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Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · 2009-05-26

Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2009-05-26

Wortprotokoll

La situation au Sri Lanka a radicalement changé ces derniers jours. Selon les indications du gouvernement, toute la direction du LTTE aurait été tuée. Le président sri lankais a déclaré mardi dernier que la guerre était terminée.

La Suisse et plusieurs autres Etats avaient auparavant demandé à plusieurs reprises un cessez-le-feu et appelé les belligérants à suspendre les hostilités avec effet immédiat. Ces efforts sont malheureusement, comme vous le savez, restés stériles. Les combats très violents qui ont eu lieu dans le nord du Sri Lanka ont eu des conséquences dramatiques pour la population civile. Plusieurs milliers de personnes ont perdu la vie et le CICR a parlé d'une catastrophe humanitaire d'une ampleur inimaginable. Je déplore que ce conflit, qui est vieux de plusieurs décennies, ait dû causer la perte d'innombrables vies humaines et priver des dizaines de milliers de déplacés internes de leurs moyens d'existence. Ces opérations ont en effet provoqué un énorme déplacement de réfugiés. Les Nations Unies ont d'ores et déjà enregistré quelque 270 000 déplacés internes, et on estime qu'il y a encore entre 30 000 et 50 000 personnes qui sont sur la route.

Le Conseil fédéral estime qu'il faut de toute urgence protéger les populations civiles et donner aux organisations humanitaires un accès humanitaire immédiat et sans entrave. Pour cette raison, la Suisse s'est activement employée sur place à faire parvenir les biens de première nécessité aux [PAGE 313] personnes déplacées à Vanni, à assurer leur sécurité et à rouvrir l'accès des organisations d'aide internationale jusqu'à elles.

Cette situation dramatique a conduit l'aide humanitaire suisse à promettre 1 million de francs en plus des 4,8 millions de francs de budget ordinaire pour l'assistance aux populations affectées par le conflit au Sri Lanka. La Suisse fournit ainsi un appui en ressources financières et humaines, Monsieur Reimann, à des programmes de secours d'urgence du Comité international de la Croix-Rouge, du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et du Programme alimentaire mondial et nous finançons les soins médicaux donnés aux victimes du conflit qui ont été évacuées et aux déplacés internes.

Je crois donc que l'on peut dire que nous satisfaisons à votre demande de fournir aussi l'aide humanitaire par l'intermédiaire d'organisations internationales.

J'aborde un deuxième point: le conflit a donné lieu à de nombreuses violations du droit international humanitaire, et la Suisse a constamment demandé aux parties d'y mettre fin. C'est pourquoi nous avons soutenu une session spéciale du Conseil des droits humains à Genève sur le Sri Lanka.

Ensuite, concernant les journalistes, la diffusion d'une information indépendante est toujours impossible au Sri Lanka. Souvent les journalistes étrangers se voient refuser un visa d'entrée et plusieurs parmi eux ont été expulsés. La Suisse est intervenue à plusieurs reprises. Nous avons accueilli plusieurs défenseurs des droits de l'homme et des journalistes menacés et nous leur avons donné l'asile.

Concernant la solution politique, le Conseil fédéral est convaincu qu'à moyen terme, seule une solution politique permettra de régler ce conflit. Pour cette raison, nous souhaitons une politique qui apporte une paix durable au Sri Lanka. Nous avons invité, le 19 mai dernier, toutes les parties concernées à s'abstenir d'incitations à la haine et à oeuvrer à la réconciliation par des mesures unilatérales ou mutuellement convenues. Nous avons demandé à toutes les parties, à tous les groupes en présence ainsi qu'aux membres de la diaspora de travailler à la réconciliation et à un règlement durable par la voie d'un dialogue politique dans un esprit d'ouverture et de coopération avec les institutions internationales. La Suisse a réitéré son offre de bons offices, comme elle l'avait fait pour les pourparlers de paix qui s'étaient tenus en février et en octobre 2006 à Genève - vous les avez évoqués, Madame Sommaruga.

Dans le cadre de l'aide humanitaire, de la protection humanitaire et du dialogue politique, nous restons disposés à jouer un rôle actif dans l'optique d'une réconciliation, dans l'optique aussi d'une élaboration de solutions institutionnelles pour protéger les minorités et pour aller dans le sens d'une décentralisation. Dans ces domaines, le Conseil fédéral s'est efforcé de contribuer sans relâche à l'amélioration de la situation au Sri Lanka et nous entendons poursuivre nos efforts, bien sûr aussi pour la raison que vous avez mentionnée, Monsieur Stähelin, à savoir la forte présence de la diaspora tamoule en Suisse. Nous demeurons convaincus qu'une amélioration rapide et durable de la situation au Sri Lanka est nécessaire à la sauvegarde de la Suisse en matière de développement, de migration et de sécurité internationale.

Le Conseil fédéral vous propose d'accepter la motion, d'autant plus volontiers qu'il s'est engagé dans la voie proposée par les motionnaires.