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Décision

BO.2003.0157

TA - BO.2003.0157 - 2004-05-04 - c/OCBEA

4 mai 2004Français9 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A. A. X.________, né le 31

mai 1978, a débuté en octobre 1998 des études à l'Université de Lausanne (UNIL)

en vue d'obtenir une licence en sciences politiques.

B. Le 17 octobre 2003,

l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage (l'office) lui a

refusé une bourse pour sa quatrième année d'études, soit pour la période du 15

octobre 2003 au 15 octobre 2004, en motivant sa décision comme suit :

"La capacité

financière de votre famille dépasse les normes fixées par le barème (LAE art.

14 et 16), même en tenant compte de la diminution de revenu de votre

père."

C. Contre cette décision,

A. X.________, représenté par son père B. X.________, a formé un recours posté

le 11 novembre 2003. Il conclut implicitement à ce qu'une bourse lui soit

allouée pour l'année académique 2003-2004.

Dans sa réponse du 4

décembre 2003, l'office, après un calcul détaillé, conclut au rejet du recours

et au maintien de sa décision.

Le recourant a renoncé

à déposer un mémoire complémentaire.

Considérants

1.

Déposé en temps utile,

le recours satisfait aux conditions formelles énoncées à l'art. 31 de la loi du

18.

décembre 1989 sur la juridiction et la procédure administratives (LJPA). Il

y a donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

Toute personne

remplissant les conditions fixées par la loi a droit au soutien financier de

l'Etat pour la poursuite d'études ou d'une formation professionnelle. Pour

l'essentiel, ces conditions sont de deux ordres : des conditions de nationalité

et de domicile d'une part, des conditions financières d'autre part. Les

conditions financières reposent sur l'un des principes cardinaux de la loi du

11.

septembre 1973 sur l'aide aux études et à la formation professionnelle

(LAE), exprimé à son article 2 : "Le soutien de l'Etat est destiné à compléter

celui de la famille, au besoin à y suppléer". C'est dire que ce

soutien a un caractère subsidiaire. Le législateur a voulu maintenir le

principe de la responsabilité de la famille. La nécessité et la mesure du

soutien à accorder dépendent donc des moyens financiers dont le requérant et

ses père et mère (les parents) disposent pour assumer les frais d'études, de

formation et d'entretien du requérant. Toutefois, la capacité financière des

personnes autres que les parents qui subviennent à l'entretien du requérant et

celle du requérant lui-même sont seules prises en considération dans les cas

prévus à l'art. 12 ch. 1 et 2 (art. 14 al. 1 et 2 LAE), soit si d'autres

personnes domiciliées dans le canton de Vaud subviennent à l'entretien du

requérant (art. 12 ch. 1) ou si, depuis dix-huit mois au moins, le requérant

majeur est domicilié dans le canton de Vaud et s'y est rendu financièrement

indépendant (ch. 2).

Etant donné qu'A.

X.________ n'a pas exercé d'activité lucrative pendant dix-huit mois au moins avant

le début de la formation pour laquelle il demande l'aide de l'Etat, il ne s'est

pas rendu financièrement indépendant au sens de l'art. 12 ch. 2 LAE. Dans ces

circonstances, la nécessité et la mesure du soutien à lui accorder dépendent

exclusivement des moyens financiers dont ses parents disposent pour assumer ses

frais d'études, de formation et d'entretien (art. 14 al. 1 LAE).

3.

Selon l'art. 16 LAE

entrent en ligne de compte pour l'évaluation de la capacité financière les

charges, à savoir les dépenses d'entretien et de logement (ch. 1), les

ressources, soit le revenu net admis par la commission d'impôt (ch. 2 lit. a),

la fortune, dans la mesure où elle dépasse le but d'une juste prévoyance et si

par son mode d'investissement, le capital peut supporter en faveur du requérant

des prélèvements qui ne portent pas un préjudice sensible à l'activité

économique de la famille (ch. 2 lit. b), et l'aide financière accordée par

toute institution publique ou privée (ch. 2 lit. c).

Aux termes de l'art.

18.

LAE, les "charges sont calculées selon un barème des charges

normales, compte tenu de la composition de la famille et du nombre et de l'âge

des enfants. Ce barème, établi et périodiquement adapté par la Commission

cantonale des bourses d'études, doit être approuvé par le Conseil d'Etat.".

En fait, depuis la modification du règlement d'application de la LAE (RAE) le

10.

juillet 1996, les charges normales sont fixées par l'art. 8 al. 2 RAE. Elles

"correspondent aux frais mensuels minimum d'une famille pour l'alimentation,

le loyer, les services industriels, l'équipement, le ménage, l'habillement, les

assurances, le dentiste, les impôts, les loisirs, les divers. Elles s'élèvent à

:

Fr. 3'100.- pour deux parents

Fr. 2'500.- pour un parent

auxquels s'ajoutent, par enfant à charge

Fr. 700.- pour un enfant mineur

Fr. 800.- pour un

enfant majeur".

Ainsi, les charges

retenues pour l'allocation d'une bourse sont préétablies; elles ne varient pas

en fonction des dépenses effectives de la famille, ce qui garantit l'égalité de

traitement des requérants.

Pour le calcul du coût

des études, sont prises en considération toutes les dépenses qu'elles

nécessitent, y compris celles qui résultent de la distance entre le domicile et

le lieu des études (art. 19 LAE). Les éléments constituant le coût des études

sont : (a) les écolages et les diverses taxes scolaires, (b) les fournitures

(manuels, instruments, matériel) indispensables à la poursuite normale des

études, (c) les vêtements de travail spéciaux, (d) les frais de déplacement du

domicile au lieu de travail ou d'études et vice versa, calculés selon le tarif

le plus économique ou, le cas échéant, les frais de logement hors de la

famille, (e) les frais de repas si la distance entre le domicile et le lieu de

travail ou d'études ou les exigences des horaires le justifient. Les frais

mentionnés à la lettre (a) sont comptés dans le coût des études selon les

tarifs des établissements de formation. Les frais mentionnés aux lettres (b) à

(e) font l'objet d'un forfait selon le barème et les directives pour

l'attribution des bourses d'études approuvées par le Conseil d'Etat le 4 mars

1998.

(ci-après : barème). Ils sont comptés pour onze mois pour les

apprentissages et dix mois pour les gymnases, écoles assimilées et autres

écoles (art. 12 RAE).

Le soutien de l'Etat

est accordé quand les charges, augmentées du coût des études du requérant,

excèdent le revenu (art. 20 LAE).

4.

En l'occurrence, les

frais d'études du recourant établis par l'office s'élèvent à 5'520 francs

(écolage, inscription : 820 fr.; manuels, matériel, outils : 1'500 fr.; frais

de transport : 1'200 fr.; repas de midi : 2'000 fr.). Les montants retenus par

l'office sont conformes aux art. 19 LAE et 12 RAE, ainsi qu'au barème. Ils ne

sont pas contestés par le recourant. Au surplus, le logement séparé que le

recourant a pris à Y.________ ne répond pas à une nécessité, mais relève de la

convenance personnelle; les frais supplémentaires qui en découlent ne peuvent

par conséquent être retenus.

Le revenu familial

déterminant (capacité financière) est constitué en règle générale du chiffre 20

(moyenne des revenus nets des deux années précédentes) de la dernière

déclaration d'impôt des recourants admis par la commission d'impôt (art. 10 al.

1.

RAE). Dans le cas d'espèce, le père du recourant étant au chômage, l'office a

procédé à un calcul analogue à celui des autorités fiscales afin de déterminer

le revenu net, qu'il a fixé à 108'800 francs par an; ce montant n'a pas été

contesté par le recourant. Il convient d'ajouter à ces 108'800 francs la part

de la fortune familiale à prendre en compte conformément à l'art. 10 al. 2 RAE,

soit en l'occurrence 19'880 francs; ce montant n'a pas non plus été contesté

par le recourant. Le revenu déterminant s'élève ainsi à 128'680 francs (108'800

+ 19'880) par an, arrondi à 128'600, soit 10'716 francs par mois.

On déduit ensuite du

revenu les charges normales qui s'élèvent à 3'100 francs pour deux parents,

auxquelles s'ajoutent 800 francs par enfant majeur à charge (art. 8 al. 2 RAE).

En l'espèce, elles s'élèvent donc à 4'700 francs (3'100 + [2 x 800]). Compte

tenu de ces charges, l'excédent de revenu dont dispose la famille du recourant

est de 6'016 francs (10'716 – 4'700). Réparti en six parts, dont deux pour le

recourant (art. 11 RAE), cet excédent permet d'affecter à ses frais d'études la

somme annuelle de 24'063 francs ({[6'016 : 6] x 2} x 12). Cette part de

l'excédent du revenu familial afférente au recourant étant largement supérieure

au coût de ses études (5'520 fr.), aucune bourse ne peut lui être allouée (art.

20.

LAE a contrario et 11a RAE).

Pour justifier ses

frais d'études et d'entretien, le recourant se réfère à un article paru dans le

journal "Migros", dans lequel figurait le budget minimal d'un

étudiant à Genève. Sans doute la loi présente-t-elle dans la définition des

conditions financières donnant droit à la bourse un certain schématisme. Quoi

qu'on puisse en penser du point de vue du droit désirable, ce schématisme a

cependant été clairement voulu par le législateur; le tribunal de céans ne peut

que s'y conformer.

5.

Conformément à l'art.

55.

LJPA, il y a lieu de mettre un émolument de justice à la charge du recourant

débouté.

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I. Le recours est

rejeté.

II. La décision de

l'Office cantonal des bourses d'études et d'apprentissage du 17 octobre 2003

est confirmée.

III. Un émolument

de de 100 (cent) est mis à la charge du recourant.

IV. Il n'est pas

alloué de dépens.

Lausanne, le 4 mai 2004

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est notifié aux

destinataires de l'avis d'envoi ci-joint.