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Décision

GE.2013.0087

CDAP - GE.2013.0087 - 2013-12-19 - X._____ Y._____ c/COMMISSION DES DESIGNATIONS DES VINS VAUDOIS

19 décembre 2013Français20 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

Le 4 septembre 2012, Y.________, directeur de la

SA X.________ (ci-après: la SA), a informé la Commission des désignations des

vins vaudois (ci-après: la Commission) de ce que, par acte de vente signé le 16

novembre 2011, la société immobilière Z.________ SA (ci-après: la SI) avait

vendu à la SA les parcelles n° ***, ***, ***, ***, *** et *** de la

Commune de 2********, parcelles que la SA exploitait en tant que fermier depuis

novembre 2001. En date du 26 juin 2012, un tiers était devenu propriétaire

unique des actions de la SI et de ce fait de la parcelle n° ***

(supportant le bâtiment de Z.________). Dans le courrier précité, Y.________

expliquait encore que l’ensemble des parcelles susmentionnées constituait le

Domaine Z.________, dont la récolte était commercialisée sous cette

désignation. Il souhaitait connaître, suite aux récentes transactions, la

position de la Commission sur la future désignation cadastrale qu’il pourrait

adopter pour la commercialisation de la récolte du vignoble passé en mains de

la SA, suggérant l’utilisation de la dénomination "X.________".

B.

Après avoir rencontré la Commission le 10

octobre 2012, Y.________ a déposé, le 7 février 2013, deux requêtes auprès de

la Commission, à savoir :

-

une demande d’utilisation de la mention "X.________" pour les parcelles n° ***, ***, ***, ***, ***, *** et ***,

formant le vignoble du X.________, sises sur la Commune de 3******** et

rattachées au lieu de production 2******** et à l’AOC La Côte;

-

une demande d’extension pour l’utilisation de la

mention "X.________" pour les parcelles n° ***, ***, ***,

***, *** et ***, formant jusqu’à ce jour le Domaine Z.________, sises sur la Commune

de 2******** et rattachées au lieu de production 2******** et à l’AOC La Côte.

C.

Par décision du 9 avril 2013, la Commission a admis

la mention "X._______" pour désigner la récolte des

parcelles n° ***, ***, ***, ***, ***, *** et *** de la Commune de

3******** (chiffre I.), rejeté la mention "X.________"

pour désigner la récolte des parcelles n° ***, ***, ***, ***, *** et *** de

la Commune de 2******** (chiffre II.) et mis un émolument de 2'000 fr. à la

charge de la SA (chiffre III.). Concernant ces dernières parcelles, la

Commission a tout d’abord relevé que la mention "Domaine Z.________" n’était pas utilisable. Quant à la mention "X.________", elle ne pouvait pas non

plus être utilisée au motif que le vignoble de Z.________ n’était pas voisin du

vignoble de X.________ (soit distant de1.5 km, ce qui rendait l’usage de la

voiture nécessaire), que les vignobles étaient situés dans deux villages différents,

que l’on ne pouvait pas apercevoir l’un lorsqu’on se trouvait dans l’autre, que

les environnements étaient relativement différents et que les vignobles

n’étaient rattachés l’un à l’autre par aucun lien particulier si ce n’est celui

de propriété.

D.

La SA (ci-après: la recourante) a recouru contre

cette décision le 16 mai 2013 auprès de la Cour de droit administratif et

public du Tribunal cantonal. Elle formule les conclusions suivantes:

"I.- Le

recours est admis.

II.- Le chiffre

I. - de la décision rendue le 9 avril 2013 par la Commission des désignations

des vins vaudois est réformé en ce sens qu’il a dorénavant la teneur suivante:

"I.- La mention "X.________" pour désigner la récolte

des parcelles n° ***, ***, ***, ***, ***, ***, *** et *** de la Commune de

3******** est admis".

III.- Le chiffre

II.- de la décision rendue le 9 avril 2013 par la Commission des désignations

des vins vaudois est réformé en ce sens qu’il a dorénavant la teneur suivante:

"I.- La mention "X.________" pour désigner la récolte

des parcelles n° ***, ***, ***, ***, *** et *** de la Commune de 2********

est admis".

La recourante relève en premier

lieu que c’est à tort, d’une part, que la parcelle n° ***, qui est en

nature de pré-champ, a été intégrée dans la désignation X.________, d’autre

part, que les parcelles n° *** et *** n’y ont pas été intégrées. Elle

conteste ensuite l’argument selon lequel les vignobles de Haute-Cour et de Châtagneréaz ne seraient pas voisins.

Le fait que les vignobles se trouvent sur le territoire de communes différentes

n’aurait aucune incidence en matière viticole, dès lors que la région viticole

(La Côte) est la même. Au vu des modes de culture actuels, l’usage de la

voiture serait de toute manière systématique, même pour des parcelles très

proches. La recourante conteste également le critère de la visibilité. Elle

souligne enfin la nécessité de favoriser les regroupements en vue d’une

meilleure efficacité économique et commerciale.

La Commission (ci-après aussi:

l'autorité intimée) s’est déterminée le 19 juin 2013. Elle admet une erreur de

plume en ce qui concerne la mention de la parcelle n° *** en lieu et place

de la parcelle n° ***. Elle relève que cette parcelle n’était pas mentionnée

dans la demande présentée par la recourante. Quant à la parcelle n° ***, au

vu de sa proximité de la parcelle n° ***, la Commission admet de l’inclure

dans le chiffre I.- de la décision attaquée. Au surplus, la Commission conclut

au rejet du recours. Elle souligne en particulier l’importance de l’homogénéité

de l’exploitation et la volonté du législateur de circonscrire précisément les

vignes pouvant bénéficier de la mention "château".

E.

Le tribunal a tenu audience à Mont-sur-Rolle le

17 septembre 2013 en présence des parties. On extrait ce qui suit du

compte-rendu d'audience qui a été transmis aux parties:

"La

présidente interpelle les parties au sujet de la conclusion I. du recours, qui

– selon les termes de la réponse de l’autorité intimée – n’apparaît plus

litigieuse. Me Kasser s’engage à rendre à brève échéance une décision

rectificative (vraisemblablement sous la forme d’un simple dispositif),

admettant la conclusion I. Sur cette base, la recourante confirmera au tribunal

qu’elle retire cette conclusion.

Concernant

l’utilisation de la dénomination "X.________", la présidente pose à

Me Kasser la question de la distance admissible entre plusieurs parcelles d’une

même propriété dans le cadre d’une dénomination "château". Celui-ci

répond que la question n’est pas déterminante en l’espèce, dès lors qu’on a

clairement affaire à deux domaines distincts.

Me Henny souligne

que le présent litige impose de décider si la notion de "château"

doit se comprendre de manière statique ou dynamique. A son sens, la lecture

combinée des alinéas 1 et 2 de l’art. 34 RVV, qui prévoit une certaine

flexibilité en tenant compte de l’évolution historique, doit permettre aux

domaines de châteaux de continuer à évoluer aujourd’hui encore et n’impose pas

de figer les situations comme l’estime, à tort selon lui, l’autorité intimée.

L’évolution des modes de culture (utilisation de machines facilement mobiles

qui permettent d’exploiter des parcelles non contiguës) plaiderait également

pour une interprétation dynamique.

Me Kasser indique

que la Commission a dû traiter une vingtaine d’affaires de dénomination "châteaux",

mais qu’aucune ne concernait la même problématique que celle-ci. Il estime

qu’il n’est pas question de dynamisme en l’occurrence, mais de deux domaines

précisément circonscrits et bien connus qui ne peuvent pas s’absorber ni, de

manière générale, s’étendre indéfiniment.

Selon le

représentant de la recourante, le problème qui se pose en l’occurrence est

celui-ci de "vignes orphelines". Me Henny et Y.________ expliquent

que le bâtiment lié au domaine de Z.________ a été vendu à la fin de l’année

2011, ce qui a pour conséquence que les vignes de Z.________ n’ont plus droit à

la dénomination "Domaine de Z.________". Il leur paraîtrait adéquat

que ces vignes puissent bénéficier de la dénomination "X.________",

vu que le vin de ces vignes est produit depuis 12 ans dans la même cave que les

vins du château.

Interrogé par un

assesseur sur la question de savoir si la Commission a déjà dû trancher des

affaires dans lesquelles des domaines séparés avaient pu être rattachés à un

seul "château", Me Kasser évoque une affaire, mais dans laquelle le

problème était de savoir si les vignes en cause étaient liées au château sur le

plan historique.

Y.________ tient

à souligner que l’utilisation de la dénomination "X.________" pour

les vignes de Z.________ n’entraînerait aucune baisse de la qualité pour les

vins portant cette dénomination. Le consommateur ne serait aucunement induit en

erreur.

La situation

avant le remaniement parcellaire de 1964 n’est pas connue par les parties.

Il se pose la

question de savoir si une parcelle contiguë aux parcelles bénéficiant

actuellement de la dénomination "X.________" pourrait bénéficier de

la dénomination si elle venait à être acquise par la recourante. Me Kasser

indique que a priori la contiguïté ne suffit pas et que la dénomination ne pourrait

vraisemblablement pas être accordée si la parcelle n’a pas été exploitée

historiquement par le château dans le passé".

F.

Le 30 septembre 2013, la Commission a rendu un

prononcé rectificatif. La recourante en a informé le tribunal le 2 octobre 2013,

en précisant que la conclusion contenue sous chiffre II.- du recours était dès

lors sans objet et pouvait être retirée.

G.

Interpellé par la juge instructrice, le

Département de l’économie et du sport a transmis en date du 3 décembre 2013 des

copies des travaux préparatoires du règlement sur les vins vaudois.

H.

Les arguments des parties seront repris

ci-dessous dans la mesure utile.

Considérant

Considérants

1.

Déposé dans le délai de 30 jours fixé par l'art.

95.

de la loi vaudoise du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative

(LPA-VD; RSV 173.36), le recours est intervenu en temps utile. Il satisfait

également aux conditions formelles énoncées par l'art. 79 LPA-VD. Il y a

donc lieu d'entrer en matière sur le fond.

2.

En dehors des cas où une disposition légale

prévoit expressément le contrôle de l'opportunité d'une décision, le tribunal

n'exerce qu'un contrôle en légalité, c'est-à-dire examine si la décision

entreprise est contraire à une disposition légale ou réglementaire expresse, ou

relève d'un excès ou d'un abus du pouvoir d'appréciation (art. 98 LPA-VD).

Aucune disposition légale n’étendant en l’espèce le pouvoir de contrôle de

l'autorité de recours à l'inopportunité, ce grief ne saurait donc être examiné

par le tribunal de céans, qui se limitera à vérifier s’il y a abus ou excès du

pouvoir d’appréciation.

Il y a abus du pouvoir

d'appréciation lorsqu'une autorité, usant des compétences qui lui sont dévolues

par la loi, se laisse guider par des considérations non pertinentes ou

étrangères au but des dispositions applicables, ou encore lorsqu'elle statue en

violation des principes généraux du droit administratif que sont l'interdiction

de l'arbitraire, l'égalité de traitement, la bonne foi et la proportionnalité.

3.

Suite au prononcé rectificatif rendu par la

Commission le 30 septembre 2013, la conclusion contenue sous chiffre II.- du

recours a été retirée par la recourante. Elle est donc sans objet.

4.

a) Parmi les objectifs visés par la loi fédérale

du 9 octobre 1992 sur les denrées alimentaires et les objets usuels (LDAl; RS

817.

) figure, à l'art. 1 let. c, la protection des consommateurs

contre les tromperies relatives aux denrées alimentaires. L’art. 2

al. 1 lit. b LDAl précise que la loi s’applique à la désignation du

produit commercialisé; il s'agit pour le législateur de protéger ainsi le

consommateur contre les tromperies (FF 1989 I 849 et ss, spéc. 873), notamment

quant à la provenance de la denrée alimentaire en question (art. 18

al. 3 LDAl), en instaurant une obligation généralisée de renseigner

l'acquéreur sur ce point lors de la commercialisation du produit (art. 20

al. 1 LDAl). Dans cette optique, l’ordonnance sur

les denrées alimentaires et les objets usuels du 23 novembre 2005 (ODAlOUs; RS 817.02) étend cette obligation à l'étiquetage du produit (art. 26).

b) En matière de provenance de

vins, l’art. 7 de l’ordonnance du Département fédéral de l’intérieur sur

les boissons alcooliques du 23 novembre 2005 (RS 817.022.110) dispose que le classement

des vins suisses se fonde sur l'art. 63 al. 1 de la loi du 29 avril

1998.

sur l'agriculture (LAgr; RS 910.1), dont le contenu est le suivant:

"1

Les vins sont classés de la manière suivante:

a. vins

d'appellation d'origine contrôlée;

b. vins de pays;

c. vins de table.

2.

Le Conseil fédéral établit la liste des critères à prendre en

compte pour les vins d'appellation d'origine contrôlée et les vins de pays. Il

peut fixer des teneurs minimales naturelles en sucre ainsi que des rendements

maximaux par unité de surface en tenant compte des conditions de production

spécifiques aux diverses régions.

3.

Les cantons fixent au surplus pour chaque critère les exigences

pour leurs vins d'appellation d'origine contrôlée et pour les vins de pays

produits sur leur territoire sous une dénomination traditionnelle propre.

4.

Le Conseil fédéral fixe les exigences pour les vins de pays

commercialisés sans dénomination traditionnelle et les vins de table. Il peut

définir les termes vinicoles spécifiques, en particulier pour les mentions

traditionnelles, et régler leur utilisation.

5.

Il édicte des dispositions sur le déclassement des vins qui ne

satisfont pas aux exigences minimales.

6.

Les art. 16, al. 6, 6bis et 7, et 16b s'appliquent par analogie aux

dénominations de vins d'appellation d'origine contrôlée et aux autres vins avec

indication géographique".

L’ordonnance du 14 novembre 2007

sur la viticulture et l’importation de vin (ordonnance sur le vin; RS 916.140)

définit, à l’art. 19, la dénomination et les exigences minimales pour ce

qui concerne les termes vinicoles spécifiques:

"1

Les termes vinicoles spécifiques figurant à l'annexe 1 ne peuvent être utilisés

pour désigner et présenter des vins originaires de Suisse que dans le respect

de leurs définitions.

2.

Ils sont protégés contre toute usurpation, imitation, évocation ou

traduction, même si le terme spécifique protégé est accompagné d'une expression

telle que "genre", "type", "façon",

"imitation", "méthode" ou des expressions analogues".

Figure au nombre des termes vinicoles

spécifiques selon l’annexe 1 le "Château/Castello/Schloss" qui est défini comme une "Dénomination pour un vin d'appellation d'origine contrôlée définie

par la législation cantonale".

c) Le règlement sur les vins

vaudois du 27 mai 2009 (RVV; RSV 916.125.2; ci-après aussi: le règlement) règle

la mention "château...", à son art. 34, en ces termes:

"1 La mention "château..."

s'applique à la récolte d'une ou plusieurs parcelles voisines, formant une

unité d'exploitation homogène, faisant partie de la propriété comprenant un

bâtiment historiquement ou traditionnellement désigné comme château.

2.

Elle peut également être utilisée pour des vignes qui ont fait

partie de l'exploitation d'un bâtiment historiquement ou traditionnellement

désigné comme château.

3.

La mention est formée du terme "château" associé au nom

historique ou traditionnel du bâtiment considéré".

5.

En l’espèce, il convient tout d’abord de

préciser que le litige ne tend pas à déterminer si la notion de

"château" doit se comprendre de manière statique ou dynamique,

c’est-à-dire si les domaines de châteaux peuvent continuer à s’agrandir et/ou

évoluer aujourd’hui encore. La question à résoudre est bien plutôt celle de savoir

si deux domaines géographiquement séparés peuvent s’absorber et commercialiser

leur production sous une seule appellation "château".

La réglementation mise en place par

le législateur fédéral et cantonal pour les termes vinicoles spécifiques a pour

but de garantir que le consommateur puisse identifier précisément la provenance

d’un vin.

Selon un arrêt de la Commission

fédérale de recours en matière de propriété intellectuelle du 28 juin 2004,

"le consommateur de vin ne comprend pas littéralement le terme de

"château" comme indiquant précisément la récolte d'une vigne

rattachée à un château au sens littéral de ce mot. Le consommateur est au

surplus conscient du fait que le "rattachement" d'une vigne à un

"château" ou toute autre indication n'est pas nécessairement le

résultat d'une identité de propriétaires, mais que des parcelles viticoles sont

données à bail et qu'il existe un commerce de raisins récoltés. Ce qui est

décisif pour le consommateur est que le vin portant le nom de

"château" provienne effectivement d'un vignoble profitant du même

emplacement privilégié dont profitaient en règle générale les

"châteaux". Cette condition étant remplie même si les vignes et le

bâtiment ne sont plus la propriété d'une seule personne (…)" (publié

in Revue du droit de la propriété intellectuelle, de l’information et de la

concurrence (sic!) 2004 p. 940).

Dans un arrêt du 18 septembre 1997

(GE.1996.0104), l’ancien Tribunal administratif avait considéré de son côté que

l’on ne saurait qualifier d'assemblage prohibé la commercialisation par un

producteur de toute la production de son domaine (constitué de parcelles

contiguës) sous la même appellation de cru et d'origine, quand bien même ce

dernier chevauchait deux lieux de production différents (en l’occurrence, "2********"

et "4********").

Il ressort a contrario des

exemples jurisprudentiels précités que le vignoble désigné par un terme spécifique tel que "château"

ou "domaine", s’il peut être employé par

plusieurs producteurs ou s’appliquer à plusieurs lieux de production, se définit sur le plan territorial de manière précise et restrictive

comme une unité homogène, dont l'étendue est forcément limitée. Cela ne

signifie pas nécessairement que seules des parcelles contiguës peuvent

constituer le vignoble d’un château, mais cela implique tout de même une

proximité certaine entre les parcelles.

On peut dès lors suivre l’interprétation

que l’autorité intimée fait de l’art. 34 RVV lorsqu’elle considère qu’un

éloignement de 1,5 km par la route et de 1,3 km à vol d’oiseau n’est pas

négligeable, que le fait que l’on ne puisse pas voir l’un des vignobles depuis

l’autre est significatif et qu’il importe de souligner que les deux vignobles

ne sont liés par aucun lien, historique ou autre. Il n’est pas erroné de

considérer que ces divers éléments plaident pour une absence de voisinage entre

ces deux vignobles. Comme le relève à juste titre la Commission, il ne peut

suffire d’acquérir (voire simplement de louer) des vignes situées à proximité

plus ou moins grande d’autres vignes faisant partie d’un "château",

de les exploiter au sein d’une unité homogène, pour que toutes ces vignes

puissent bénéficier de la mention "château". On devrait sinon admettre,

dans cette hypothèse, que par une succession d’acquisitions de vignes éloignées

les unes des autres, le périmètre d’un domaine viticole bénéficiant de la

mention "château" puisse s’étendre pratiquement sans limite, avec le

résultat que certaines vignes d’un "château" pourraient se trouver à

des kilomètres de l’exploitation d’un bâtiment "historiquement ou

traditionnellement désigné comme un château", dont elles devraient

pourtant faire partie à teneur de l’art. 34 al. 1 du règlement.

En conclusion, il convient de

rejeter le recours, de confirmer la décision attaquée et de refuser la

vinification sous la dénomination "X.________" des vignes encore

récemment vinifiées sous la dénomination "Z.________". Peu importe la

distance séparant les vignes en cause. Certes, une autre appréciation serait peut-être

envisageable. Il convient toutefois de rappeler que, dans le cadre d'un examen

en légalité (art. 98 LPA-VD), le tribunal de céans n'est pas habilité, dans

l'hypothèse où l'autorité intimée a opté entre plusieurs solutions, toutes

conformes à la loi et ne relevant ni d’un abus ni d’un excès du pouvoir

d’appréciation, à modifier ce choix.

6.

a) Selon l’art. 49 al. 1 LPA-VD, en

procédure de recours, les frais sont supportés par la partie qui succombe; si

celle-ci n’est que partiellement déboutée, les frais sont réduits en

conséquence (art. 49 al. 1 in fine LPA-VD). S’agissant des dépens,

l’art. 55 al. 1 LPA-VD dispose que l’autorité alloue une indemnité à

la partie qui obtient totalement ou entièrement gain de cause, en remboursement

des frais qu’elle a engagés pour défendre ses intérêts. Cette indemnité est

mise à la charge de la partie qui succombe (art. 55 al. 2 LPA-VD).

L'art. 56 LPA-VD prévoit que si la partie a inutilement prolongé ou

compliqué la procédure, ses dépens peuvent être réduits ou supprimés

(al. 1), que lorsqu'une partie n'obtient que partiellement gain de cause,

l'autorité peut réduire les dépens ou les compenser (al. 2).

b) Lorsque le retrait du recours

intervient parce que l'autorité a modifié sa décision dans le sens des

conclusions du recourant, c'est bien entendu l'autorité qui sera censée

succomber (RDAF 1994 p. 324). En l’occurrence, l’autorité intimée a certes

modifié partiellement sa décision dans le sens des conclusions de la recourante,

mais sur un point secondaire et en raison, selon les affirmations de la

Commission que rien ne permet de mettre en doute, d’une erreur de plume. Il y a

ainsi lieu de n’en tenir compte que de manière réduite pour la fixation des

frais et dépens.

Dispositif

Par ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

Le chiffre II.- des conclusions du recours est

sans objet.

II.

Le recours est rejeté pour le surplus.

III.

Les chiffres II. et III. de la décision de la Commission des désignations des vins vaudois du 9

avril 2013 sont confirmés.

IV.

Un émolument de justice partiel de fr. 2'000.- (deux

mille) est mis à la charge de la SA X.________.

V.

L'Etat de Vaud, par l'intermédiaire de la

Commission des désignations des vins vaudois, versera à la SA X.________ une

indemnité de fr. 500.- (cinq cents) à titre de dépens.

Lausanne, le 19 décembre 2013

La présidente: La

greffière:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires

de l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente

jours suivant sa notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en

matière de droit public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du

17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours

constitutionnel subsidiaire à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans une langue officielle,

indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de preuve, et être signé. Les

motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte attaqué viole le droit. Les

pièces invoquées comme moyens de preuve doivent être jointes au mémoire, pour

autant qu’elles soient en mains de la partie; il en va de même de la décision

attaquée.