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Deiss Joseph · Bundesrat · Freiburg · 2000-12-14

Wortprotokoll

Un jeune garçon de 11 ans a été reconnu par le dalaï-lama en 1995 comme le 11e panchen-lama. Celui-ci est la deuxième autorité spirituelle du peuple tibétain. Il a disparu avec sa famille la même année et les autorités chinoises ont fait savoir qu'il se trouvait sous leur protection. Le dalaï-lama et la communauté tibétaine s'engagent sans répit en faveur de leur libération et de la protection de leurs droits. Le postulat Gonseth prie la Suisse de faire de même.

Ce postulat a été approuvé par le Conseil fédéral le 31 mai 1999, il y a donc plus d'une année et demie, et à ce jour aucun nouveau développement n'est intervenu sur cette question, si ce n'est que le Conseil fédéral a accompli les éléments que demande le postulat déposé le 21 avril 1999. Aujourd'hui, les autorités chinoises ne donnent pas d'information quant au lieu où le garçon et sa famille se trouvent, ni [PAGE 1583] sur leur situation, et il est très difficile pour quiconque de pouvoir fournir des renseignements sur cette affaire.

La Suisse semble être un des rares Etats qui se soit engagée de manière continue en faveur de la libération du panchen-lama. La plus récente démarche en sa faveur a été la transmission d'un mémorandum sur son cas à l'ambassade de Chine, à Berne, et au ministère des affaires étrangères chinois à Pékin, suite à la session de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, ce printemps, au mois d'avril à Genève. Aucune réponse à notre demande n'a pour l'instant été communiquée par les autorités chinoises.

Même si le Conseil fédéral estime que le postulat peut être considéré comme accompli, il s'engage bien sûr à continuer, à l'avenir, à faire tout ce qui est en son pouvoir pour rappeler ce cas et défendre le jeune panchen-lama. Je regrette que, dans la façon de présenter le cas, Mme Gonseth donne l'impression qu'il ne manque que la bonne volonté du gouvernement suisse pour obtenir des progrès, ce qui n'est en tout cas pas le cas. Il n'est malheureusement pas possible de discuter sur le ton employé, comme s'il suffisait de faire des démarches pour obtenir des progrès. Ceci dit, je suis entièrement d'accord avec votre façon de voir les choses, à savoir que nous devons sans cesse rappeler ce cas, et bien sûr les autres, pour démontrer que la Suisse et la communauté internationale sont non seulement attentives, mais qu'elles s'engagent pour la promotion des droits de l'homme en Chine.

Le haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme est également intervenu à plusieurs reprises en faveur du jeune garçon et suit ce cas de très près. Au cas où le rapporteur spécial sur la torture de la Commission des droits de l'homme pourrait se rendre prochainement en Chine - le voyage n'est pas confirmé à ce jour -, il abordera aussi la question du panchen-lama avec les autorités chinoises. Ceci démontre que nous sommes aussi en contact avec les organisations d'ordre multilatéral qui s'engagent elles aussi en faveur de ce cas.