Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2008-12-08
Wortprotokoll
J'aimerais quand même apporter un petit bémol aux interventions que vous venez d'entendre. En effet, il semblerait que les bons offices de la Suisse, son engagement en faveur de la paix dans les zones de conflit, soient mal effectués. On pourrait même croire qu'au fond nous manquerions de toute légitimité pour intervenir non pas avec des armées, mais avec la bonne volonté d'établir le dialogue entre les parties. Je n'aimerais quand même pas que l'on pense que notre rôle devrait se limiter à celui de coffre-fort du monde et que nous devrions nous désintéresser de tout ce qui se passe dans ce monde.
La Commission de politique extérieure, par exemple, s'est occupée d'une affaire concernant la Colombie: l'affaire Gontard, comme on l'a baptisée, que nous avons examinée avec soin. Nous avons entendu Monsieur Gontard, et je dois vous dire - c'est en tout cas mon opinion - qu'il nous a fait une excellente impression. Il ne faudrait quand même pas oublier - et ce sont des faits - que Monsieur Gontard a contribué à sauver des vies humaines en Colombie et que cette activité a toujours été connue du gouvernement colombien, qui l'a acceptée, voire sollicitée. D'autre part, non seulement l'activité du professeur Gontard a toujours été connue des autorités suisses, mais elle a également été coordonnée avec le Département fédéral des affaires étrangères.
Si tout à coup la Colombie, après la libération de Madame Betancourt, a changé son fusil d'épaule, ce n'est la faute ni de la Suisse ni du professeur Gontard. Quand Monsieur Gontard a quitté la Colombie, c'était par hasard le jour de la libération de Madame Betancourt. Le ministre des affaires étrangères qui était alors en charge est allé à l'aéroport et a donné l'accolade à Monsieur Gontard en le remerciant pour son engagement.
J'ai eu l'occasion, dans différents pays, d'entendre des diplomates étrangers dire à quel point ils appréciaient l'oeuvre discrète, souvent difficile mais parfois efficace, de la diplomatie suisse. Ils apprécient les bons offices de la Suisse, le fait qu'elle établisse des contacts entre les deux parties.
A ma connaissance, ces bons offices et ces contacts n'ont jamais eu lieu sans que les gouvernements intéressés en aient été informés et aient donné leur accord.
Peut-être que des erreurs ont été faites, mais si on ne fait rien, on ne fait pas d'erreur. Je crois qu'il est juste de souligner aussi le travail remarquable qui a été fait par nos diplomates et d'autres personnes que notre diplomatie a engagées.