Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-09-17
Wortprotokoll
Les inégalités augmentent dans le monde, les inégalités économiques entre les pays du Sud et du Nord en particulier. Dans certains pays, ces inégalités de conditions socioéconomiques croissent à l'intérieur du pays même. Ces inégalités sont, vous le savez, facteur de violences et de conflits, or les idéaux des Nations Unies, par exemple, visent à construire un monde où règne la paix. Un tel but passe par la lutte contre la pauvreté et les inégalités.
Il faut donc instaurer de nouvelles règles pour mieux correspondre aux besoins économiques, écologiques et sociaux des pays en voie de développement. Ces nouvelles règles doivent réduire le fossé Nord-Sud et les inégalités sociales qui vont actuellement en se creusant. Je relève également au passage que la démographie est une donnée de base déterminante. Les déséquilibres démographiques entre les continents provoquent des migrations ressenties comme une menace par les pays riches et suscitent trop souvent des réactions de repli. Aussi, pour concrétiser par l'acte toute forme d'égalité des chances, il faut soutenir - je dirai même renforcer - notre aide au développement. Dans les domaines de la santé, de l'éducation, de la lutte contre la faim ou encore dans celui de l'eau potable, des progrès considérables sont portés au compte de l'aide au développement, ils ont pour nom augmentation de l'espérance de vie, diminution de la mortalité infantile, alphabétisation, accès amélioré à l'eau potable pour davantage de personnes.
Par ailleurs, il n'est que justice que l'aide au développement ne soit pas que l'affaire des privés. Un Etat moderne et riche se doit de ne pas laisser à la charité privée le soin de gommer les inégalités. L'engagement de la Confédération dans l'aide au développement et dans la coopération internationale correspond à une volonté constitutionnelle. Chaque citoyenne et chaque citoyen doit se sentir concerné par cette volonté populaire. Pour ma part, le caractère public de l'aide est déterminant. L'aide a ainsi la garantie de l'Etat. La Suisse le sait bien, elle est dépendante du reste du monde: si le reste du monde va bien, la Suisse se porte mieux. La Suisse, par ailleurs, n'a pas la médaille d'or de l'aide au développement, même si elle fonde une partie de sa réputation sur son action dans ce domaine. Enfin, sur le plan moral, la Suisse, notre pays, se doit de conserver une image d'ouverture au monde et d'intervenir pour rétablir les déséquilibres entre les pays en luttant contre la pauvreté.
Le président de la Commission des finances, Monsieur Stähelin, a présenté les enjeux financiers. Nous sommes effectivement placés devant un choix de priorités. Les éléments sont posés, ils nous sont connus; cela ne justifie pas une proposition de renvoi à la commission, si celle-ci est maintenue. Au contraire, il ne manque plus qu'un signal clair et surtout positif. Il faut donc entrer en matière et dire oui à l'augmentation de nos contributions en faveur de l'aide au développement.