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Sommaruga Carlo · Nationalrat · 2008-09-15

Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-15

Wortprotokoll

L'Organisation mondiale du commerce, dont le siège est à Genève depuis sa fondation en 1995, a besoin de locaux supplémentaires pour assurer le bon fonctionnement de ses activités. Depuis 1995, l'OMC a en effet connu une forte croissance. A moyen terme, comme cela vous a été dit par le rapporteur et au vu des évolutions attendues, les effectifs de l'OMC augmenteront pour atteindre, toutes catégories confondues, 1100 employés. En l'état, le Centre William Rappard qui accueille l'OMC à Genève ne répond donc plus aux besoins de l'organisation et c'est en ce sens que l'OMC s'est adressée à la Suisse, en sa qualité d'Etat hôte.

La question qui se pose aujourd'hui est donc celle de savoir si notre Parlement - et donc la Suisse - est prêt à consentir un effort financier suffisant et nécessaire pour maintenir à Genève une organisation qui peut certes plaire ou déplaire quant aux politiques suivies, mais qui marque le rôle de la Suisse internationale et singulièrement de la Genève internationale. Il en va également de manière générale de l'apport économique d'une telle organisation internationale pour l'ensemble de la région lémanique.

Laisser échapper une grande organisation internationale comme l'OMC, même si elle ne relève pas de la structure onusienne, serait un signal catastrophique pour la Genève internationale, et certainement l'occasion pour d'autres organisations internationales et pour des ONG d'aller ailleurs. Les diminutions de postes de travail à Genève au sein du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés nous montrent de manière très concrète la fragilité de la situation de la Genève internationale et les risques de décroissance des organisations si nous n'y prêtons pas garde.

Le contexte actuel de forte concurrence entre les villes à vocation internationale doit nous inciter, c'est-à-dire la Suisse et son Parlement, à aller à la rencontre du souhait d'adapter les bâtiments aux besoins de l'OMC. Mais il faut trouver le juste équilibre entre d'une part les exigences de l'OMC et de son directeur général, Monsieur Pascal Lamy, et d'autre part les efforts que la Suisse est prête à consentir, que ce soit au niveau fédéral, cantonal ou municipal.

Pour le groupe socialiste, le projet qui nous est soumis aujourd'hui est raisonnable et tout à fait acceptable sous l'angle financier. Je rappelle que, dans un premier temps, Monsieur Pascal Lamy - certainement dans la tradition française de marquer son passage au pouvoir par un acte architectural d'ampleur - avait opté pour une centralisation de l'OMC dans un seul bâtiment, entraînant pour la Confédération un coût supérieur à 300 millions de francs. Les négociations, longues et difficiles, couronnées de succès grâce à l'action du Département fédéral des affaires étrangères, ont permis de mettre de côté cette idée démesurée d'un bâtiment unique, au profit d'une vision réaliste et, surtout, je le redis, financièrement acceptable.

Le projet actuel repose donc sur la rénovation du Centre William Rappard, sa densification, son agrandissement et la construction d'une extension d'un bâtiment administratif qui prendra place sur le côté sud du parking.

Pour financer ce projet, le Conseil fédéral a défini une enveloppe globale de 130 millions de francs. Le Conseil fédéral nous demande aujourd'hui de libérer une première tranche de 45 millions de francs à fonds perdus afin de lancer la phase de rénovation.

Au nom du groupe socialiste, je vous invite à suivre la majorité, à entrer en matière sur l'objet 08.050 et à accepter cette première tranche du crédit d'engagement pour le maintien de l'OMC à Genève.

Cela dit, permettez-moi d'ajouter que c'est par une politique de transparence totale en la matière et d'information bien ciblée auprès des citoyennes et des citoyens, tant au niveau fédéral que cantonal et municipal à Genève, que la mise à [PAGE 1062] niveau du bâtiment de l'OMC pourra voir le jour. Aujourd'hui, des résistances importantes sont toujours présentes au niveau local, fondées sur des informations lacunaires. Le Département fédéral des affaires étrangères et sa cheffe doivent donc veiller à ce que, tout particulièrement au niveau cantonal, les mesures et les efforts nécessaires soient correctement mis en oeuvre pour préserver la beauté de la rade genevoise et rassurer la population sur l'absence de mise en danger des parcs et des accès aux rives du lac.