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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2007-03-22

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2007-03-22

Wortprotokoll

Je crois qu'il y a deux problèmes à discuter. C'est d'abord celui de l'abus de médicaments. Sur ce point, nous avons la conviction que les dispositions actuelles suffisent. La difficulté est de bien les appliquer régulièrement. Ensuite, c'est celui qui a été évoqué par Madame Ory et par Monsieur Stähelin, qui concerne les médecins pratiquant la propharmacie, les "selbstdispensierende Ärzte".

Je connais l'argumentation de Monsieur Stähelin - et je crois qu'elle est juste - qui consiste à souligner le fait que jusqu'à maintenant, la consommation pharmaceutique est plus faible dans les régions où les médecins sont prescripteurs que dans les régions où les médecins pratiquent la propharmacie et où il faut aller chez le pharmacien pour acheter le médicament. Malheureusement, les bonnes moeurs se perdent, même dans votre canton. Il semble que dans les régions où les médecins sont aussi fournisseurs de produits pharmaceutiques, la consommation de médicaments, donnée en pour cent, augmente plus rapidement. Mais le chiffre global reste encore positif.

Il semble que, dans ce domaine, l'industrie pharmaceutique ait découvert l'intérêt de la visite aux médecins et qu'elle mette fortement l'accent sur la promotion des produits pharmaceutiques là où les médecins les prescrivent et les vendent parce qu'il y a évidemment un intérêt direct à le faire. A terme, je crains que l'avantage de vos régions ne disparaisse. Mais, pour l'instant, il est clair qu'elles ont un avantage. Et il y a surtout une tradition puisqu'il n'y a souvent pas de pharmacie à proximité parce que ce n'était pas nécessaire. Monsieur Brändli m'a aussi cité à plusieurs reprises des cas de médecins de vallées reculées des Grisons qui complétaient largement leurs revenus avec les bénéfices sur les produits pharmaceutiques, faute de quoi ils risquaient de quitter la région ou de n'avoir plus le même intérêt à pratiquer la médecine sur place.

Tous ces problèmes se posent, et je ne crois pas qu'on peut les régler de manière simpliste. Une fois, il y a eu une votation à Zurich qui a été tout à fait claire: le peuple a rejeté l'interdiction faite aux médecins de vendre des produits pharmaceutiques, même dans des régions où il y a suffisamment de pharmacies.

Ce sont donc deux cultures qui s'opposent. Je ne crois pas qu'on peut régler ce problème par une décision fédérale, en tout cas dans l'état actuel des choses. Petit à petit, j'en suis convaincu, il y aura un rapprochement des pratiques, parce qu'au cours des années, on va probablement réduire les marges en fonction des coûts; et les coûts d'infrastructure des médecins qui vendent eux-mêmes les produits pharmaceutiques sont beaucoup plus bas que ceux des pharmaciens. Probablement qu'un jour, on établira des règles qui réduiront les possibilités pour le médecin d'accroître ses revenus de manière considérable par la distribution de produits pharmaceutiques.

L'essentiel est que cette motion doit être rejetée parce que si vous vous attaquez à la surmédicamentation, les dispositions actuelles suffisent: elles sont difficiles à appliquer, pas toujours appliquées, mais elles suffisent. Si vous visez la suppression de la possibilité pour les médecins de vendre en fonction des dispositions cantonales des produits pharmaceutiques, là je pense qu'il faut dire non dans l'état actuel des choses. On va, à mon sens, dans la direction d'une séparation des fonctions entre pharmaciens et médecins, mais pour l'instant on en est encore loin. Il ne serait pas dans l'intérêt des patients, ni dans celui du système de santé, et cela serait tout à fait opposé à la volonté des cantons, que d'accepter cette motion. Les cantons sont quand même les premiers responsables de l'approvisionnement en matière de soins et de produits pharmaceutiques.

C'est la raison pour laquelle nous vous recommandons de rejeter cette motion.