Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2009-09-07
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2009-09-07
Wortprotokoll
Ce projet s'inscrit dans la logique de l'élargissement de l'Union européenne. En termes d'accès à de nouveaux marchés, la Suisse profite de cet élargissement sur les plans économiques et culturels en application des accords bilatéraux. Vu ce qui a déjà été accordé, il n'y a aucune raison que la Bulgarie et la Roumanie soient traitées différemment par rapport aux pays qui ont adhéré à l'Union européenne auparavant. L'élargissement de l'Union européenne à l'Est et, plus spécialement, l'intégration de la Bulgarie et de la Roumanie sont dans l'intérêt de la Suisse. L'intérêt de notre pays est politique en termes de stabilité du continent européen et de sécurité sur celui-ci; il est aussi économique puisque cet élargissement favorisera le développement des échanges économiques ou autres.
On oublie souvent deux éléments de ce débat, c'est que, par ces crédits, nous avons tout intérêt à essayer de contribuer à l'augmentation du pouvoir d'achat dans ces pays: d'une part, cela leur permettra de nous acheter davantage de produits et de services - et je suis très à l'aise pour le dire comme socialiste et comme syndicaliste -, d'autre part, cela réduira les risques de dumping salarial et de sous-enchère salariale en Suisse et dans d'autres pays d'Europe occidentale. A terme, les citoyens de ces pays seront moins tentés de venir en Suisse ou dans d'autres pays d'Europe occidentale, et ce n'est pas une attitude xénophobe que de prétendre cela. Je n'ai rien contre le fait que les ressortissants de ces pays viennent chez nous, mais je crois qu'il faut admettre que le déplacement, pour des raisons d'emploi, de milliers, voire de dizaines de milliers de personnes n'est pas un objectif en soi. D'ailleurs, je crois que dans cette salle personne ne serait heureux d'être contraint à se déplacer dans un autre pays pour y trouver un emploi.
Face à tous ces enjeux, mais aussi par rapport au montant versé par la Norvège, le crédit proposé de 257 millions de francs me paraît relativement modeste, et je vous invite à entrer en matière sur ce projet et à l'adopter avec, en complément, la proposition de la minorité Fehr Hans-Jürg relative aux conditions de vie des Roms.
Je précise encore qu'une fois de plus, l'UDC veut nous faire croire que la Suisse et le monde s'arrêtent au Säntis et au Cervin. Pour ma part, je préfère cet autre slogan: "Rasez les Alpes, qu'on voie la mer!" Mais, trêve de plaisanterie, il y a encore quelque chose de plus grave dans l'attitude politique de l'UDC, à savoir qu'en dernière analyse, cette contribution n'est finalement que la conséquence des accords bilatéraux. Or c'est vous, Mesdames et Messieurs de l'UDC, qui avez voulu ces accords bilatéraux. Aujourd'hui, force est de constater que vous reniez votre propre politique.
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