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Décision

AC.2019.0033

CDAP - AC.2019.0033 - 2019-03-22 - A._____/Municipalité de Corseaux, B.__, C._____

22 mars 2019Français8 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A.

Le "A.________ " occupe le bâtiment ECA 26a, situé sur la

parcelle 284 de la Commune de Corseaux, propriété d'B.________ et de C.________.

Le 4 décembre 2018, la Commission de salubrité communale

a procédé à une visite du bâtiment précité, en présence de représentants du "A.________

". Un rapport de visite a été établi le 10 décembre 2018 par le Bureau

technique intercommunal (BTI).

Par décision du 17 janvier 2019, adressée en recommandé

au collectif, avec copie aux propriétaires, la Municipalité de Corseaux a

retiré le permis d'habiter le bâtiment ECA 26a. La décision précisait qu'au vu

du rapport précité et des risques d'incendie et d'intoxication, en particulier

au monoxyde de carbone, le bâtiment devait être considéré comme dangereux. Elle

ajoutait qu'il appartenait aux occupants des locaux de prendre sans délai

toutes les mesures nécessaires afin d'évacuer les lieux.

B.

Agissant le 29 janvier 2019 en son nom, le "A.________ " a déféré

cette décision à la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal

(CDAP). Il s'opposait à évacuer les lieux sans délai, estimant que les sources

de dangers pouvaient aisément être supprimées et le bâtiment remis en état de

salubrité et de sécurité. A cet égard, il s'engageait à prendre de suite les

mesures nécessaires, qu'il détaillait. Le recours ne mentionnait aucun nom de

personne physique ni morale et portait à son pied une unique signature, anonyme

et non identifiable.

Par accusé de réception du 30 janvier 2019, expédié

en recommandé au "A.________ ", la juge instructrice a invité celui-ci

à verser une avance de frais dans un délai au 19 février 2019. L'accusé de réception

enjoignait en outre le "A.________ " à, en substance, préciser sa

nature et attester les pouvoirs de représentation conférés au signataire du

recours.

Le "A.________ " a versé l'avance de frais

dans le délai fixé, mais n'a pas réagi pour le surplus.

Par avis du 26 février 2019, expédié en recommandé

au "A.________ ", la juge instructrice a constaté que celui-ci ne

s'était pas exprimé dans le délai imparti. Elle lui a fixé un ultime délai au

12 mars 2019 pour indiquer l'identité de l'auteur de la signature apposée au

pied du recours, indiquer l'identité de la totalité des membres du "A.________

" et démontrer, par exemple en fournissant une copie du recours

contresignée par la totalité des membres du "A.________ ", que

l'auteur de la signature apposée au pied du recours était légitimé à recourir

au nom du "A.________ ". L'avis précisait qu'à défaut de réponse dans

le délai fixé, il serait statué en l'état du dossier. Ledit courrier recommandé

est revenu en retour au tribunal, l'enveloppe portant la mention, vraisemblablement

apposée par la poste, "manque d'infos du destinataire".

Le 4 mars 2019, la juge instructrice a tenté de

réexpédier en recommandé l'avis du 26 février 2019, en précisant que le délai

fixé au 12 mars 2019 était prolongé au 18 mars suivant. Ce courrier a derechef

été renvoyé au tribunal.

Le 8 mars 2019, une personne déclarant, sans

décliner son identité, agir au nom du "A.________ ", a appelé le

greffe du tribunal pour l'aviser que le "A.________ " souhaitait que

les avis lui soient communiqués en courrier A, sinon qu'il puisse les collecter

lui-même au guichet de la cour. Le 11 mars 2019, la messagère du "A.________

" a rappelé le greffe, lequel l'a informée que le tribunal admettait la

seconde modalité proposée, à condition cependant qu'une pièce d'identité soit

fournie. En réponse, la messagère a déclaré, toujours par téléphone, que le

"A.________ " préférait en définitive trouver un arrangement avec la

poste lui permettant de recevoir les recommandés.

A ce jour, le tribunal est sans nouvelle du "A.________

".

Considérants

1.

Selon l'art. 75 de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure

administrative (LPA-VD; BLV 173.36), a qualité pour former recours toute

personne physique ou morale ayant pris part à la procédure devant l'autorité précédente

ou ayant été privée de la possibilité de le faire, qui est atteinte par la décision

attaquée et qui dispose d'un intérêt digne de protection à ce qu'elle soit

annulée ou modifiée (let. a), ainsi que toute autre personne ou autorité qu'une

loi autorise à recourir (let. b). L'art. 79 LPA-VD précise que l'acte de

recours doit être signé et indiquer les conclusions et motifs du recours.

D'après la jurisprudence, l'autorité de recours doit

pouvoir s'assurer sans difficulté et de manière certaine du cercle des

personnes physiques ou des personnes morales qui ont déposé un recours dans le

délai prescrit. Ainsi, un recours ne saurait être valablement déposé au nom

d'un groupe défini de manière vague ("au nom des voisins du

constructeur", par exemple). En définitive, l'élément décisif est que le

groupe des recourants soit clairement circonscrit (cf. CDAP AC.1994.0245 du 1er

novembre 1996 consid. 1a; CDAP AC.1990.7553 du 12 décembre 1991 consid. 1, in:

RDAF 1992 p. 203; voir aussi CDAP AC.2001.0188 du 22 mai 2002 consid. 1a; CDAP AC.1997.0012

du 25 novembre 1997 consid. 1; CDAP AC.1993.0115 du 15 octobre 1993 consid. 1a;

CDAP AC.1991.0139 du 1er juin 1992 consid. 1).

2.

En l'occurrence, la lecture du recours, déposé au nom d'une communauté appelée

"A.________ ", ne permet pas de déceler la forme sous laquelle ce

groupe est constitué, ni l'identité de ses membres, pas même celle de l'auteur

de la signature illisible apposée au pied du mémoire.

a) Les avis des 26 février et 4 mars 2019 expédiés

en recommandé, enjoignant le "A.________ " à fournir, au plus tard le

18.

mars 2019, les renseignements nécessaires à son identification, n'ont pas

été reçus par le "A.________ ", contrairement à la décision attaquée ainsi

qu'à l'accusé de réception, pourtant expédiés également en recommandé à la même

adresse.

Selon la jurisprudence, celui qui se sait partie à

une procédure judiciaire et qui doit dès lors s'attendre à recevoir

notification d'actes du juge, est tenu de relever son courrier ou, s'il

s'absente de son domicile, de prendre des dispositions pour que celui-ci lui

parvienne néanmoins; à ce défaut, il est réputé avoir eu, à l'échéance du délai

de garde, connaissance du contenu des plis recommandés que le juge lui adresse

(ATF 139 IV 228 consid. 1.1; ATF 138 III 225 consid. 3.1; ATF 130 III 396

consid. 1.2.3). Cette jurisprudence doit être appliquée ici par analogie: il

appartenait au "A.________ " de procéder aux ajustements nécessaires

pour communiquer avec la Cour de céans, devant laquelle il avait lui-même

recouru, comme il l'avait du reste lui-même indiqué au greffe du tribunal par

téléphone du 11 mars 2019. Le "A.________ " n'ayant pas mis en œuvre

le canal de notification voulu, il est réputé avoir eu connaissance des avis transmis,

notamment du délai fixé au 18 mars 2019.

Dans ces conditions, le délai précité étant échu

sans que les renseignements requis n'aient été fournis, il convient de statuer

en l'état du dossier, conformément à la commination mentionnée sur les avis

précités.

b) Comme exposé ci-dessus, l'identité du ou des

recourants demeure celée à ce jour, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'entrer en

matière sur le recours.

3.

Vu ce qui précède, le recours est manifestement irrecevable, ce qui peut

être constaté par un juge unique (cf. art. 94 al. 1 let. d LPA-VD), selon la

procédure de jugement immédiat (cf. art. 82 LPA-VD).

Au vu des circonstances, l'on renoncera à prélever

un émolument judicaire. Il n'y a pas lieu d'allouer de dépens.

Par

ces motifs

le juge unique de la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est irrecevable.

II.

Il n'est pas perçu d'émolument judiciaire.

III.

Il n'est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 22 mars 2019

La présidente:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000

Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des

articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS

173.

), le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss

LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.