Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-03-12
Wortprotokoll
Je crois que l'essentiel a été dit sur cette initiative populaire. Toutefois, j'ai relevé certains arguments dans la discussion que je voudrais réfuter au nom de la commission.
Lorsqu'il est intervenu pour défendre la proposition de la minorité, Monsieur Lang a évoqué un certain nombre d'éléments. Vous savez que Monsieur Lang est président du Groupement pour une Suisse sans armée. Il est donc évident qu'il s'attaque systématiquement à ce qui concerne l'armée, c'est une logique qui est compréhensible de sa part. Quand on veut abattre son chien, on dit qu'il a la rage: il est donc évident que tout ce qui concerne notre armée est inadmissible à son point de vue. Lundi, Monsieur Lang dit qu'il faut une armée sans avions; mardi, qu'il faut une armée sans armes; mercredi, qu'il faut une armée sans missions; et jeudi, que l'armée ne sert plus à rien puisqu'il n'y a plus ni matériel ni missions. (Hilarité)
Plusieurs intervenants ont pris l'exemple du Pakistan et d'un certain nombre d'autres pays vers lesquels des armes ont été exportées. Je dois vous dire que je suis très sensible à la question de savoir si l'ancien matériel de l'armée suisse qui est exporté sert à tuer des gens. Si c'était le cas, on pourrait dire que cette initiative a un certain sens, mais ce n'est pas le cas. Il faut savoir que l'exportation de matériel de guerre - Madame la conseillère fédérale l'a rappelé tout à l'heure - est soumise à des règles très strictes en Suisse.
Beaucoup d'entre vous ont parlé des missions de paix. Mais justement! Le matériel militaire exporté peut aussi servir la cause de la paix. Je prends l'exemple du Pakistan qui a été donné plusieurs fois. Ainsi, le matériel vendu au Pakistan sera mis à disposition de l'ONU, et les troupes de l'ONU ne sont pas des troupes qui font la guerre: elles sont là pour maintenir la paix, comme vous le savez. Il en est de même dans d'autres cas, comme les véhicules qui ont été vendus à la république de Sierra Leone, au Liberia, au Congo, au Burundi et plus tard au Soudan.
Tout ce matériel militaire vendu est mis à disposition des troupes de l'ONU qui jouent un rôle particulièrement important pour empêcher la reprise des conflits. On doit pouvoir contribuer à assurer la sécurité des troupes de l'ONU, ce qui va quand même dans le sens du maintien de la paix et de la stabilité dans des pays où une guerre a lieu. C'est la raison pour laquelle l'exportation de ce matériel est autorisée; et il n'est pas utilisé pour imposer la paix.
Concernant l'emploi, il est facile de dire qu'il faut reconvertir nos usines d'armement et qu'il y a dix ans pour le faire. On a même évoqué la possibilité pour une usine de produire pour l'armée suisse dans une partie de ses locaux et d'être reconvertie dans l'autre partie. En matière de rentabilité économique, on ne peut pas agir ainsi: ou bien une usine d'armement produit de l'armement ou bien elle n'en produit plus du tout. Et si elle n'en produit plus du tout, alors notre armée suisse sera à nouveau totalement dépendante de l'étranger pour l'acquisition de son matériel militaire.
S'il arrive que, dans une période, la tension monte sur le plan international, il est évident que les productions étrangères vont d'abord être achetées par les armées nationales des pays producteurs avant d'être exportées en Suisse. Nous mettons en danger l'approvisionnement en matériel de guerre de notre armée, donc notre propre sécurité.
En conclusion, le matériel militaire qui est exporté sert à assurer la sécurité dans les pays où il est exporté; en règle générale, il sert à équiper les troupes de l'ONU.
Je vous demande donc de soutenir la majorité de la commission qui recommande au peuple de refuser cette initiative.