Zisyadis Josef · Nationalrat · 2008-09-24
Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2008-09-24
Wortprotokoll
La minorité de la commission vous invite à donner suite à l'initiative parlementaire Rennwald. Cette initiative est en effet particulièrement bienvenue et, tout à l'heure, Monsieur Rennwald a insisté sur le retard de la Suisse en matière de réduction du temps de travail et, en même temps, en matière de formation continue.
Nous la soutiendrons pour plusieurs raisons. Premièrement, ces dernières années, nous avons eu dans notre pays une [PAGE 1323] augmentation extrêmement forte de la productivité du travail - 13,8 pour cent entre 1992 et 2004. Pendant ce temps, les salaires réels n'ont pas augmenté autant puisqu'ils n'ont augmenté que de 3,2 pour cent. Cela veut dire que l'amélioration de la productivité du travail en Suisse - dont tout le monde se targue aujourd'hui, puisque nous sommes classés quatrièmes du monde en la matière - s'est faite essentiellement sur le dos des personnes qui sont actives.
Le deuxième problème, c'est celui des travailleurs pauvres. Caritas chiffrait en 2004 à 1,2 million le nombre de personnes qui dépendent de l'assistance sociale, de l'assurance-chômage et de l'assurance-invalidité, soit 16 pour cent de la population suisse. L'écart entre les plus riches et les plus pauvres n'a pas cessé d'augmenter.
Par rapport à ces deux problèmes, il y a bien sûr plusieurs pistes que l'on pourrait suivre. Il y a celle de Monsieur Rennwald, qui essaie de faire en sorte qu'on aille dans un sens inverse à tout le recul social que nous avons vécu, sans nous en rendre compte, dans notre pays. Une autre piste serait, par exemple, celle de Travail Suisse, qui propose de passer à six semaines de vacances pour tous. Mais la possibilité qui est offerte par l'initiative parlementaire Rennwald, c'est de lancer la réflexion sur la semaine de quatre jours, avec 36 heures de travail, qui permet de répondre au défi de l'augmentation de la productivité, mais aussi à celui des inégalités salariales extrêmement fortes qui se sont fait jour dans notre pays, surtout ces dernières années.
Je voudrais rappeler le fait que la frontière entre l'emploi et le chômage n'a pas cessé de se brouiller. Ce qui fait qu'il y a environ 7,6 pour cent de la population qui vit de la précarisation du travail. Par rapport à cela, soit nous laissons faire cette mise en place du travail dit atypique dans notre pays, soit nous prenons des mesures pour que nous ayons un respect des gens qui sont au travail, tout en permettant à la place économique suisse de rester attractive. Presque 20 pour cent des personnes vivant en Suisse ont déjà fait l'expérience d'avoir vécu une année au moins en dessous du seuil de pauvreté. C'est énorme, en fait! En d'autres mots, la baisse du coût du travail n'a pas été utilisée pour créer de nouveaux emplois. Les gains de productivité ont avant tout été utilisés pour alimenter les rentes financières de quelques-uns.
Cette initiative parlementaire a une volonté régulatrice. Pour tordre le bâton dans l'autre sens, elle vous invite à faire des choix politiques pour empêcher la lente dérive antisociale et la dérive vers plus de flexibilisation.
La minorité de la commission vous invite à donner suite à l'initiative parlementaire Rennwald.