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Cramer Robert · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2008-12-16

Wortprotokoll

La meilleure énergie, c'est celle que l'on n'utilise pas. Excusez-moi de rappeler cette évidence qui est à la base de toute politique de l'énergie, mais la frilosité de la réponse du Conseil fédéral à la motion m'y invite.

Il faut redire inlassablement qu'à la base de toute politique de l'énergie, il y a tout d'abord les économies d'énergie, ou, pour utiliser l'expression désormais consacrée, l'efficacité énergétique. En d'autres termes, ce n'est qu'après s'être assuré que l'on a pris toutes les mesures utiles pour éviter d'avoir à consommer de l'énergie que l'on s'y résout. Et lorsqu'il faut consommer de l'énergie parce qu'on ne peut pas faire autrement, il convient bien sûr de se tourner prioritairement vers les énergies renouvelables: hydraulique, solaire thermique s'agissant de la production de chaleur - on y reviendra plus tard dans cette matinée -, ou photovoltaïque pour la production d'électricité, éolienne, biomasse, géothermie.

Ces principes très simples sont au centre de la législation et il est regrettable qu'ils soient appliqués avec autant de timidité. Et lorsque l'on sait que le gaspillage d'énergie causé par les seuls stand-by, soit par les appareils en mode de veille, équivaut d'après certains calculs à la production d'une petite centrale nucléaire comme celle de Mühleberg, on ne peut qu'être indigné par le fait qu'aucune législation n'interdit que de tels appareils soient mis sur le marché. Interdire les stand-by n'implique aucune modification de confort ou d'habitudes pour l'utilisateur. Cela est même avantageux puisque la facture d'électricité des ménages s'en trouve considérablement réduite. Alors, qu'attend-on?

De même, la consommation des appareils électroménagers les plus gourmands en énergie représente aussi, d'après les mêmes calculs, l'équivalent de la production de Mühleberg. Dans le même temps, ils sont très coûteux pour les consommateurs puisque l'économie qui a pu être réalisée au moment de l'achat de ces appareils mal conçus est très largement compensée par les surcoûts engendrés par la surconsommation d'énergie.

Voici donc des mesures simples: interdiction ou limitation des stand-by et interdiction des appareils électroménagers énergivores. Ces deux mesures auraient déjà dû être prises il y a longtemps si l'on s'était soucié réellement de l'indépendance énergétique de notre pays et aussi des conséquences environnementales du gaspillage que nous faisons de cette énergie précieuse qu'est l'électricité. Mais le Conseil fédéral nous dit, paradoxalement, que s'il aurait été judicieux d'édicter des prescriptions en 2006 déjà, aujourd'hui il est urgent d'attendre! Cette argumentation est tout simplement incompréhensible.

Voilà pourquoi il est urgent de transmettre la motion de la CEATE-CN au Conseil fédéral en espérant qu'elle sera mise en oeuvre très rapidement, ce d'autant que la motion ne porte pas uniquement sur les appareils produits en série, dont j'ai largement parlé, mais aussi sur les installations et les véhicules. Et ici, c'est tout le problème de notre dépendance aux énergies fossiles qui est posé.