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Décision

FI.2005.0019

TA - FI.2005.0019 - 2005-12-01 - X /Administration cantonale des impôts

1 décembre 2005Français11 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants:

A.

A.X. ________ et B.X.________ ont déposé leur déclaration

d'impôt 2001-2002 en date du 29 octobre 2001. Le couple y déclarait un revenu

imposable de 96'800 fr. (quotient familial 3,3) et une fortune imposable nulle.

Par correspondance du 19 mars 2003, A.X.________a

indiqué à l'Office d'impôt du district d'Aigle (ci-après: l'Office d'impôt) avoir

récemment appris que les rentes AI et les allocations touchées pour ses fils

majeurs, C.X.________(né en 1978) et D.X.________(né en 1979), tous deux

étudiants, avaient été ajoutées à tort à son revenu. Après avoir notamment fait

valoir qu'une personne se trouvant dans la même situation avait pu mettre ces

allocations sur la déclaration d'impôt de ses enfants majeurs, procédé qui lui

avait été confirmé par une fiduciaire, A.X.________invitait l'Office d'impôt à

réexaminer sa situation et à corriger les acomptes payés et à payer depuis le

1er février 1999.

Les époux X.________ont déposé leur déclaration

d'impôt 2001-2002 bis en date du 14 octobre 2003. Ils ont en particulier

revendiqué une déduction supplémentaire pour frais d'entretien d'immeuble

extraordinaire d'un montant de Fr. 2'617.- (moyenne des charges 2001/2002).

Par correspondance du 29 octobre 2003, A.X.________a

relancé l'Office d'impôt au sujet de sa lettre du 19 mars 2003.

B.

Par décision de taxation définitive du 3 novembre 2003,

l'Office d'impôt a arrêté le revenu imposable des époux X.________à 99'900 fr.

et a imposé ces derniers au taux de 30'200 fr. (quotient familial 3,3).

L'autorité de taxation précisait que les frais d'entretien d'immeuble des

années 1999 à 2002 étaient déduits en leur entier des revenus réalisés par les

époux X.________. Elle indiquait par ailleurs que le bénéficiaire de la rente

AI (rente AVS ou AI avec complément pour enfant à charge, rente d'invalidité du

2ème pilier et rente d'enfant d'invalide) était imposé sur la totalité de la

rente touchée, les enfants n'étant pas bénéficiaires.

Par correspondance du 3 novembre 2003 adressée à

l'Office d'impôt, A.X.________s'est dit surpris d'avoir reçu un téléphone d'une

taxatrice qui lui aurait expliqué dans un premier temps qu'elle allait mettre

les allocations et les compléments de rente AI touchées pour ses enfants dans

leur déclaration d'impôt, étant donné qu'ils étaient majeurs, alors qu'une

heure plus tard, l'intéressée l'aurait rappelé pour lui dire qu'elle s'était

trompée et que ce revenu devait être additionné au sien. A.X.________a par

ailleurs réaffirmé que des connaissances étant dans le même cas que lui avaient

mis ces montants sur le chapitre fiscal des enfants dès leur majorité.

Par correspondance du 13 novembre 2003, l'Office

d'impôt a rappelé aux époux X.________que la rente AI n'était imposable que

chez le bénéficiaire, soit auprès de la personne ayant "déclenché"

le versement d'une prestation, en l'occurrence A.X.________. L'Office d'impôt

invitait par ailleurs les époux X.________à prendre contact téléphoniquement

avec l'un de ses collaborateurs si ceux-ci souhaitaient obtenir de plus amples

renseignements.

C.

Les époux X.________ont formé réclamation contre la

décision de taxation précitée le 30 novembre 2003. En date du 5 décembre 2003,

l'Office d'impôt a confirmé la décision de taxation litigieuse. Pour leur part,

les époux X.________ont maintenu leur réclamation en date du 6 janvier 2004.

D.

Par décision sur réclamation du 23 février 2005,

l'Administration cantonale des impôts (ci-après: ACI) a rejeté la réclamation

formée par les époux X.________au motif que A.X.________était bénéficiaire des

rentes AI complémentaires versées pour ses deux fils majeurs et qu'à ce titre

celles-ci devaient être prises en compte dans le cadre du revenu imposable du

couple.

Les époux X.________ont recouru contre cette

décision par acte du 21 mars 2005. Ils allèguent en substance qu'il est discriminatoire

de ne pas traiter les enfants de rentiers AI de la même manière que les

orphelins, qu'il est anormal que ces allocations soient ajoutées à leur revenu

alors que leurs enfants sont majeurs et ont leur propre domicile, qu'il est

également anormal que le coefficient de 0,5 soit identique pour un bébé et un

étudiant de 25 ans dont l'entretien est plus coûteux, qu'il est injuste que le

loyer mensuel de 1'200 fr. payé pour leur fils aîné ne soit pas déductible de

leur revenu et, enfin, que le "règlement" ne figure pas dans

le fascicule d'information remis en annexe à la déclaration d'impôt.

E.

L'ACI a déposé sa réponse en date du 23 mai 2005. Après

avoir développé ses arguments, elle conclut au rejet du recours.

Pour leur part, les recourants n'ont pas formulé

d'observations complémentaires dans le délai qui leur a été imparti à cet

effet, ni ultérieurement d'ailleurs.

F.

Le tribunal a statué par voie de circulation.

G.

Les arguments des parties seront repris, en tant que de

besoin, dans les considérants qui suivent.

Considérants

1.

Le litige a principalement trait à l'imposition auprès des

recourants des rentes complémentaires AI perçues par A.X.________pour chacun de

ses enfants.

Dans un arrêt non publié du 29 mai 2002

(2A.536/2001), le Tribunal fédéral a confirmé l'imposition chez un père

handicapé d'une rente complémentaire de l'assurance-invalidité que ce dernier

percevait en faveur de sa fille majeure aux études; cette solution a été jugée

conforme à l'art. 23 quater de la loi fédérale sur l'assurance-invalidité du 19

juin 1959 (LAI), dont il ressort que le créditrentier est bien l'assuré et non

l'enfant. Pour sa part, la Cour de céans a jugé qu'il n'y avait pas lieu de

remettre en cause l'imposition du contribuable bénéficiaire d'une rente

complémentaire d'invalidité servie en faveur de ses enfants majeurs et aux

études, le droit fiscal posant que seul le bénéficiaire du revenu, soit celui

qui acquiert dans son patrimoine un droit ferme à la prestation, est imposable

(cf. arrêt TA du 10 janvier 2005 FI.2004.0042, cf. aussi arrêt TA du 5

septembre 2002 FI.2002.0016 et les réf. citées).

En l'occurrence, il résulte clairement du dossier

que A.X.________est bénéficiaire des rentes complémentaires AI versées en

faveur de ses enfants, que ces rentes proviennent de l'assurance-invalidité ou

de l'ASCOOP, sa caisse de pensions. C'est donc à bon droit que l'autorité de

taxation a imposé celles-ci auprès du couple X.________. Sur ce point, le

recours s'avère mal fondé.

Les recourants objectent néanmoins que la rente complémentaire

AI devrait être traitée fiscalement comme la rente d'orphelin, laquelle est comptabilisée

dans la déclaration d'impôt des contribuables en faveur de qui elle est versée.

Ce faisant, les recourants perdent de vue qu'à la différence des rentes complémentaires

AI versées en faveur des enfants, l'ayant droit immédiat de la rente d'orphelin

est l'enfant dont le père ou la mère est décédé (cf. à ce propos art. 25 al. 1

de la loi fédérale du 20 décembre 1946 sur l'assurance-vieillesse et survivants

[LAVS]). C'est par conséquent à juste titre que l'autorité intimée n'a pas

traité fiscalement les rentes AI versées à A.X.________de la même façon que les

rentes d'orphelin.

2.

Les recourants soutiennent également qu'il n'est pas normal

que le coefficient de 0,5 pour enfant soit le même pour un bébé que pour un

étudiant de 25 ans dont l'entretien est plus coûteux.

L'art. 43 al. 2 let. d de la loi sur les impôts

directs cantonaux du 4 juillet 2000 (ci-après: LI) dispose qu'une part de 0,5

est attribuée pour chaque enfant mineur, en apprentissage ou aux études, dont

le contribuable assure l'entretien complet. Cette disposition prévoit ainsi un

quotient forfaitaire, fixé indépendamment de l'âge ou du statut de l'enfant. Pour

ce qui concerne la justification d'un tel abattement, le Conseil d'Etat,

répondant à l'interpellation de Mme Séverine Vodoz concernant l'impossibilité

de déduire des impôts les frais de garde des enfants, a notamment déclaré ce

qui suit:

"(...) Il est vrai que cet abattement a un caractère

forfaitaire global. Cela ne signifie pas toutefois que le résultat en soit injuste.

En effet, les enfants provoquent des frais différents selon leur âge. Comme le

relève Mme Vodoz, seuls certains parents ont des frais de garde qui sont dus au

fait que les parents exercent tous deux une activité lucrative et au jeune âge

des enfants. Lorsque ceux-ci sont plus âgés, les parents doivent supporter les

frais afférents à une éventuelle chambre supplémentaire, aux apprentissages et

études, etc. Ainsi, bien que leur cause varie, les contribuables qui ont des

enfants à leur charge ont à supporter des dépenses qui ne vont pas en

diminuant, de sorte qu'un abattement uniforme quel que soit l'âge de l'enfant

paraît équitable, tout en simplifiant la taxation (...)".

(cf. BGC mai-juin 1992, p. 255)

Il résulte ainsi des travaux préparatoires que

l'abattement forfaitaire de 0,5 querellé est conforme à la volonté du

législateur. Le grief du recourant à cet égard doit par conséquent également

être rejeté.

3.

Les recourants font valoir encore que le loyer de 1'200

fr. qu'ils ont payé pour leur fils aîné devait être déduit de leur revenu. A

tort. En effet, les frais considérés constituent des frais d'entretien du

contribuable et de sa famille au sens de l'art. 38 let. aLI. A ce titre, ils ne

peuvent être déduits du revenu imposable.

4.

Les recourants semblent enfin se plaindre du fait qu'ils

n'ont pas eu accès à toutes les dispositions réglementaires nécessaire pour

compléter leur déclaration d'impôt. A.X.________se demande ainsi s'il "est

normal qu'il faille passer par un recours pour que tout à coup on nous sorte un

règlement venu de je ne sais où?". L'argument doit être écarté. L'on

rappellera en effet que la jurisprudence n’impose pas aux autorités une

obligation d’informer les administrés ni sur leurs droits et obligations, ni

sur la portée d’une décision, sauf disposition légale prévoyant un tel devoir

d’informer, ce qui n’est pas le cas en l’espèce (ATF 110 V 338 et 111 V 402

cités par FI 2002/0087). Cela étant précisé, les intéressés ont quoiqu'il en

soit dûment été tenu informés sur leurs droits et obligations au cours de la

procédure de taxation et de réclamation et, au demeurant, ont eu la possibilité

de recueillir tous les renseignements complémentaires dont ils auraient pu

avoir besoin (cf. par exemple la correspondance de l'Office d'impôt du 13

novembre 2003). Ils ne peuvent dans ces conditions clairement pas reprocher à l'Office

d'impôt ou à l'autorité intimée une quelconque rétention d'information sur les

règles légales applicables dans la présente espèce.

5.

Il résulte des considérants qui précèdent que le recours

doit être rejeté et la décision attaquée confirmée. Vu l'issue du pourvoi, les

frais du présent arrêt, par 800 fr., seront mis à la charge des recourants qui

succombent (art. 55 al. 1 LJPA).

Dispositif

Par ces motifs

le Tribunal administratif

arrête:

I.

Le recours est rejeté.

II.

La décision sur réclamation rendue en date du 23 février

2005 par l'Administration cantonale des impôts est confirmée.

III.

Un émolument judiciaire de 800 (huit cents) francs est mis

à la charge de M. et Mme A.X. ________ et B.X.________, somme compensée avec le

dépôt de garantie effectué.

Lausanne, le 1er décembre 2005

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint

En tant qu’il a trait à l’impôt fédéral direct, le

présent arrêt peut faire l'objet, dans les trente jours dès sa notification,

d'un recours de droit administratif au Tribunal fédéral. Le recours s'exerce

conformément aux art. 103 ss de la loi fédérale d'organisation judiciaire (RS

173.110).