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Décision

CR.2012.0050

CDAP - CR.2012.0050 - 2012-11-20 - A. X.________/Service des automobiles et de la navigation

20 novembre 2012Français8 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

A. X.________ est le détenteur de deux véhicules,

l’un de marque B.________, l’autre de marque C.________, munis de plaques

d’immatriculation interchangeables (VD ********). Le 5 mars 2012, le Service

des automobiles et de la navigation (ci-après : le SAN) a adressé à A.

X.________ une facture (portant le n°3-12) relative à la taxe automobile dûe

pour ces véhicules, à raison d’un montant total de 1'737,30 fr., avec échéance

au 31 mars 2012. Le montant n’ayant pas été payé dans ce délai, le SAN a

adressé à A. X.________, un rappel, le 10 avril 2012, puis une sommation, le 7

mai 2012, avec une majoration de 25 fr. (soit un total de 1'762,30 fr.), avec

échéance au 22 mai 2012. Cette sommation mentionnait qu’en cas de défaut de

paiement dans le délai prescrit, le SAN prononcerait un retrait de permis,

incluant un émolument de 200 fr. Cet avis a été retourné au SAN, avec la

mention qu’il n’avait pas pu être distribué par La Poste. Le 10 mai 2012, A.

X.________ a payé un montant de 700 fr. pour cette facture.

B.

Le 14 mai 2012, le SAN a adressé à A. X.________ une

nouvelle facture pour la taxe automobile (n°4-12), concernant d’une part les véhicules

B._______ et D.________ (plaques VD ********), et d’autre part, les véhicules E.________

et F.________ (plaques VD ********), d’autre part, pour un montant total de

1'163, 30 fr. Tenant compte d’un avoir de 1'106,70 fr., le SAN a fixé le

montant dû à 191,60 fr., avec une échéance au 30 juin 2012. Le 16 juillet 2012,

le SAN a adressé à A. X.________ un rappel, avec échéance au 31 juillet 2012.

C.

Le 4 juin 2012, le SAN a retiré le permis et les

plaques d’immatriculation VD ********. Tenant compte du paiement de 700 fr.

effectué le 10 mai 2012, le SAN a fixé le montant à payer, relativement à la

facture n°3-12, à 1'262,30 fr. (soit un solde dû de 1'037,30 fr., des frais de

rappel de 25 fr. et un émolument de 200 fr.). Le 19 juin 2012, A. X.________ a renoncé

au permis de circulation afférant au véhicule Land Rover, de sorte qu’un avoir

de 86,80 fr. lui a été crédité par le SAN. Le 20 juin 2012, A. X.________ a

payé le solde dû pour la facture n°3-12, soit 1'175,50 fr.

D.

A. X.________ a recouru contre la décision du 4

juin 2012, dont il a demandé l’annulation. Dans sa réponse au recours, le SAN a

indiqué avoir annulé la décision du 4 juin 2012, à raison du paiement intervenu

le 20 juin 2012, soldant la facture n°3-12. Le recourant a maintenu le recours,

en concluant à l’annulation de l’émolument de 200 fr. Il demande en outre le

remboursement du montant de la taxe pour la période allant du 4 juin au 17

juillet 2012.

Considérants

1.

Le recourant soutient que le SAN ne pouvait

ordonner le retrait du permis et des plaques d’immatriculation, le 4 juin 2012,

dès lors qu’il avait effectué un paiement partiel, le 7 mai 2012.

a) Le permis de circulation est retiré

pour une durée adaptée aux circonstances lorsque les impôts ou les taxes de

circulation de tous les véhicules d’un même détenteur n'ont pas été payés (art.

16.

al. 4 let. b de la loi fédérale du 19 décembre 1958 sur la circulation

routière - LCR; RS 741.01; art. 106 al. 2 let. c de l’ordonnance fédérale du 27

octobre 1976 règlant l’admission des personnes et des véhicules à la

circulation routière – OAC; RS 741.51). La taxe perçue pour tout véhicule

immatriculé dans le canton de Vaud est due par le détenteur du véhicule dès la

délivrance des plaques de contrôle, jusqu’à leur restitution (art. 1 al. 1 et 2

de la loi du 1er novembre 2005 sur la taxe des véhicules automobiles

et des bateaux – LTVB, RSV 741.11). La taxe est perçue pour l’année civile

entière; elle est échue le 28 février de l’année en cours et payable en une

seule fois (art. 2 al. 1 LTVB).

b) Au regard de ces dispositions, le

paiement partiel de la taxe cantonale ne peut pas avoir pour effet d’interdire

au SAN de retirer le permis et les plaques d’immatriculation. La taxe est

perçue et payable en une seule fois. Au moment du prononcé de la décision

attaquée, le recourant n’avait pas payé l’intégralité du montant dû. Il a versé

le solde de la facture n°3-12 que le 20 juin 2012, soit après le prononcé de la

décision attaquée. Suivre la solution préconisée par le recourant conduirait à

des résultats absurdes. Il suffirait en effet à l’automobiliste défaillant de

payer qu’un montant, même infime, de la taxe, pour empêcher le retrait du

permis et des plaques de contrôle. Cela équivaudrait à vider de toute portée

les art. 16 al. 4 let. b et 106 al. 2 let. c OAC.

2.

Le recourant conteste devoir l’émolument de 200

fr., relatif au prononcé de la décision attaquée.

a) Le Conseil d'Etat arrête le tarif

des émoluments administratifs en matière de circulation routière (art. 2

chiffre 2 de la loi vaudoise du 25 novembre 1974 sur la circulation routière - LVCR;

RSV 741.01). La décision de retrait de plaques, signes distinctifs, permis de

circulation ou de navigation, est assujettie à un émolument de 200 francs

(art. 24 du règlement du 7 juillet 2004 sur les émoluments perçus par le SAN - RE-SAN;

RSV 741.15.1),

b) L’émolument administratif est la

contrepartie financière due pour la prestation ou l’avantage accordés par

l’Etat. Il doit respecter le principe d’équivalence, selon lequel le montant de

la contribution exigée doit être en rapport avec la valeur objective de la

prestation fournie, ainsi que le principe de la couverture des frais, selon

lequel le produit global des contributions ne doit pas dépasser, ou seulement

de très peu, l’ensemble des coûts engendrés par la subdivision concernée de

l’administration (ATF 138 II 70 consid. 5.3 p. 73/74; 135 I 130 consid. 2 p.

133/134; 129 I 346 consid. 5.1 p. 354).

c) L’émolument fixé par l'art. 24

RE-SAN respecte les principes de la couverture des frais et de l’équivalence

(arrêt FI.1998.0068 du 13 octobre 1998, constamment confirmé depuis, cf. en

dernier lieu les arrêt FI.2012.0039 du 18 septembre 2012; GE.2011.0104 du 21

décembre 2011; FI.2008.0096 du 4 février 2009, et les nombreux arrêts cités).

Il n’y a pas lieu de se départir de cette jurisprudence constante. Au

demeurant, hormis le raisonnement développé à l’appui de son premier moyen,

écarté, le recourant n’invoque aucun motif de nature à remettre en cause le

fait que l’émolument qu’il conteste correspond à une action de l’Etat légitimée

par le retard mis par le recourant à payer la taxe automobile, d’une part, et

que le montant de 200 fr. reste proportionné aux moyens mis en œuvre par le SAN

pour recouvrer cette taxe, d’autre part.

3.

Le recours doit ainsi être rejeté. Les frais sont

mis à la charge du recourant (art. 49 de la loi du 28 octobre 2008 sur la

procédure administrative – LPA-VD, RSV 173.36). L’allocation de dépens n’entre

pas en ligne de compte, compte tenu de l’issue du litige (art. 55 LPA-VD).

Dispositif

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

Un émolument de 600 (six cents) francs est mis à la

charge du recourant.

III.

Il n’est pas alloué de dépens.

Lausanne, le 20 novembre 2012

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux

destinataires de l'avis d'envoi ci-joint, ainsi qu’à l’OFROU.

Il peut faire l'objet, dans les trente

jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en

matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du

17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours

constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé.

Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit.

Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire,

pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la

décision attaquée.