas un élément décisif, mais quand même un petit indice - le fait que les finances publiques du canton du Tessin sont dans un état déplorable. Nous avons eu, ces dernières années, un taux d'autofinancement négatif, ce que nous n'avions jamais connu dans l'histoire des finances du canton, et cela malgré des investissements très modérés. En 2006, nous étions dans les chiffres rouges, bien qu'ils ne soient pas aussi importants que prévu, alors que la plupart des cantons étaient dans les chiffres noirs.

Si vous me permettez une parenthèse, je constate que le canton de Zoug n'a pas encore publié les chiffres des comptes 2006. Comme j'ai l'esprit mal tourné, je me pose certaines questions sur ce silence. Peut-être qu'à la fin de ce débat, on connaîtra les chiffres sensationnels de ce canton! Le représentant de Glaris - notre rapporteur - nous a dit que son canton était riche et que tout à coup il a découvert qu'il était pauvre. C'est peut-être le fruit d'un certain fédéralisme qui consiste à se voler les contribuables les plus importants. Je dois dire que je ne crois pas à ce fédéralisme, qui est dangereux. L'essence du véritable fédéralisme est quelque chose d'autre.

Comme on est en train de parler de minorités et de majorité, il faut bien que je dise aussi quelque chose à ce sujet. Je me prononcerai pour la minorité II (Schweiger) au motif que, vu les incertitudes que j'ai et que plusieurs ont quant à ce modèle, il est peut-être souhaitable d'avoir un démarrage en douceur et de revoir fondamentalement dans quatre ans tous les mécanismes de son fonctionnement. A part cela, "tout va très bien, Madame la marquise"!

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