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Décision

FI.2017.0063

CDAP - FI.2017.0063 - 2017-07-12 - A.________/Administration cantonale des impôts, Administration fédérale des contributions

12 juillet 2017Français10 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

Par décision du 4 mai 2017, l’Administration cantonale des impôts

(ci-après: ACI) a rejeté la réclamation interjetée par A.________ contre la

décision du 1er mars 2017, par laquelle l’Office d’impôt du district

de Lausanne a refusé de réviser les taxations du prénommé, portant sur les périodes

2011 à 2015, tant en ce qui concerne l’impôt cantonal et communal (ICC) que

l’impôt fédéral direct (IFD).

B.

Par acte du 28 mai 2017, parvenu au greffe le 30, A.________ a recouru

auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal

(ci-après: CDAP) contre cette décision sur réclamation.

C.

Par avis du 30 mai 2017, envoyé sous pli recommandé le même jour, le

juge instructeur a imparti à A.________ un délai au 19 juin 2017 pour effectuer

une avance de 1’000 fr. pour les frais judiciaires présumés. Cet avis contient

l’avertissement qu’à défaut de paiement de l’avance de frais dans le délai

prescrit, le recours serait déclaré irrecevable. Le courrier en question n’a

pas été retiré par son destinataire. Il a été retourné au greffe, lequel en a

adressé à A.________ une copie, par courrier A, le 14 juin 2017, avec la

précision que ce nouvel envoi ne faisait pas courir de nouveau délai.

D.

A.________ n’a pas versé l’avance de frais ni demandé de prolongation de

délai dans le délai prescrit. Le 23 juin 2017, il a pris contact avec le greffe

par téléphone, expliquant qu’il était à l’étranger, pour s’enquérir d’un

éventuel envoi de la part du Tribunal et d’un éventuel délai qui lui aurait été

imparti. Informé de ce que le délai pour effectuer l’avance de frais était

échu, il a annoncé le dépôt d’une demande de restitution.

Par acte du 23 juin 2017, A.________ a requis la

restitution du délai imparti pour effectuer l’avance de frais; il a

simultanément demandé d'être exonéré de cette dernière. En substance, il fait

valoir, d’une part, que le montant de l’avance de frais qui lui a été demandé

représente 88% de celui de sa rente de vieillesse mensuelle et, d’autre part,

qu’il a obtenu du Service de la population du canton de Vaud l’autorisation de quitter

la Suisse du 11 octobre 2016 au 11 octobre 2017, afin d'améliorer sa

"situation financière difficile".

E.

Le Tribunal a statué par voie de circulation.

Considérants

1.

a) aa) Aux termes de l’art. 47 de la loi du 28 octobre 2008 sur la

procédure administrative (LPA-VD; RSV 173.36), en procédure de recours

administratif et de recours de droit administratif, le recourant est en

principe tenu de fournir une avance de frais, à moins que l'autorité y renonce

si des circonstances particulières l'exigent (al. 1); l’autorité impartit un

délai à la partie pour fournir cette avance et l’avertit qu’en cas de défaut de

paiement dans le délai, elle n’entrera pas en matière sur le recours (al. 3); le

délai pour le versement de l'avance de frais est observé si, avant son

échéance, la somme due est versée à la Poste Suisse ou débitée en Suisse d'un

compte postal ou bancaire en faveur de l'autorité (al. 4).

La sanction de l'irrecevabilité du recours pour

défaut de paiement en temps utile de l'avance de frais ne procède pas d'un

formalisme excessif ni d'un déni de justice, pour autant que les parties aient

été averties de façon appropriée du montant à verser, du délai imparti pour le

versement et des conséquences de l'inobservation de ce délai (ATF 133 V 402

consid. 3.3 p. 405; 104 Ia 105 consid. 5 p. 111; cf. aussi TF 2C_1203/2012 du 7

décembre 2012 consid. 4.1;2D_45/2012 10 septembre 2012, consid. 5;2C_889/2011

du 3 novembre 2011, consid. 3).

bb) De jurisprudence constante, celui qui se sait

partie à une procédure judiciaire et qui doit dès lors s'attendre à recevoir

des actes du juge – condition en principe réalisée pendant toute la durée d'un

procès (cf. ATF 130 III 396 consid. 1.2.3 p. 399) –, est tenu de relever son

courrier ou, s'il s'absente de son domicile, de prendre des dispositions pour

que celui-ci lui parvienne néanmoins. À ce défaut, il est réputé avoir eu, à

l'échéance du délai de garde, connaissance du contenu des plis recommandés que

le juge lui adresse. Une telle obligation signifie que le destinataire doit, le

cas échéant, désigner un représentant, faire suivre son courrier, informer les

autorités de son absence ou leur indiquer une adresse de notification (ATF 141

II 429 consid. 3.1 p. 431 s.; 139 IV 228 consid. 1.1 p. 230 et les références

citées).

b) En l'occurrence, l'avis du 30 mai 2017 a été expédié

à l’unique adresse (en Suisse) indiquée par le recourant

lui-même, de sorte que cette notification était régulière (v. sur ce point,

Yves Donzallaz, La notification en droit interne suisse, 2002, nos 910 et 913).

Or, le pli contenant cet avis n’a pas été retiré et a été retourné au

greffe du Tribunal le 14 juin 2017. Une copie de l'avis a été adressée au

recourant, par courrier A, le 14 juin 2017, avec la précision que ce nouvel

envoi ne faisait pas courir de nouveau délai.

Après le dépôt de son recours le 28 mai 2017, le

recourant devait compter avec la possibilité que des actes judiciaires lui

soient notifiés. Il lui appartenait de prendre les mesures nécessaires, s'il

séjournait à l'étranger. Or, il n’a nullement fait état, ni dans l’acte de

recours, ni dans une correspondance accompagnant celui-ci, de ce qu’il était

absent de son domicile et se trouvait à l’étranger. Le mémoire de recours est

au contraire daté "Lausanne le 28 mai 2017" et signé; en outre, il a

été remis le jour suivant à la poste à Lausanne par courrier recommandé. Quant

au fait que le recourant a selon ses dires été autorisé par le Service de la

population du canton de Vaud à s’absenter de Suisse du 11 octobre 2016 au 11

octobre 2017, le Tribunal de céans ne pouvait en avoir connaissance; cela ne

dispensait d'ailleurs pas le recourant de prendre des dispositions pour que son

courrier lui soit transmis. Faute d'avoir pris de telles dispositions, le

recourant a dès lors encouru un risque procédural, qu’il doit assumer (cf.,

dans le même sens, arrêt EF.2015.0002 du 23 juin 2015).

Dans ces conditions, l’avis du 30 mai 2017 est

réputé avoir été reçu par le recourant au terme du délai de garde, soit le 9

juin 2017. Au surplus, par courrier du 14 juin 2017, une copie de l’avis du 30

mai 2017 a été adressée au recourant avec la précision que ce nouvel envoi ne

faisait pas courir de nouveau délai. Or, au terme du délai imparti, le

recourant, dûment averti qu’à défaut de

paiement dans le délai fixé, le recours serait déclaré irrecevable, n'a pas

fourni l'avance de frais exigée, ni requis une prolongation dudit délai ou

l'exonération de l'avance. Le Tribunal ne peut

ainsi en principe entrer en matière sur le recours.

2.

Le recourant requiert toutefois la restitution du délai inobservé.

a) Selon l’art. 22 LPA-VD, le délai peut être

restitué lorsque la partie établit qu’elle a été empêchée d’agir dans le délai

fixé, sans faute de sa part (al. 1); la demande motivée de restitution doit

être présentée dans les dix jours à compter de celui où l’empêchement a cessé;

dans ce même délai, le requérant doit accomplir l’acte omis; sur requête, un

délai supplémentaire lui est accordé pour compléter cet acte, si des motifs

suffisants le justifient (al. 2).

Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, sur

laquelle se fonde la pratique vaudoise, l'empêchement non fautif d'accomplir un

acte de procédure correspond non seulement à l'impossibilité objective ou au

cas de force majeure, mais cette notion englobe aussi l'impossibilité subjective

due à des circonstances personnelles ou à une erreur excusables (voir p. ex. TF

2C_734/2012 du 25 mars 2013; cf. aussi arrêts EF.2015.0002 du 23 juin 2015

consid. 4, PE.2014.0404 du 25 novembre 2014 consid. 2). De manière générale, est non fautive toute

circonstance qui aurait empêché un plaideur consciencieux d'agir dans le délai

fixé (cf. arrêt AC.2013.0452 du 31 décembre 2013 consid. 2). La maladie ou

l'accident peuvent, à titre d'exemples, être considérés comme un empêchement

non fautif et, par conséquent, permettre une restitution d'un délai, s'ils

mettent la partie recourante ou son représentant légal objectivement ou

subjectivement dans l'impossibilité d'agir par soi-même ou de charger une

tierce personne d'agir en son nom dans le délai (cf. ATF 119 II 86 consid. 2 p.

87; TF 9C_209/2012 du 26 juin 2012 consid. 3.1).

b) A l’appui de sa demande de restitution dans le

cas d’espèce, le recourant fait valoir que le montant de l’avance de frais qui

lui a été réclamé serait excessif au regard de ses moyens financiers, de sorte

qu’il ne serait pas en mesure de verser celle-ci. Or, il ne s’agit pas là d’un

empêchement non fautif d’accomplir l’acte en temps utile. A supposer que le

recourant ait été dans l'impossibilité de payer la totalité de l'avance de frais

jusqu'au terme imparti, il lui était loisible de formuler en temps utile,

c’est-à-dire dans le délai au 19 juin 2017, une demande d’assistance judiciaire

aux fins d’être exonéré de l'avance ou de demander une prolongation du délai,

voire de requérir la possibilité de verser cette avance par mensualités (voir à

cet égard arrêts PE.2016.0157 du 29 juin 2016; CR.2016.0032 du 15 juin 2016).

Le fait que le recourant a selon ses dires été

autorisé par le Service de la population du canton de Vaud à s’absenter de

Suisse du 11 octobre 2016 au 11 octobre 2017 ne saurait davantage constituer un

empêchement non fautif d'agir dans le délai imparti, au sens de l'art. 22

LPA-VD et de la jurisprudence précitée.

Partant, la demande de restitution de délai ne peut

qu'être rejetée.

3.

Au vu de ce qui précède, la demande de restitution de délai doit être

rejetée et le recours déclaré irrecevable. La demande d'exonération de l'avance

de frais est dès lors sans objet.

Hormis dans les cas où la loi prévoit la gratuité,

les autorités peuvent percevoir un émolument et des débours en recouvrement des

frais occasionnés par l'instruction et la décision (art. 45 LPA-VD). En

l’espèce, il n’y a cependant pas lieu de percevoir un émolument (cf. art. 50,

91.

et 99 LPA-VD), ni d’allouer de dépens (cf. art. 55 al. 1, 91 et 99 LPA-VD).

Par

ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

La demande de restitution de délai est rejetée.

II.

Le recours est irrecevable.

III.

Il n'est pas perçu d'émolument, ni alloué de dépens.

Lausanne, le 12 juillet 2017

Le

président:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit

public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur

le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire

à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans

une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de

preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte

attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent

être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il

en va de même de la décision attaquée.