Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-03-19
Wortprotokoll
Permettez-moi de résumer en trois points la position du Parti socialiste dans cette affaire.
Premièrement, et c'est d'autant plus important après l'exposé de Monsieur Binder, nous sommes solidaires avec les salariés en lutte pour leur emploi. S'il y a quelque chose de légitime dans ce pays, c'est bien de défendre son emploi. Nous sommes choqués de constater que les CFF tentent de mettre en oeuvre cette réforme sans négociations préalables avec les salariés ni avec leurs organisations. La brutalité de cette politique, cette absence de dialogue est responsable de l'évolution dramatique au Tessin et des tensions importantes à Fribourg. Il convient d'y remédier au plus vite, et nous attendons des CFF qu'ils retirent leur décision et qu'ils mènent au plus vite des négociations avec les cantons, avec les salariés, avec leurs organisations, sur la base de variantes ouvertes, des chiffres tels qu'ils doivent être présentés, tels qu'ils n'ont pas été présentés à ce jour. La seule solution acceptable est une solution négociée, comprise et approuvée par chacune des parties.
Deuxièmement, le Parti socialiste souhaite que les responsabilités pour la débâcle actuelle soient clairement établies, et ce, je le dis clairement et directement, indépendamment de l'appartenance partisane des uns et des autres. Contrairement à ce qu'ont fait nos "amis" radicaux dans l'affaire Swissair, contrairement à ce que fait aujourd'hui l'UDC s'agissant de l'UBS, au conseil d'administration de laquelle siège un de ses membres, nous voulons que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que les responsabilités soient établies et que des conséquences soient tirées.
Troisièmement, c'est le volet le plus important: nous souhaitons que soient établies aussi les responsabilités politiques dans cette affaire. La droite de ce conseil porte une responsabilité particulière. En instaurant une concurrence sauvage entre le BLS et les CFF, en poursuivant cette politique de libéralisation à tout prix, vous, députés de droite, avez réussi à affaiblir aussi bien les CFF que le BLS.
Nous devons dire ici très clairement que nous ne voulons pas d'une concurrence qui détruit nos emplois, que nous ne voulons pas d'un affrontement entre la Deutsche Bahn et les CFF dans le domaine du transport des marchandises, mais que nous voulons une coopération entre les uns et les autres pour répondre aux besoins de la clientèle. Cette coopération est d'autant plus indispensable que vous, députés de droite, avez également décidé de supprimer les crédits qui bénéficiaient jusqu'à présent au trafic marchandises intérieur.
En résumé, il y a: la responsabilité sociale de l'entreprise, donc la responsabilité du management de l'entreprise - du conseil d'administration au responsable opérationnel - et la responsabilité politique de la droite du conseil pour les politiques de libéralisation et pour la politique d'économies à tout prix qu'elle a imposées aux CFF au cours de ces dernières années.