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Décision

BO.2002.0203

TA - BO.2002.0203 - 2003-07-01 - c/OCBEA

1 juillet 2003Français7 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A. X.________,

ressortissant tunisien, né le 5 janvier 1974, est au bénéfice d'une

autorisation de séjour valable jusqu'au 17 septembre 2003; il a

présenté une demande de bourse le 7 octobre 2002 pour suivre la

première année de l'Ecole de traduction et d'interprétation à l'Université de

Genève. Par décision du 13 novembre 2002, l'office lui a alloué une

bourse de 12'600 francs pour la période du 15 octobre 2002 au

15 octobre 2003.

B. X.________ s'est pourvu

contre cette décision par acte du 21 novembre 2002. En substance, il

fait valoir que le montant qui lui a été accordé ne couvre pas le minimum vital

prévu par les normes de l'aide sociale vaudoise (ci-après : ASV) et ne lui

permet pas de vivre étant donné qu'il n'a aucune ressource personnelle.

L'intéressé ajoute que, dans l'attente de la décision de la Cour de céans, il

est assisté par l'association vaudoise pour l'intégration des réfugiés et

exilés (ci‑après : AVIRE), laquelle estime que l'ASV n'a pas à se

substituer à d'autres sources de revenus possibles, dans son cas une bourse

couvrant ses besoins vitaux. En conclusion, X.________ réclame le versement

d'une allocation complémentaire lui permettant de couvrir le minimum vital.

C. Dans sa réponse,

l'office conclut au rejet du recours en relevant notamment que la bourse

maximum, sur douze mois, d'un requérant financièrement dépendant et majeur ne

peut excéder le montant de 12'600 fr.

X.________ n'a pas

déposé de mémoire complémentaire dans le délai qui lui avait été imparti à cet

effet, ni ultérieurement d'ailleurs.

Il a par contre

effectué en temps utile l'avance de frais qui lui avait été demandée.

D. Le Tribunal administratif

a statué par voie de circulation.

Considérants

1.

Déposé en temps utile,

le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du

18.

décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Il

y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

Toute personne

remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de

l'Etat pour la poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour

l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité

et de domicile d'une part, des conditions financières d'autre part. Les

conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du

11.

septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle

(LAE), exprimé à son article 2 : "Le soutien de l'Etat est destiné à

compléter celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que

ce soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le

principe de la responsabilité de la famille. La nécessité et la mesure de ce

soutien dépendent des moyens financiers dont le requérant et ses père et mère

disposent (art. 14 al. 1 LAE). Il n'est fait abstraction de la situation

financière des parents que si, depuis dix-huit mois au moins, le requérant

majeur est domicilié dans le canton de Vaud et s'y est rendu financièrement

indépendant ou si d'autres personnes que ses parents subviennent à son

entretien (art. 14 al. 2 et 12 ch. 1 et 2 LAE). Est réputé financièrement

indépendant le requérant âgé de moins de vingt-cinq ans qui a exercé une

activité lucrative continue, en principe pendant dix-huit mois immédiatement

avant le début des études ou de la formation pour lesquelles il demande l'aide

de l'Etat (art. 12 ch. 2, deuxième phrase, LAE). En l'espèce, l'office a admis

que le recourant était financièrement dépendant. Il n'y a pas lieu de s'écarter

de cette appréciation qui est fondée et non contestée.

3.

La bourse à laquelle le

recourant a droit doit suffire à couvrir ses frais de formation et d'entretien,

sans intervention de l'aide sociale. Cette dernière n'a pas à être accordée

lorsque l'aide à la formation professionnelle se révèle incomplète ou qu'elle

n'intervient pas au vu de la situation financière de l'intéressé ou de sa

famille. Ce n'est en effet pas la vocation de l'aide sociale de corriger une

réglementation insuffisante des frais de formation (arrêt TA du 1er avril 2003

BO 2002/0111 et les références citées).

En l'espèce, il

résulte du dossier que les parents du recourant, domiciliés en Tunisie, ne sont

visiblement pas en mesure de l'assister financièrement. Le recourant a donc

droit à la prise en charge de l'ensemble de ses frais d'études, que l'office a

fixé à 2'500 fr. (cf. procès-verbal de calculation du 11 novembre 2002).

Le tribunal ne voit aucun motif de s'écarter de ce montant qui n'a par ailleurs

pas été contesté par l'intéressé.

4.

Le recourant peut

également prétendre, en sus de la prise en charge de ses frais d'études, à une

allocation complémentaire (art. 11a al. 2 RAE), qui doit être calculée en

faisant abstraction du montant maximum fixé par le Conseil d'Etat sur la base

de l'art. 11a al. 3 RAE. Cette limite a en effet été jugée contraire à la loi

(arrêt TA BO 2002/0081 et les références citées).

L'allocation

complémentaire a pour fonction de couvrir les dépenses d'entretien et de

logement que le requérant n'est pas en mesure d'assumer. Il ne s'agit pas de

permettre à ce dernier de vivre confortablement ou de réaliser des économies,

mais bien de lui assurer la couverture de ses besoins vitaux (arrêt BO

2002/0081 précité). Il convient de se référer par analogie au régime applicable

au bénéficiaire de l'aide sociale (arrêts TA BO 2002/0081 et BO 2000/0130). Le

document intitulé "Recueil d'application de l'aide sociale vaudoise"

contient un barème des normes ASV 2002 qui fixe à 1'110 fr. le forfait mensuel

pour une personne seule, auquel il convient d'ajouter le loyer effectif jusqu'à

concurrence de 650 fr. pour une personne seule également.

En l'occurrence, le

recourant loue un appartement dont le loyer s'élève à 600 fr. En tenant compte

de ce loyer, on obtient une allocation complémentaire de 1'710 fr. par mois

(1'110 + 600), soit 20'520 fr. pour douze mois.

5.

Il résulte des calculs

qui précèdent que le recourant a droit à une bourse de 23'020 fr. (20'520 +

2'500) pour l'année universitaire 2002/2003. Le recours doit dès lors être

admis et la décision litigieuse réformée dans cette mesure. En outre, le

présent arrêt sera rendu sans frais, l'avance effectuée par le recourant lui

étant restituée.

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I. Le recours est

admis.

II. La décision de

l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du

13 novembre 2002 est réformée en ce sens qu'une bourse de

23'020 fr. (vingt trois mille vingt francs) est allouée à X.________ pour

la période courant du 15 octobre 2002 au 15 octobre 2003.

III. Le présent

arrêt est rendu sans frais, l'avance de 100 (cent) francs effectuée par

X.________ lui étant restituée.

jc/Lausanne, le 1er juillet 2003

Le président: Le

greffier:

Le présent arrêt est notifié aux

destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.

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