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Décision

CR.2001.0220

TA - CR.2001.0220 - 2001-09-28 - c/ SA

28 septembre 2001Français10 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A. X.________, né en 1951,

est titulaire d'un permis de conduire pour voitures depuis 1977. Elle a fait

l'objet d'un retrait de son permis de conduire d'une durée de cinq mois, du 27

juin 1998 au 26 novembre 1998, en raison d'une ivresse au volant (1,95 gr. ‰),

commise le 27 juin 1998 à ************.

B. Le 4 août 2000, à 14h45,

X.________ a circulé sur l'autoroute A12, à la hauteur de la localité de

Vuadens, en direction de Bulle, à une vitesse de 163 km/h, marge de sécurité

déduite, commettant ainsi un excès de vitesse de 43 km/h.

Par préavis du 12

septembre 2000, le Service des automobiles a informé l'intéressée qu'il allait

certainement ordonner à son encontre une mesure de retrait du permis de

conduire d'une durée de sept mois, ainsi que l'obligation de participer à un

cours d'éducation routière et l'a invitée à faire valoir ses éventuelles

observations sur la mesure envisagée.

Par ordonnance du 11

octobre 2000, le juge d'instruction du Canton de Fribourg a condamné l'intéressée

à une amende de 600 francs pour violation grave des règles de la circulation,

soit excès de vitesse.

Le 25 octobre 2000,

X.________ a été entendue par le Service des automobiles et a déclaré être

disposée à suivre le cours d'éducation routière.

C. Après avoir reçu, en

date du 9 mai 2001, une copie de la décision pénale du 11 octobre 2000 portant

la mention "définitive et exécutoire", le Service des automobiles a

ordonné, par décision du 5 juin 2001, le retrait du permis de conduire de l'intéressée

pour une durée de six mois, dès le 16 juillet 2001, ainsi que l'obligation de

suivre un cours d'éducation routière.

D. Contre cette décision,

X.________ a déposé un recours en date du 21 juin 2001. Elle fait valoir

qu'elle a retrouvé un emploi à Genève et qu'un retrait de son permis de

conduire signifierait la fin de sa carrière professionnelle et demande le

report de l'exécution de la mesure au mois de janvier 2002 afin de lui

permettre de stabiliser sa situation. En annexe à son recours, il produit des

lettres adressées au juge d'instruction du Canton de Fribourg dont il ressort

que, le jour de l'infraction, elle a été prise de vomissements au volant et

qu'elle a accéléré pour se rendre à la prochaine aire de repos afin de se

soulager.

Le 26 juin 2001, soit dans

le délai de recours, X.________ a complété son recours en demandant également

la réduction de la durée du retrait ordonné à son encontre.

La recourante a été

mise au bénéfice de l'effet suspensif et a effectué une avance de frais de 600

francs.

Par décision du 28

juin 2001, le Service des automobiles s'est référé aux considérants de sa

décision, mais a accepté d'octroyer à la recourante un délai au 15 octobre 2001

pour le dépôt de son permis de conduire.

Invitée par le

tribunal à indiquer si, au vu de la modification de la décision attaquée, elle

entendait retirer son recours, la recourante n'a pas réagi.

Par lettre du 16

juillet 2001, le tribunal a informé que son recours paraissait manifestement

mal fondé et que son dossier serait transmis sans autre mesure d'instruction à

la section du tribunal qui rendrait un arrêt sur le fond.

Par lettre du 9 août

2001, la recourante a fait valoir que la maladie dont elle souffrait à l'époque

de l'infraction (vomissements très fréquents et incontrôlables suite à une

opération de l'estomac) constituait un cas de force majeure dont il fallait

tenir compte dans l'appréciation de son cas.

Les parties n'ayant

pas requis la fixation d'une audience, le tribunal a délibéré à huis clos et

décidé de rendre le présent arrêt.

Considérants

1.

Selon l'art. 16 al. 2

LCR, le permis de conduire peut être retiré au conducteur qui, par des

infractions aux règles de la circulation, a compromis la sécurité de la route

ou incommodé le public. Un simple avertissement pourra être donné dans les cas

de peu de gravité. Aux termes de l'art. 16 al. 3 lit. a LCR, le permis de

conduire doit être retiré si le conducteur a compromis gravement la sécurité de

la route. En outre, un retrait de permis obligatoire au sens de l'art. 16 al. 3

lit. a LCR présuppose, outre une mise en danger grave, la commission d'une

faute grave (ATF 105 Ib 118, JT 1979 I 404). Selon la jurisprudence, l'art. 16

al. 3 LCR a la même portée que l'art. 90 ch. 2 LCR, qui punit de

l'emprisonnement ou de l'amende celui qui, par une violation grave des règles

de la circulation, aura créé un sérieux danger pour la sécurité d'autrui ou en

aura pris le risque (ATF 120 Ib 286).

Selon la jurisprudence

du Tribunal fédéral, un dépassement de la vitesse maximale autorisée sur l'autoroute

de plus de 35 km/h constitue une violation grave des règles de la circulation

et entraîne un retrait obligatoire du permis de conduire (ATF 123 II 106; ATF

124.

II 97).

En l'espèce, la

recourante, qui ne conteste pas les faits, a commis un excès de vitesse de 43

km/h sur l'autoroute, de sorte que, selon la jurisprudence précitée, elle doit

faire l'objet d'un retrait obligatoire de son permis de conduire, fondé sur

l'art. 16 al. 3 lit. a LCR.

2.

Il convient toutefois

d'examiner si les circonstances particulières alléguées par la recourante

constituent un état de nécessité pouvant l'exonérer de toute peine. Selon

l'art. 34 ch. 1 CP, n'est pas punissable l'acte commis pour préserver d'un

danger imminent et impossible à détourner autrement un bien appartenant à

l'auteur de l'acte, notamment la vie, l'intégrité corporelle, la liberté,

l'honneur, le patrimoine.

En l'espèce, les

vomissements incontrôlables dont a souffert la recourante étaient certes très

incommodants, mais ne représentaient à aucun moment un danger imminent pour sa

vie ou son intégrité corporelle; par ailleurs, la recourante aurait dû

s'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute pour se soulager,

plutôt que de commettre un grave excès de vitesse pour se rendre sur la prochaine

aire de repos. Les conditions de réalisation de l'état de nécessité au sens de

l'art. 34 CP n'étant ainsi pas réunies, la recourante ne saurait s'en prévaloir

pour justifier l'infraction commise, qui sera dès lors sanctionnée par une

mesure de retrait du permis de conduire, conformément à l'art. 16 al. 3 lit. a

LCR.

3.

Selon les art. 17 al. 1

LCR et 33 al. 2 OAC, l'autorité qui retire un permis doit fixer la durée de la

mesure selon les circonstances, soit en tenant compte surtout de la gravité de

la faute, de la réputation de l'intéressé en tant que conducteur de véhicules

automobiles et de la nécessité professionnelle de conduire de tels véhicules;

en outre, aux termes de l'art. 17 al. 1 lit. c LCR, la durée du retrait sera de

six mois au minimum si le permis doit être obligatoirement retiré, en vertu de

l'art. 16 al. 3 lit. a LCR, pour cause d'infraction commise dans les deux ans

depuis l'expiration du dernier retrait.

En l'espèce,

l'infraction litigieuse (entraînant, comme on l'a vu, un retrait obligatoire du

permis de conduire) a été commise moins de deux ans après l'échéance de la

précédente mesure de retrait encourue par la recourante. Cette dernière se

trouve par conséquent en état de récidive au sens de l'art. 17 al. 1 lit. c

LCR, de sorte que la durée du retrait prononcé à son encontre ne sera pas

inférieure à six mois.

C'est donc à juste

titre que l'autorité intimée a prononcé une mesure de retrait du permis de

conduire d'une durée de six mois, s'en tenant ainsi au minimum légal. Dans ces

conditions, on relèvera que le critère de l'utilité professionnelle invoqué par

la recourante n'est pas pertinent, dès lors que ce critère n'intervient pas

lorsque la durée de la mesure de retrait s'en tient au minimum légal.

4.

Il reste encore à

examiner la demande de report de l'exécution de la mesure au 16 janvier 2002

présentée par la recourante, dès lors que l'autorité intimée n'a que

partiellement admis cette demande en accordant à la recourante un délai au 15

octobre 2001 (soit un délai de trois mois) pour déposer son permis de conduire.

A cet égard, on relèvera que l'autorité intimée a récemment changé sa pratique

en la matière et décidé d'accorder d'office, dès le 1er juillet 2001, un délai

de six mois pour déposer le permis de conduire à compter de la date de son

préavis. Compte tenu de cette nouvelle pratique qui, à quelques jours près, n'a

pas profité à la recourante et des motifs professionnels invoqués par cette

Dispositif

dernière à l'appui de sa demande, le tribunal décide de lui octroyer

exceptionnellement un délai au 16 janvier 2002 pour déposer son permis de

conduire afin de pouvoir s'organiser sur le plan professionnel.

Au vu de ce qui

précède, le recours est ainsi partiellement admis et la décision attaquée

réformée dans le sens des considérants. La décision attaquée est confirmée pour

le surplus. Dans ces conditions, un émolument réduit sera mis à la charge de la

recourante.

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I. Le recours est

partiellement admis.

II. La décision du

Département de la sécurité et de l'environnement, Service des automobiles du 5

juin 2001 est réformée en ce sens qu'un délai au 16 janvier 2002 est accordé à

la recourante pour déposer son permis de conduire auprès de l'autorité intimée.

Elle est confirmée pour le surplus.

III. Un émolument

de 300 (trois cents) francs est mis à la charge de la recourante.

Lausanne, le 28 septembre 2001

Le président: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux

parties et à l'Office fédéral des routes avec avis qu'un recours de droit administratif

peut être interjeté au Tribunal fédéral dans les trente jours dès sa

notification (art. 24 al. 2 et 6 LCR; art. 106 OJF).

Annexe pour le Service des automobiles :

son dossier en retour.