Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-03-02
Wortprotokoll
Le groupe socialiste votera contre l'amendement de la minorité qui propose de biffer la possibilité pour la Confédération de financer des actions de lutte contre l'illettrisme.
Permettez-moi d'annoncer mes intérêts: je préside l'Association "Lire et écrire" de Suisse romande, qui lutte contre l'illettrisme.
Sur le fond d'abord, une étude a chiffré, pour la première fois en 2007, les méfaits de l'illettrisme en Suisse. Ce sont environ 800 000 personnes qui ont des problèmes de lecture et d'écriture dans notre pays. Cela pose évidemment de graves problèmes à ces personnes. D'abord d'un point de vue privé, puisque savoir lire et écrire empêche de devoir dépendre de tierces personnes, savoir lire et écrire, c'est une garantie de dignité, d'autonomie et d'indépendance.
D'un point de vue professionnel ensuite, cette même étude a démontré que les personnes touchées par l'illettrisme ont deux fois plus de chance de se retrouver au chômage que les autres personnes actives. Ce phénomène coûte à l'Etat plus d'un milliard de francs. Il ne fait pas de doute que ce phénomène doit être combattu. Aujourd'hui, cela se fait de manière extrêmement disparate: certains cantons s'engagent fortement et d'autres laissent la résolution de ce problème aux associations privées. Or il est inscrit dans la Constitution que la formation est de la compétence de l'Etat. La Confédération soutient d'ailleurs les organismes s'occupant de cette problématique. L'article 13, avec sa formule potestative, a toute sa place dans le présent projet de loi sur l'encouragement de la culture.
Sur la forme ensuite, la minorité estime que ce n'est pas la bonne loi pour introduire des normes de lutte contre l'illettrisme, or un pan important de la culture ne peut s'appréhender sans les compétences de base que sont la lecture et l'écriture. Laissons de côté toute la littérature, puisque le lien est évident, mais le théâtre, c'est avant tout une pièce écrite qui prend forme. Une exposition de photos s'accompagne bien souvent d'une "contextualisation" de la forme et du fond.
Le lien entre culture et lutte contre l'illettrisme est évident. Certains voudraient voir ces normes attendre la loi sur la formation continue; or cette loi n'est pour l'heure qu'une bonne intention: le rapport est encore dans les limbes et il n'a pas encore vu le jour. En attendant, il est impératif que ces normes, répondant encore une fois à des normes constitutionnelles, fassent partie de cette loi. Des hommes et des femmes courageux qui essaient de s'en sortir comptent sur nous.
C'est pour toutes ces raisons que le groupe socialiste vous demande de rejeter la proposition de la minorité Pfister Theophil.