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Décision

GE.2015.0173

CDAP - GE.2015.0173 - 2015-10-14 - X.________ c/Département du territoire et de l’environnement

14 octobre 2015Français7 min

Source vd.ch

Faits

Vu les faits suivants

A.

Le 16 mai 2015, X.________ a importé en Suisse le chien « Y.________ »,

né le ********, non vacciné contre la rage, provenant de Serbie, cataloguée comme

pays à risque de rage urbaine. Ce chien a été vacciné contre la rage en Suisse

le 28 mai 2015.

B.

Par décision du 16 juin 2015, le Vétérinaire cantonal du Service de la

consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) a ordonné la mise en

quarantaine à la Fourrière cantonale du chien « Y.________ » de race

Bichon maltais pour une période de 100 jours (recte : 150) à compter du 16

juin 2015, soit jusqu’au 12 novembre 2015, en précisant qu’entre les 12 et 26

novembre 2015, un examen clinique de tout symptôme de rage serait effectué par

le vétérinaire de la Fourrière cantonale, lequel établira un rapport final à

l’attention du SCAV ; la quarantaine ne serait levée que sur décision

écrite du Vétérinaire cantonal.

C.

Le 18 juin 2015, X.________ a recouru contre cette décision auprès du

Département du territoire et de l’environnement (DTE) et déposé une requête de

mesures provisionnelles, ainsi qu'une demande d’assistance judiciaire. Par

avis du 8 juillet 2015, le DTE a imparti à la recourante un délai au 20 juillet

2015 pour se déterminer sur les observations du Vétérinaire cantonal du 3

juillet 2015, tout en précisant qu’une décision statuant sur ses requête de

mesures provisionnelles et demande d’assistance judiciaire lui parviendraient

par un prochain courrier. La recourante s’est déterminée le 20 juillet 2015. Le

SCAV s’est à son tour exprimé le 29 juillet 2015. Par avis du 5 août 2015, le

DTE a envoyé ces déterminations et qu’il allait « maintenant statuer ».

La recourante a fixé un délai au 24 août 2015 à l’autorité de recours pour

rendre sa décision sur le fond. Le 21 août 2015, le DTE a répondu qu’une

décision sur les mesures provisionnelles et l’assistance judiciaire devraient

lui parvenir sous peu, tandis que la décision sur le fond devrait intervenir

sous quinzaine. Par décision incidente du 25 août 2015, la cheffe du DTE a

rejeté la demande d’assistance judiciaire, au motif que les chances de succès

du recours paraissaient vouées à l’échec (Cette décision fait l'objet d'un

recours; GE.2015.0178). Le 26 août 2015, la recourante a imparti au DTE un

délai au 4 septembre 2015 pour statuer sur les mesures provisionnelles et sur

le fond.

D.

Le 14 septembre 2015, X.________ a formé devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal un recours pour déni de justice, puis

déposé une requête d’assistance judiciaire. Par avis du 15 septembre 2015, le

juge instructeur a fixé au DTE un délai au 25 septembre 2015 pour déposer sa

réponse au recours. Le 25 septembre 2015, le DTE a rendu la décision sur

recours au fond (qui fait l'objet d'un recours; GE.2015.0199). Par courrier du

29 septembre 2015, le DTE a conclu, sinon à l’irrecevabilité, du moins au rejet

du recours. Invitée à se déterminer sur le recours devenu sans objet, la

recourante a déclaré le 8 octobre 2015 retirer le recours devenu sans objet,

tout en maintenant sa requête d’assistance judiciaire, dans la mesure où seul

le dépôt de son recours lui aurait permis d’obtenir la décision attendue.

Considérants

1.

Le 14 septembre 2015, la recourante a formé un recours au motif que le

DTE tardait à rendre une décision sur recours, qui a toutefois statué au fond le

25.

septembre 2015.

Dans un tel cas, le recours déposé pour déni de

justice a perdu son objet. Cet intérêt ayant disparu après le dépôt du recours,

ce dernier doit être déclaré sans objet et la cause rayée du rôle (cf. ATF 136

III 497 consid. 2.1 p. 500). Du reste, la recourante a déclaré retirer le

recours, ce dont il y a lieu de prendre acte. Il convient dès lors de rayer la

cause du rôle et de statuer sur les frais et les dépens (art. 91, 94 al. 1 let.

c et 99 de la loi cantonale du 28 octobre 2008 sur la procédure administrative;

LPA-VD; RSV 173.36).

Lorsqu'un procès devient sans objet ou que les

parties cessent d'y avoir un intérêt juridique, il convient de statuer sur les

frais et dépens en tenant compte de l'état de fait existant avant l'événement

mettant fin au litige et de l'issue probable de celui-ci (cf. ATF 125 V 373

consid. 2a p. 375).

2.

a) En vertu de l'art. 29 al. 1 Cst., toute personne a droit, dans une

procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit traitée

équitablement et jugée dans un délai raisonnable. Cette disposition consacre le

principe de la célérité, ou, en d'autres termes, prohibe le retard injustifié à

statuer. Viole la garantie ainsi accordée, l'autorité qui ne rend pas une

décision qu'il lui incombe de prendre dans le délai prescrit par la loi ou dans

le délai que la nature de l'affaire et les circonstances font apparaître comme

raisonnable. Le caractère raisonnable du délai s'apprécie selon les

circonstances particulières de la cause, eu égard en particulier à la

complexité de l'affaire, au comportement du requérant et à celui des autorités

compétentes, ainsi qu'à l'enjeu du litige pour l'intéressé (ATF 135 I 265 consid.

4.4

p. 277; 130 I 312 consid. 5.1 p. 331).

b) En l'occurrence, il s'est

écoulé un peu plus de trois mois entre le dépôt du recours devant le DTE contre

la décision du SCAV du 16 juin 2015 (18 juin 2015) et la prise de décision sur

recours au fond par le DTE (25 septembre 2015), étant précisé que

l’instruction n'a été close que le 5 août 2015 et que la décision (négative)

sur l’assistance judiciaire a été rendue le 25 août 2015. Compte tenu des

particularités de l’affaire (la décision du DTE, très circonstanciée, compte

pas moins de 12 pages et comporte un exposé très complet sur les nombreuses

lois fédérales et cantonales en matière d’épizooties), il convient de retenir

q'une telle durée ne paraît pas en soi excessive pour instruire et statuer sur

le recours administratif. On ne saurait reprocher au DTE une violation du

principe de célérité. Les interpellations de la recourante sur l'avancement de

la procédure ont du reste fait l'objet de réponses de la part du DTE.

3.

Il s'ensuit que le recours pour déni de justice formel apparaissait

manifestement mal fondé. Succombant, la recourante n'a pas droit à des dépens

(art. 55 LPA-VD). Compte tenu de son indigence, il paraît équitable de renoncer

à percevoir un émolument de justice (art. 50 LPA-VD). Dans la mesure où le

recours apparaissait manifestement mal fondé, la requête d'assistance

judiciaire doit également être rejetée (art. 18 al. 1 LPA-VD).

Par

ces motifs

la Cour de droit administratif et public

du Tribunal cantonal

arrête:

I.

La cause est rayée du rôle.

II.

La requête d’assistance judiciaire est rejetée.

III.

Il est statué sans frais ni dépens.

Lausanne, le 14 octobre 2015

Le président:

Le présent arrêt est communiqué aux destinataires de

l'avis d'envoi ci-joint.

Il peut faire l'objet, dans les trente jours suivant sa

notification, d'un recours au Tribunal fédéral. Le recours en matière de droit

public s'exerce aux conditions des articles 82 ss de la loi du 17 juin 2005 sur

le Tribunal fédéral (LTF - RS 173.110), le recours constitutionnel subsidiaire

à celles des articles 113 ss LTF. Le mémoire de recours doit être rédigé dans

une langue officielle, indiquer les conclusions, les motifs et les moyens de

preuve, et être signé. Les motifs doivent exposer succinctement en quoi l’acte

attaqué viole le droit. Les pièces invoquées comme moyens de preuve doivent

être jointes au mémoire, pour autant qu’elles soient en mains de la partie; il

en va de même de la décision attaquée.