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Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2009-06-04

Wortprotokoll

Monsieur Bürgi a dit quelque chose de très juste. Il ne faut pas exagérer la portée de ce débat. J'aurais été tenté de demander à Monsieur Gutzwiller de nous dire quelle est pour lui la définition des buts stratégiques: quels buts stratégiques faut-il envisager concrètement?

Je vais vous dire ce que nous pensons être un but stratégique. Cela consisterait par exemple, après avoir discuté - comme l'a dit Monsieur Bürgi - avec le Conseil de fondation, à proposer au Parlement des buts stratégiques pour Pro Helvetia en même temps que le crédit, en disant: "On demande à Pro Helvetia, au vu de l'évolution de l'atmosphère dans ce pays, de renforcer la communication entre les différentes régions linguistiques de Suisse et de renforcer l'effort [PAGE 503] de connaissance mutuelle en matière culturelle dans ce pays."

Cela, c'est un but stratégique qui a un certain caractère politique. Il ne correspond pas, je pense, à une vision culturelle élitaire qui amènerait à dire: "Ce qu'on doit produire ici, c'est uniquement des oeuvres qui sont reconnues à New York, à Paris ou à Berlin, dans les grandes capitales." Certes, vous devez peut-être faire cela, mais vous ne devez pas oublier l'aspect élitaire, parce qu'on voit que les communautés helvétiques s'éloignent les unes des autres et qu'on court ainsi le danger de ne pas accomplir assez d'efforts dans ce domaine-là. Je vous demande de faire un effort supplémentaire dans ce domaine; c'est un but stratégique légitime. Mais il n'est pas nécessairement celui qui est poursuivi par les spécialistes de la culture internationale que sont les représentants de Pro Helvetia.

Il y a quelques années, on était intervenu auprès de Pro Helvetia pour lui demander - voilà qui serait aussi un but stratégique! - de réduire les coûts de personnel. Il faut savoir que les coûts de personnel de Pro Helvetia sont assez importants. Cela ne constitue pas en soi un fait scandaleux, mais il y a quand même des limites. Ces coûts représentaient près de 40 à 45 pour cent de la subvention de la Confédération.

On a dit que l'on faisait un effort, c'est-à-dire baisser les coûts de personnel. C'est Madame Jaggi qui, en son temps, avait entrepris cela. On a fait un grand effort et aujourd'hui on est à, sauf erreur, 33 pour cent des frais de fonctionnement chez Pro Helvetia. Entre parenthèses, à l'Office fédéral de la culture, on est à 16 pour cent des coûts de personnel. 33 pour cent pour Pro Helvetia, 16 pour cent pour l'Office fédéral de la culture, c'est dire qu'il faut discuter longuement sur l'efficacité relative des différents organismes. Mais le fait de dire qu'il nous semble que la subvention de la Confédération doit être davantage affectée aux artistes est un but stratégique.

C'est ce que l'on a fait, et Pro Helvetia, à la suite de l'ordre donné par le Conseil fédéral appuyé par le Parlement, a réorganisé son système, a réussi à baisser ses coûts de fonctionnement. Je ne dis pas que la pente conduit inévitablement à l'extension des coûts, mais tout le monde sait que dans un organisme lié intensément aux milieux culturels, il peut se créer à terme des cordées qui bénéficient plus de la répartition des fonds parce qu'elles sont proches de tel ou tel représentant, de telle ou telle organisation culturelle, ce qui, finalement, peut donner le sentiment que cette répartition n'est pas très juste. C'est pour cela qu'il est bon qu'un organisme extérieur, une fois tous les quatre ans, après avoir consulté Pro Helvetia et après avoir proposé des buts stratégiques au Parlement, décide de ces buts. Cela nous paraît relever du bon sens. Monsieur Stadler disait tout à l'heure que c'était de la bonne gouvernance. Je crois que dans la mesure où l'on n'intervient pas dans les décisions de détail - et personne ne veut intervenir dans les décisions de détail -, dans la mesure où l'on fixe simplement les objectifs à long terme - et en cela je partage l'avis de Monsieur Stadler -, c'est vraiment de la compétence du Conseil fédéral après avoir entendu Pro Helvetia.