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Cornu Jean-Claude · Ständerat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2000-12-05

Wortprotokoll

Je peux partager les réserves de certains, notamment des membres de la Commission des finances, par rapport à la procédure budgétaire qui consiste en l'occurrence à venir demander au dernier moment une rallonge du budget de plusieurs dizaines de milliers de francs, alors qu'une analyse fondée de la situation n'est plus possible, que ce soit par la commission concernée, que ce soit par la Commission des finances. Où va-t-on si de tels procédés deviennent la règle? A cet égard, je pense que l'on peut donner un mauvais point à ceux qui sont à l'origine de ce débat et de cette proposition qui a pour l'instant, néanmoins, abouti au niveau du Conseil national.

Sur le fond, par contre, je suis beaucoup plus complaisant et ouvert.

Ces dernières années, l'accent a été mis, à l'égard des hautes écoles, des écoles polytechniques fédérales, des universités, des hautes écoles spécialisées, sur le plan législatif, sur le plan du cadre qui est fixé à ces établissements, afin qu'ils dynamisent leurs efforts en matière de recherche, en partenariat avec l'économie. D'un autre côté, on a lancé une vaste offensive en faveur de la recherche fondamentale qui, elle, est moins susceptible d'être soutenue, d'être accompagnée par l'économie. On a lancé donc une vaste offensive à l'égard de ces mêmes hautes écoles qui a abouti - Mme Berger l'a dit - à plus de 200 lettres d'intention, 84 projets, dont finalement 34 ont été retenus dans un premier temps et 18 qui ont passé l'examen final - si j'ose m'exprimer ainsi. Malheureusement, on n'avait initialement prévu les moyens financiers que pour une dizaine de projets, dans le souci de préserver - comme il se doit - les finances fédérales et la politique budgétaire assez stricte et assez sévère que nous défendons. Mais selon l'avis des comités de sélection, au moins 18 projets méritent finalement d'être soutenus parce qu'ils sont d'un intérêt exceptionnel. Combien de fois n'a-t-on pas entendu dans notre Chambre, dans nos commissions, dans nos groupes, dans nos discours les plus enflammés, que l'avenir de la Suisse réside dans sa capacité de se maintenir au top dans les domaines de pointe, d'être au sommet dans la formation de nos générations présentes et à venir? Combien de fois ne déplore-t-on pas dans ces mêmes milieux la fuite des cerveaux vers l'étranger, la difficulté d'intéresser des chercheurs, des enseignants de haut niveau à venir en Suisse? Je pense donc qu'il faut être conséquent relativement à nos programmes et à nos discours et que nous devons saisir l'opportunité de soutenir ces projets de recherche hautement intéressants, mais, qui plus est, constitueront un signal très positif pour l'avenir.

Je ne vois pas l'intérêt qu'il y a, si sur le fond nous sommes convaincus, à faire une navette au Conseil national. Les réflexions que nous n'avons pas pu faire ces trois ou cinq jours derniers, nous ne serons pas plus capables de les faire dans les trois ou cinq jours à venir. En l'espèce, il ne s'agit pas, selon moi, d'une dépense, il s'agit très clairement d'un investissement. Dès lors, si nous devons et voulons être prudents en matière de dépenses, soyons en même temps engagés en matière d'investissements. Aussi, malgré que le procédé ne soit pas des plus orthodoxes, concentrons-nous sur la finalité de cette opération et soutenons-la dès notre vote d'aujourd'hui.