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Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2008-09-30

Wortprotokoll

Tout d'abord, s'agissant de la proposition de la minorité Neirynck, j'ai bien écouté l'argumentation exposée. Naturellement, il serait stupide de dire qu'un projet doit être soutenu simplement parce qu'il est novateur. Mais lorsqu'une organisation comme Pro Helvetia ou l'Office fédéral de la culture a des moyens limités, il faut quand même choisir et il faut donner des chances à ce qui naît plutôt qu'à ce qui s'est déjà épanoui. En ce sens, un projet novateur peut avoir, non pas un privilège, mais un certain avantage vu les moyens limités disponibles.

Si au contraire on ne donne pas cette petite préférence à ce qui éclot, on risque d'avoir une culture qui ronronne et qui répète des choses qui sont des succès, vous en avez cité un exemple. Finalement, on devient des scolastiques qui n'osent plus la nouveauté. C'est pour ça que je comprends l'argumentation développée, mais je n'arrive pas à la faire mienne. Je crois qu'il serait dommage de supprimer la lettre e. En tout cas, si c'était le cas, ce ne serait pas pour dire que l'élément novateur ne peut pas être pris en compte, en raison de tous les risques que cela comporte.

Il ne faut pas que la culture soutenue par des organismes de promotion de la culture soit trop répétitive. Dans ce sens, il est bon de donner ce signal à l'égard de la nouveauté, non pas parce que la nouveauté en soi est meilleure, mais simplement parce qu'elle est un peu plus ouverte sur le futur que ne l'est la répétition des succès antérieurs.

Ensuite, dans votre argumentation, Monsieur Neirynck, et il m'intéressera de voir ce que vous voterez plus tard, vous êtes intervenu de manière très concrète. Cela signifie que vous voulez que le Parlement continue à avoir son mot à dire. Par conséquent, j'attends le moment où vous prendrez la parole pour dire que les options stratégiques doivent rester en main du pouvoir politique et doivent être discutées au Conseil fédéral et au Parlement, et qu'elles ne doivent pas être transférées à Pro Helvetia comme le veulent certains.

Je répète que je suis convaincu que le transfert des compétences stratégiques à Pro Helvetia aura une conséquence désastreuse en ce sens qu'on discutera de la politique culturelle par le biais du budget, et on va faire du micromanagement au travers du budget au lieu de fixer les règles du jeu et de laisser ensuite la liberté aux artistes.

Cela dit, je crois qu'une bonne partie de votre argumentation peut être admise. Il n'est néanmoins pas justifié de biffer la lettre e.