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John-Calame Francine · Nationalrat · 2008-09-16

John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2008-09-16

Wortprotokoll

Dans son dernier rapport, le Conseil fédéral tire un bilan positif de la participation de la Suisse aux activités des Nations Unies.

Les réformes lancées par Monsieur Ban Ki-moon afin d'améliorer l'efficacité de l'organisation vont prendre encore du temps pour déployer leurs effets, mais elles sont bienvenues. Le Département des opérations de maintien de la paix a été subdivisé en un domaine politique et un domaine logistique afin d'être mieux à même de répondre à la demande pressante de casques bleus.

Aux yeux du groupe des Verts, il serait encore possible d'accroître la crédibilité et l'efficacité des casques bleus si, dans les zones en proie à des troubles, l'ONU tentait de déployer des soldats en provenance de pays n'ayant pas exercé d'influence dans la région concernée. En effet, afin que les engagements onusiens respectent une certaine neutralité et ne soient pas ressentis comme une force occupante, nous pensons qu'il serait judicieux d'éviter de déployer par exemple des soldats français, anglais ou portugais dans les anciennes colonies de ces pays.

L'ambivalence des Etats-Unis face à l'ONU, qui s'est concrétisée par une intervention en Irak avant même que se soit prononcé le Conseil de sécurité, est là pour nous rappeler la fragilité de cette institution, et l'urgence de la réformer, afin qu'un tel scénario ne puisse plus se reproduire.

L'Organisation des Nations Unies est donc perfectible, mais elle reste néanmoins un outil incomparable pour promouvoir le droit, la paix et la liberté.

Admettant les difficultés inhérentes à tout processus de changement, le groupe des Verts salue les efforts fournis par la Suisse pour réformer le domaine des sanctions, car en ce moment, au nom du terrorisme, même l'ONU ne respecte plus les droits fondamentaux des individus. Il s'avère donc plus que nécessaire d'apporter des améliorations et des garanties procédurales lors d'une inscription sur les listes noires de l'ONU et ensuite pour une radiation de celles-ci lorsque ces sanctions ne reposent que sur des soupçons et non sur des faits avérés.

Certes, les problèmes liés au terrorisme sont d'une grande actualité et vont malheureusement le rester encore longtemps. Tant que nous, pays occidentaux, continuerons à nier les droits fondamentaux de certaines catégories de population ou tant que nous nous ferons complices des décisions de certaines grandes puissances, nous contribuerons à alimenter les réseaux terroristes. Notre collaboration et notre engagement en faveur des populations défavorisées restent donc nos meilleures actions de prévention dans ce domaine.

Les Verts apprécient aussi que la Suisse insiste pour que le droit de veto ne puisse plus s'exercer au sein du Conseil de sécurité dans les cas de génocide et de violation grave des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Etant donné que la Suisse n'appartient à aucune organisation militaire et qu'elle n'a pas de passé colonisateur, elle peut faire preuve de créativité dans ses propositions et avoir recours à d'autres pays francophones, notamment africains, pour se faire entendre.

Quant au nouveau Conseil des droits de l'homme, pour lequel et ensuite dans lequel la Suisse s'est beaucoup investie, il doit encore asseoir sa réputation. Il est encore trop tôt pour juger des actions que mène cet organe et de ses résultats, car il n'est pas opérationnel depuis suffisamment longtemps pour en tirer des conclusions. La Suisse a passé son premier oral devant le Conseil des droits de l'homme et a reçu des critiques quant au climat xénophobe et au racisme latent qui régnaient sur son territoire, au traitement jugé arbitraire des demandes d'asile des personnes en provenance d'Afrique ou d'Amérique du Sud et aux discriminations dont étaient encore victimes les femmes. Pour un pays dont la politique étrangère se fonde sur des valeurs aussi essentielles que le respect des droits humains, nous avons encore des progrès à faire dans ce domaine.

Concernant le dossier du désarmement, le groupe des Verts salue l'engagement de la Suisse en faveur de la non-prolifération du nucléaire à des fins militaires, qui s'est traduit par la tenue des "Geneva Talks" en juillet dernier pour traiter du dossier iranien. Nous espérons aussi que la Suisse pourra bientôt signer la convention négociée à Dublin, qui prévoit une interdiction générale des bombes à sous-munitions et à fragmentation qui font tellement de victimes parmi les populations civiles. La Suisse doit s'investir davantage dans les problèmes de migration qui sont principalement liés à l'extrême pauvreté et à la désertification toujours plus importante de certaines régions du globe qui subissent plus que d'autres les effets du changement climatique.

Seules une détermination sans faille et une aide au développement massive permettront d'endiguer l'extrême pauvreté, ce qui reste le but majeur des Objectifs du Millénaire pour le développement. En conclusion, et malgré ces remarques, le groupe des Verts prend acte de ce rapport.