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Décision

AC.2021.0271

CDAP - AC.2021.0271 - 2022-05-30 - A._____ /Municipalité de Montreux, Direction générale du territoire et du logement, B.__, C._____

30 mai 2022Français19 min

I.

Source vd.ch

TRIBUNAL CANTONAL

COUR DE DROIT ADMINISTRATIF ET PUBLIC

Arrêt du 30 mai 2022

Composition

M. André Jomini, président; M. Philippe Grandgirard et M.

Jean-Marie Marlétaz, assesseurs; Mme Marlène Antonioli, greffière.

Recourant

A.________, à ********, représenté

par Me Jean-Daniel THERAULAZ, avocat à Lausanne,

Autorité intimée

Municipalité de Montreux, à

Montreux,

Autorité concernée

Direction générale du territoire et

du logement, à Lausanne,

Propriétaires

B.________

et C._______, à ********, représentés par Me Denis

SULLIGER, avocat à Vevey,

Objet

Recours A._______ c/ décision de la Municipalité de Montreux

du 28 juin 2021 autorisant l'aménagement d'une plateforme avec garde-corps

sur la parcelle n° 31, propriété de B._______ et C._______ (CAMAC 196512).

Vu les faits suivants:

A.

B._______ et C._______ sont propriétaires de la parcelle no

31 du registre foncier, sur le territoire de la commune de Montreux. D'une

surface de 286 m2, cette parcelle est occupée par une habitation

(surface au sol: 97 m2), le solde étant en nature de place-jardin.

La parcelle est longée sur son côté nord par la

route communale dénommée "Côte-de-Pallens" (DP8). La maison est

construite dans la partie supérieure de la parcelle, directement au bord de la

route.

B.

La parcelle no 31 fait partie d'un compartiment de terrain

classé en zone de village selon le plan de zones de la commune entré en vigueur

le 15 décembre 1972 (ci-après: PGA 1972). Un nouveau plan général d'affectation

(PGA) a été établi, que le conseil communal a adopté (projet initial puis modifications)

le 4 septembre 2014 puis le 12 octobre 2016. Le département cantonal chargé de

l'aménagement du territoire a rendu des décisions d'approbation préalable du

nouveau PGA les 10 juin 2015 et 10 janvier 2017. Dans ce plan, la parcelle no

31 est classée en zone à bâtir (zone village). Les décisions d'adoption et d'approbation

préalable du nouveau PGA ont fait l'objet de plusieurs recours au Tribunal cantonal

puis au Tribunal fédéral. Après les arrêts de la Cour de droit administratif et

public – mais avant que le Tribunal fédéral ne statue -, le nouveau PGA a été mis

en vigueur par le département cantonal dans les parties de la localité qui

n'étaient pas directement visées par les recours au Tribunal fédéral, notamment

dans le secteur où se trouve la parcelle no 31.

Par un arrêt du 16 avril 2020 (1C_632/2018,

ATF 146 II 289), le Tribunal fédéral a en substance annulé les décisions

d'adoption et d'approbation préalable du nouveau PGA.

C.

En mars 2019 – soit à une période où le nouveau PGA était en vigueur

s'agissant de la parcelle no 31 -, B._______ et C._______ ont entrepris,

sans avoir demandé préalablement une autorisation, certains travaux dans l'espace

situé entre l'angle nord de leur maison et l'angle nord de leur parcelle. Ils

ont ainsi scié une partie de l'avant-toit de leur bâtiment, avec l'intention

d'aménager une plateforme au bord de la route destinée à servir de place de

stationnement pour leur voiture qui est un modèle Smart dont la longueur est inférieure

à 2 m 70 et la largeur à 1 m 70.

Le 13 mars 2019, l'administration communale a demandé

à B._______ et C._______ d'interrompre les travaux en cours et de déposer une

demande de permis de construire.

Le 11 juin 2019, B._______ et C._______ ont demandé

un permis de construire portant sur l'aménagement d'une plateforme avec

garde-corps et la modification de l'angle de l'avant-toit de leur bâtiment.

Mis à l'enquête publique du 14 août au 12 septembre 2019,

ce projet a suscité l'opposition de A.________ propriétaire des parcelles nos

29 et 30, adjacentes au côté nord-ouest de la parcelle no 31.

Le 18 octobre 2019, la Municipalité de Montreux (ci-après:

la municipalité) a délivré à B._______ et C._______ un permis de construire

pour la modification de l'angle de l'avant-toit. Elle a en revanche refusé d'autoriser

l'aménagement d'une plateforme avec garde-corps, au motif que la création d'une

place de stationnement était interdite dans la zone village.

Le 5 novembre 2019, B._______ et C._______ ont recouru

devant la Cour de droit administratif et public (CDAP) contre cette décision en

concluant à l'octroi du permis de construire une plateforme avec garde-corps

sur leur parcelle (cause AC.2019.0345). Après l'arrêt du Tribunal fédéral du 16

avril 2020 (cf. let. B supra), les propriétaires ont indiqué qu'ils

allaient soumettre un nouveau dossier à la municipalité (cf. infra, let.

D). La cause pendante devant la CDAP a été suspendue puis le recours a été

retiré (la cause a été rayée du rôle le 3 septembre 2021).

D.

Le 27 juillet 2020, B._______ et C._______ ont déposé une nouvelle

demande de permis de construire portant sur l'aménagement d'une plateforme pouvant

accueillir un véhicule de dimensions modestes avec un garde-corps et

modification de l'angle de l'avant-toit. Selon les plans de l'architecte du 15

juillet 2020, la plateforme aura une forme trapézoïdale avec, à l'endroit prévu

pour stationner le véhicule, une largeur minimale de 2 m 04 (près du

garde-corps) et une longueur de 3 m 20; le projet consiste ainsi à allonger de 60

cm l'espace bétonné actuel, en supprimant un muret existant.

Mis à l'enquête publique du 6 février au 8 mars

2021, ce nouveau projet a suscité l'opposition de A._______.

Le dossier a été soumis aux services

concernés de l'administration cantonale. Les autorisations spéciales requises

ont été délivrées et regroupées dans la synthèse CAMAC n°196513 du 1er

avril 2021. Une de ces autorisations a été délivrée par la Direction générale

du territoire et du logement (DGTL), avec la motivation suivante:

"Suite à l'arrêt du

Tribunal fédéral du 16 avril 2020, la parcelle n° 31 est située à l'intérieur

d'un territoire non planifié. Selon l'article 36 alinéa 3 LAT, tant que le plan

d'affectation n'a pas délimité des zones à bâtir, est réputée zone à bâtir provisoire

la partie de l'agglomération qui est déjà largement bâtie, sauf disposition

contraire du droit cantonal.

En l'occurrence, nous constatons que la parcelle

n° 31 est insérée dans le tissu bâti existant. Il est ainsi considéré que le

projet est situé à l'intérieur de la zone à bâtir provisoire de la commune de

Montreux selon l'article 36 alinéa 3 LAT. A l'intérieur de la zone à bâtir

provisoire, une autorisation de notre direction générale est nécessaire pour

tous les travaux de construction ou transformation selon l'article 135 LATC.

Constatant que le projet est localisé à l'intérieur

de la zone à bâtir provisoire au sens de l'article 36 LAT, notre direction délivre

l'autorisation requise (art. 135 LATC) pour la réalisation des travaux projetés,

sous réserve de l'examen par la Municipalité relatif à la réglementation communale

applicable.

Ayant pris connaissance du résultat de

l'enquête et de l'opposition formulée, notre direction constate que cette

dernière n'a pas d'incidence sur sa décision. Il appartiendra à la Municipalité

de statuer sur l'opposition transmise."

Le 28 juin 2021, la municipalité a levé l'opposition

et délivré le permis de construire sollicité.

E.

Le 30 août 2021, A._______ a recouru contre cette décision devant la

CDAP. Il conclut à l'annulation de la décision attaquée, le permis de construire

sollicité étant refusé.

Dans leurs réponses respectives du 28 septembre

2021, B._______ et C._______ d'une part, et la DGTL, d'autre part, concluent au

rejet du recours.

Dans sa réponse du 29 octobre 2021, la municipalité

conclut également au rejet du recours.

Le recourant a répliqué le 2 décembre 2021.

F.

Le 11 avril 2022, le tribunal a procédé à une inspection locale.

Considérant en droit:

1.

La décision par laquelle une municipalité lève les oppositions à un projet

et délivre le permis de construire peut faire l'objet d'un recours de droit

administratif au sens des art. 92 ss de la loi du 28 octobre 2008 sur la procédure

administrative (LPA-VD; BLV 173.36). La qualité pour recourir est définie à l'art.

75 LPA-VD (par renvoi de l'art. 99 LPA-VD): selon la lettre a de cet article, elle

est reconnue à toute personne ayant pris part à la procédure devant l'autorité

précédente, qui est atteinte par la décision et qui dispose d'un intérêt digne

de protection à ce qu'elle soit annulée ou modifiée. Le propriétaire d'un bien-fonds

directement voisin, qui a formé opposition lors de l'enquête publique, a en

principe qualité pour recourir lorsqu'il critique notamment les dimensions ou

les effets de la construction projetée (cf. notamment arrêt CDAP AC.2020.0291

du 17 février 2022 consid. 1). Le recourant remplit ces conditions. Le recours

a été déposé en temps utile (art. 95 LPA-VD) et il respecte les exigences

légales de motivation (art. 79 LPA-VD, par renvoi de l'art. 99 LPA-VD). Il

y a donc lieu d'entrer en matière.

2.

La modification de l'avant-toit - qui a déjà été réalisée – a été régularisée

par le permis de construire du 18 octobre 2019, qui est entré en force. Le recours

du 5 novembre 2019 (AC.2019.0345) ne demandait en effet pas l'annulation de

cette décision. En l'état, seul demeure litigieux l'aménagement de la plateforme

destinée à servir de place de stationnement.

3.

Le recourant reproche à la DGTL de ne pas avoir procédé à un examen plus

détaillé du projet avant de délivrer son autorisation spéciale fondée sur

l'art. 135 al. 4 de la loi du 4 décembre 1985 sur l'aménagement du

territoire et les constructions (LATC; BLV 700.11).

Après l'arrêt du Tribunal fédéral du 16 avril 2020,

les autorités chargées de l'aménagement du territoire, de la commune et du

canton, considèrent que le quartier dans lequel se trouve la parcelle n° 31,

dans la vieille ville au-dessus de la gare, n'est plus régi par un plan d'affectation

conforme à la LAT car le PGA de 1972 a été établi selon l'ancien droit, à

savoir avant l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur l'aménagement du

territoire (LAT; RS 700) le 1er janvier 1980; un nouveau plan

conforme à la LAT n'a en effet pas été établi dans le délai de huit ans, dès

cette date (cf. art. 35 al. 1 let. b LAT). En l'état, les autorités communales

sont en train d'élaborer un nouveau plan d'affectation communal et elles

retiennent que le régime provisoire de l'art. 36 al. 3 LAT est applicable dans

le quartier en question ("Tant que le plan d’affectation n’a pas

délimité des zones à bâtir, est réputée zone à bâtir provisoire la partie de

l’agglomération qui est déjà largement bâtie"). Dans cette "zone

à bâtir provisoire" – dénommée "périmètre de localité" dans les dispositions

transitoires et finales de la LATC (art. 135 LATC) –, l'octroi d'un permis de

construire par la municipalité doit être précédé d'une autorisation spéciale du

département chargé de l'aménagement du territoire; l'art. 135 al. 4 LATC prévoit

que "cette autorisation n'est délivrée que si le projet est compatible

avec les exigences majeures de l'aménagement du territoire".

En l'occurrence, il n'est pas contesté que la parcelle

n° 31 fait partie du périmètre de localité. L'autorisation spéciale de la DGTL,

qui laisse la municipalité se prononcer sur l'application des règles de police

des constructions, pouvait être délivrée sans examen plus approfondi, car la

création de la plateforme litigieuse est à l'évidence compatible avec les exigences

majeures de l'aménagement du territoire. La DGTL n'a donc pas violé le droit

cantonal ou fédéral.

Dans ce contexte, il a y encore lieu de relever que

l'adoption par les autorités communales de zones réservées (cf. art. 27 LAT,

art. 46 LATC), en lien avec l'établissement du nouveau plan d'affectation communal,

n'empêche pas la création d'une place de stationnement sur la parcelle n° 31,

assimilée à une dépendance de peu d'importance (cette parcelle est incluse dans

la zone no 3 du plan des zones réservées, mis à l'enquête publique en

avril 2021 et adopté par le conseil communal le 2 mars 2022 – cf. www.montreux.ch/travaux-et-urbanisme/

urbanisme/zones-reservees).

4.

Le recourant fait valoir que la création de cette place de parc en

bordure d'une route exiguë doit être interdite pour des raisons de sécurité. Il

estime que l'espace créé ne serait pas suffisant pour y stationner un véhicule,

même de petites dimensions.

a) L'art. 32 de la loi du 10 décembre 1991 sur les

routes (LRou; BLV 725.01) prévoit que l'aménagement d'un accès privé à une route

communale est soumis à une autorisation délivrée par la municipalité (al. 1).

Il s'agit en l'occurrence d'une composante du permis de construire. Selon

l'art. 32 al. 2 LRou, l'autorisation n'est donnée que si l'accès est indispensable

pour les besoins du fonds, s'il correspond à l'usage commun de la route, en

particulier s'il n'en résulte pas d'inconvénient pour la fluidité ou la sécurité

du trafic, et si l'accès envisagé s'intègre à l'aménagement du territoire et à

l'environnement. Il convient de prendre en considération, dans l'interprétation

des exigences de l'art. 32 al. 2 LRou, la garantie constitutionnelle de la

propriété. Le refus d'aménager un accès constitue une restriction à l'usage du

droit de propriété garanti par l'art. 26 Cst.. Le refus d'autoriser un accès doit

donc, en vertu de l'art. 36 al. 2 et al. 3 Cst., être justifié par un intérêt

public et proportionnée au but visé (AC.2020.0115 du 27 janvier 2021; AC.2018.0403

du 26 juin 2019 consid. 2b). L'intérêt du propriétaire foncier doit

généralement être mis en balance avec l'intérêt à garantir la sécurité du

trafic (et des piétons); dans cette pesée des intérêts, la municipalité jouit

d'un important pouvoir d'appréciation (AC.2020.0291 du 17 février 2022 consid.14d;

AC.2020.0115 du 27 janvier 2021).

b) Dans le cas particulier, en répondant aux

arguments du recourant, la municipalité relève que la création de la place de

stationnement litigieuse, comportant l'aménagement d'un nouvel accès privé à

une route communale (puisque, actuellement, il n'est pas possible de pénétrer

sur la parcelle avec un véhicule), respecte les normes de l'Union des professionnels

suisses de la route (normes VSS), en particulier la norme 40 273a ("Carrefours,

conditions de visibilité", étant précisé qu'un accès riverain est

assimilé à un carrefour, quant aux exigences de la sécurité routière – cf.

norme VSS 40 050). A ce propos, cette autorité explique que la norme impose une

visibilité suffisante au sortir de l'espace de stationnement, en se plaçant à

la hauteur des yeux du conducteur. Les vérifications effectuées sur place par

le service technique communal ont permis de constater qu'avec la déclivité de

la rue, la visibilité était assurée de manière suffisante au sortir de la

plateforme (réponse, p. 4). Il a été constaté, lors de l'inspection locale, que

la route communale "Côte-de-Pallens" était étroite et raide (pente effective

de 23,5% à la hauteur de la place de stationnement prévue) et que la conduite

d'un véhicule automobile sur le tronçon menant au hameau du Chêne, en contrebas

(quelques dizaines de mètres), ne pouvait se faire qu'à vitesse réduite, donc

en principe sans danger pour les piétons empruntant également ce tronçon. Comme

la Côte-de-Pallens ne peut pas être utilisée comme voie de transit à cause

d'une barrière – que les services d'urgence peuvent cependant ouvrir en cas

d'intervention –, la probabilité que deux véhicules se trouvent simultanément

sur le court tronçon menant à la plateforme litigieuse, est très faible, étant

précisé que les seules places de stationnement aménagées en amont sont celles

de la villa du recourant. Il convient encore de noter qu'il est prévu d'engager

le petit véhicule en marche arrière sur la plateforme, de sorte que la sortie

s'effectue en marche avant, manœuvre plus favorable du point de vue de la

sécurité du trafic ou des piétons. Cela étant, les rues de ce quartier de la

ville de Montreux sont généralement étroites et en pente, imposant aux

conducteurs une vitesse modérée et une prudence particulière, propre à garantir

une sécurité suffisante; le tronçon litigieux ne présente pas de risques spécifiques.

Le recourant, qui se borne en définitive à des considérations générales sur la

sécurité du trafic, ne présente pas d'arguments concluants à l'encontre de

l'appréciation de la municipalité.

c) Par ailleurs, une place de stationnement doit être

conçue et aménagée de manière à ne présenter aucun danger pour les usagers.

C'est une exigence générale pour toutes les constructions et installations, qui

est prescrite à l'art. 24 al. 1 du règlement d'application du 19 septembre 1986

de la LATC (RLATC; BLV 700.11.1; AC.2014.0320 du 18 septembre 2015 consid. 4). On

peut se référer, à ce propos, à la norme VSS 40 291a intitulée "Stationnement,

Dispositions et géométrie des installations de stationnement" (version

2019); elle admet les cases de stationnement spéciales pour petits véhicules

(dimensions: 2.80 m/2.10 m – cf. chiffre 14 et tableau 6 p. 15). Le projet

litigieux est conçu pour le stationnement d'une Smart, avec une longueur d'environ

2.30 m et une largeur d'environ 1.70 m. Ce véhicule est figuré sur le plan

d'exécution: on constate que la plateforme est bien dimensionnée pour ce petit

véhicule, avec une longueur de 3 m et une largeur d'environ 2 m à l'arrière

(près du garde-corps), et d'au moins 2.40 m ensuite. Pour la municipalité, ces

dimensions correspondent globalement aux prescriptions de la norme VSS précitée.

Cela permet quoi qu'il soit des manœuvres, de parcage et de sortie, sans

risques pour les autres usagers de la route communale, singulièrement pour le

recourant. Au surplus, le véhicule garé n'empiète pas sur le domaine public et

il ne rend pas plus difficile le passage d'autres automobiles. L'octroi du

permis de construire résulte d'un exercice correct du pouvoir d'appréciation de

la municipalité. Les griefs du recours sont donc mal fondés.

5.

Le recourant fait valoir que l'aménagement litigieux ne serait pas

réalisable sans empiétement sur sa parcelle.

Les plans sur la base desquels le permis de

construire a été délivré ne figurent aucun empiètement. Il ressort d'un rapport

du bureau d'ingénieurs D._______ que le projet, qui consiste à aménager la

plateforme sous la forme d'un dallage en béton avec son extrémité sud-ouest en

porte-à-faux de 60 cm par rapport au parapet existant, est réalisable sans

qu'aucun élément ne prenne appui sur le sol de la parcelle du recourant. Par

ailleurs, cet aménagement est prévu à 1.10 m environ en dessous de la partie

sommitale du mur construit en limite de la parcelle du recourant, à côté de ses

deux places de stationnement. Il est bien prévu de le réaliser uniquement sur

la parcelle n° 31.

On peut cependant déduire de ce grief que le

recourant craint devoir subir des inconvénients à cause de la proximité de la

nouvelle place de stationnement, contiguë aux aménagements réalisés sur sa

propriété, en limite de parcelle. Sous l'angle du droit public des

constructions, cette question doit être examinée en fonction de ce que prévoit

l'art. 39 RLATC, s'agissant des constructions ou des installations réalisées dans

les espaces réglementaires entre bâtiments et limites de propriété. Cette règle

du droit cantonal permet la réalisation de dépendances de peu d'importance

(art. 39 al. 1 et 2 RLATC); elle est également valable pour d'autres ouvrages

que des dépendances proprement dites: murs de soutènement, clôtures, places de

stationnement à l'air libre notamment (art. 39 al. 3 RLATC). L'art. 39 al. 4

RLATC dispose que ces constructions ne peuvent être autorisées que pour autant

qu'elles n'entraînent aucun préjudice pour les voisins. Cette clause doit être

interprétée en ce sens que l'aménagement concerné ne doit pas entraîner des

nuisances qui ne seraient pas supportables sans sacrifices excessifs. L’autorité

doit procéder à une pesée des intérêts en présence, en comparant d’une part

l'intérêt des voisins à être préservés des nuisances ou inconvénients et, d’autre

part, l'intérêt du constructeur à pouvoir réaliser un ouvrage admissible en

tant que dépendance; la notion de gêne supportable doit donc s’apprécier en

fonction des circonstances concrètes de chaque cas particulier, notamment de la

situation des différents propriétaires touchés par rapport à l'ouvrage projeté

et de l'intensité des nuisances qui peuvent en résulter (AC.2021.0190 du 8 mars

2022).

En l'occurrence, on ne voit pas quel préjudice le

recourant subirait après la création de la place de stationnement. A cause de

la configuration des lieux (pente, esplanade au sud-est du la villa du recourant,

dominant la place de stationnement), ce nouvel aménagement serait à peine

visible et les nuisances provenant des manœuvres de parcage occasionnelles

seraient en définitive insignifiantes. La municipalité n'a dès lors pas fait un

mauvais usage de son pouvoir d'appréciation, dans la pesée des intérêts

prescrite par l'art. 39 RLATC, en considérant que l'intérêt privé des constructeurs

à pouvoir disposer de cette place de stationnement l'emporte sur l'intérêt privé

du propriétaire voisin.

6.

Il résulte des considérants qui précèdent que le recours, entièrement

mal fondé, doit être rejeté, ce qui entraîne la confirmation de la décision attaquée.

Le recourant, qui succombe, doit supporter les frais

de justice (art. 49 LPA-VD). Les constructeurs, représentés par un avocat, ont droit

à des dépens, à la charge du recourant (art. 55 LPA-VD). La commune, ayant

procédé sans l'assistance d'un mandataire, n'a pas droit à des dépens.

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

Faits

I.

Le recours est rejeté.

Considérants

II.

La décision de la Municipalité de Montreux du 28 juin 2021 est

confirmée.

III.

Un émolument judiciaire de 2'500 (deux mille cinq cents) francs est mis

à la charge de A._______.

IV.

Une indemnité de 2'000 (deux mille) francs, à payer à B._______ et C._______,

créanciers solidaires, à titre de dépens, est mise à la charge de A._______.

Lausanne, le 30 mai 2022

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral (Tribunal fédéral suisse, 1000

Lausanne 14). Le recours en matière de droit public s'exerce aux conditions des

articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110),

le recours constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le

mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle, indiquer les

conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les motifs

doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les pièces

invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour autant

qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision attaquée.